Une centenaire se souvient des 100 ans de Chandler

Juliette Tremblay-Gagnon, née en 1916, soutient que la... (Fournie par Lise Cyr et Jean-Guy Gagnon)

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Juliette Tremblay-Gagnon, née en 1916, soutient que la fermeture de la papeterie Gaspésia en 1999 constitue le plus gros changement ayant ponctué l'histoire de sa ville.

Fournie par Lise Cyr et Jean-Guy Gagnon

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Chandler) Chandler célèbre ses 100 ans en 2016. Depuis vendredi et jusqu'au 31 juillet, la population de cette ville gaspésienne célèbre cet anniversaire. Juliette Tremblay-Gagnon participe aussi à la fête, elle qui a eu 100 ans le 10 juillet.

Née dans l'arrondissement Saint-Adélaïde de Pabos en 1916, Mme Tremblay-Gagnon possède une feuille de route remarquable et une vivacité d'esprit saisissante.

Elle a enseigné de 1934 à 1981. «J'ai été arrêtée pendant une période», dit-elle. Quelle était la raison? «J'ai eu huit enfants!» Comme si ce n'était pas assez, elle a gardé un enfant d'une autre famille.

Elle a eu son premier rejeton peu de temps après le départ de son conjoint Lionel pour la guerre. Lionel fils est né à Toronto, où elle avait déménagé temporairement. «J'ai enseigné le français au East York College. Mon mari a été parti cinq ans et trois mois. Il faisait la réparation de la machinerie, à l'arrière des convois. C'est ça qui l'a sauvé, à Dieppe.»

Elle a conduit sa voiture jusqu'à l'âge de 98 ans. «J'ai appris le japonais à 70 ans. J'ai pas mal oublié. J'ai appris un peu d'allemand», dit-elle.

L'amour des voyages

Elle attribue sa longévité à quelques facteurs. «J'ai toujours aimé voyager. Je suis allée en Europe, comme en Hollande, pour retourner voir où mon mari était allé pendant la guerre. Je suis allée à La Barbade, au Japon naturellement, aux États-Unis, où ma soeur vivait. Je suis chanceuse. Dans mon esprit, je ne sais pas que j'ai 100 ans. J'ai une bonne santé. Je me sens comme à 65 ans.»

Elle partage son temps entre Chandler, où elle passe ses étés, dans sa maison, et Québec, où vivent plusieurs de ses enfants. Elle a été honorée le 20 juillet par les membres de l'Association des professeurs retraités de Chandler, qu'elle a fondée. Sa contribution aux arts est aussi soulignée.

«Je sors. Je continue de lire et d'écrire, je communique avec mes amis [par courriel et sur Facebook]. Je monte encore les escaliers de ma maison, située près de la mer», ajoute-t-elle.

La fermeture de la papeterie Gaspésia en 1999 constitue le plus gros changement ayant ponctué l'histoire de sa ville. «C'était mieux que ça, avant [la fermeture]. Les gros navires venaient au quai charger le papier. [La fermeture] a été vraiment un choc pour les habitants de Chandler.»

Le président des fêtes du centenaire, Sylvio Laplante, a travaillé 35 ans à l'usine Gaspésia, jusqu'à sa fermeture.

«J'ai failli rembarquer dans le projet de relance. En fait, j'y ai travaillé pendant un an et demi, avant que la relance soit abandonnée. Je suis de ceux qui sont restés à Chandler. On a perdu un gros pourcentage des gens de l'usine, qui sont allés gagner leur vie ailleurs. J'ai eu la bonne idée de me recycler, en suivant un DEP [diplôme d'études professionnelles] en informatique. Ça m'a servi tout le temps. Ça m'a empêché de partir», dit-il.

Aurait-il été capable de partir? «Je suis Gaspésien. Obligé? Je serais parti, mais ça aurait été terrible, terrible, terrible. Notre niveau de vie a baissé. Tu rajustes tes affaires. Ma femme travaillait. Seul, je n'y serais pas arrivé. La simplicité volontaire a aidé», note-t-il.

D'industries à services

Native de Port-Daniel, la mairesse Louisette Langlois est aussi restée après 1999, elle qui s'était établie à Chandler en 1974.

Elle ne cache pas que la transition de ville industrielle à ville de services a été difficile «à cause de l'échec de la relance [en 2004 et pendant les deux années suivantes] et des délais de démolition et de décontamination. Maintenant, tout est beau et c'est vert! Ça donne une autre vue. On voit la mer du centre-ville.»

Louisette Langlois assure que sa ville est partie «sur une bonne pente», notamment avec les 90 emplois de Revenu Québec. Elle accueillerait bien une centaine d'emplois dans son parc industriel. «Ciment McInnis [la cimenterie en construction à Port-Daniel] aide du côté de l'emploi. On ne met de croix sur rien [...] On a les aliments à Newport [une usine de préparation de bleuets], le volet maritime avec la CTMA qui nous relie aux Îles-de-la-Madeleine, le tourisme et les énergies renouvelables», conclut-elle.

Chandler a été nommée ainsi en l'honneur de Percy Milton Chandler, homme d'affaires de Philadelphie qui a financé la première usine de pâte à papier de la ville, entre 1912 et 1915. L'année courante marque aussi les 320 ans de la création de la seigneurie du Grand Pabos.  Avec la collaboration spéciale d'André Bécu

Vous voulez y aller: villedechandler.com/100ans/programmation

Pour renseignements: centiemechandler@hotmail.com

Guichets fermés pour Nova Lumina

La diversification économique de Chandler passe par le tourisme. La nouveauté de 2016, Nova Lumina, un spectacle développé au coût de 2 millions $ par la réputée firme Moment Factory, marque bien des points depuis son inauguration, il y a une semaine.

«Ça affiche complet pratiquement tous les soirs. C'est un spectacle misant sur les effets spéciaux, dans le beau secteur du Bourg de Pabos. Les gens de Moment Factory disent que le climat maritime, avec parfois un léger brouillard, donne un effet encore plus spectaculaire aux interactions entre la musique et les jeux de lumière», note la mairesse de Chandler, Louisette Langlois.

Nova Lumina est à l'affiche jusqu'à la fin de l'été. En ce qui a trait aux fêtes du centenaire, la programmation vaut le coup d'oeil. Le clou de la semaine pourrait bien avoir lieu vendredi, avec le spectacle de PA Méthot, un fils de Chandler.

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