Plus de touristes... et de malaises aux Îles-de-la-Madeleine

Les Madelinots ont rarement vu autant de trafic... (Collaboration spéciale Diane Hébert)

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Les Madelinots ont rarement vu autant de trafic aux environs du pont du Havre-aux-Maisons, situé près du terrain où est survenu l'écrasement.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Matane) Les Îles-de-la-Madeleine connaissent une excellente saison touristique. Les Madelinots s'en réjouissent, notamment à cause des retombées économiques. Mais, quand les visiteurs veulent voir l'endroit où l'avion s'est écrasé, le 29 mars, il y a un gros malaise. Pour les insulaires, cet endroit est le sépulcre de sept disparus, dont Jean Lapierre et quatre membres de sa famille.

Le président de Tourisme Îles-de-la-Madeleine constate une hausse des réservations sur le traversier de 5,8 % et des croisières de la CTMA de 6,8 %. Damien Déraspe est guide touristique sur l'archipel depuis 20 ans. Il est aussi responsable des opérations d'Autobus Les Sillons, qui offre des tours guidés de la région. Il confirme que le sujet de la tragédie revient souvent chez les touristes. «Les gens veulent savoir où ça s'est passé, indique-t-il. Par respect pour la famille Lapierre, on montre où ça a eu lieu, mais l'autobus ne fait pas d'arrêt.»

Plusieurs touristes curieux veulent voir le terrain où... (Collaboration spéciale Johanne Fournier) - image 2.0

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Plusieurs touristes curieux veulent voir le terrain où s'est abîmé l'avion, le 29 mars, là-même où sept personnes ont trouvé la mort, dont Jean Lapierre et quatre membres de sa famille.

Collaboration spéciale Johanne Fournier

Odette Cormier est propriétaire du Service routier Léon Lapierre, une agence de location de véhicules qui possède un comptoir à l'aéroport des Îles. Selon elle, des personnes se sont informées du lieu de la tragédie depuis le début de la saison. «On est mal avec ça, laisse-t-elle tomber. Ça a tellement touché les Madelinots. Jean Lapierre était un client, sa famille aussi. On connaît bien sa mère et on connaissait bien son père.» La femme d'affaires dit qu'elle et son personnel informent vaguement les gens de l'emplacement, mais sans plus de précision. «On n'insiste pas, continue-t-elle. On a de la misère avec ça.»

En même temps, Mme Cormier est bien consciente que la médiatisation du drame peut être liée à l'augmentation touristique. «Les médias ont fait ressortir le côté humain de Jean Lapierre, estime-t-elle. Il est décédé de la même façon qu'il a vécu, c'est-à-dire qu'il a mis les Îles-de-la-Madeleine sur la map! Il n'hésitait pas à parler de son amour des Îles. Donc on n'a pas peur de parler de l'homme, mais pas de se remémorer la tragédie. Je trouve ça douloureux.»

Diane Vigneau travaille au Restaurant Le Sablier, situé à Havre-aux-Maisons. Elle habite tout juste en face du terrain où s'est joué le drame. Elle en a d'ailleurs été témoin. «Des gens s'informent comment se rendre sur le site, confirme-t-elle. C'est normal que les gens veuillent voir. Des touristes, c'est curieux. Au début, je les envoyais chez nous. Mais là, c'est trop. Plusieurs stationnent proche et viennent voir à pied.»

Son voisin, dont le petit chemin de terre est celui qui mène le plus près du site de l'écrasement, était visiblement agacé par le trafic généré par les curieux. Il a placé une clôture avec un écriteau sur lequel on peut lire «chemin privé».

Frédérick Duval travaille à la Pâtisserie Hélène des Îles et habite en face du site. «Ça me surprend pas du tout que des gens viennent voir l'endroit où Jean Lapierre est mort», déplore-t-il. L'homme a aussi été témoin de l'écrasement. «Tous les jours, quand je regarde par ma fenêtre, je revois l'écrasement, raconte-t-il. Aussi, quand il y a des avions qui passent au-dessus, je lève immanquablement les yeux. Je vais vivre avec ces images-là pour le restant de mes jours. Ça fait partie de moi, je pense bien.»

Aucun mémorial

Aucune croix ni mémorial n'a été installé à l'endroit de la tragédie. «J'ai entendu dire que les Madelinots autour n'en veulent pas, mentionne M. Duval. Les gens en ont eu assez de voir la carcasse de l'avion pendant plusieurs jours et les chars autour avec les gens qui regardaient!» Odette Cormier n'est pas contre l'idée, en autant que ce serait «quelque chose pour se recueillir». Damien Déraspe croit plutôt qu'on préférera nommer un édifice ou une infrastructure de l'archipel en l'honneur de Jean Lapierre.  Avec la collaboration spéciale d'André Bécu

Un contrat de location en attente

La propriétaire du Service routier Léon Lapierre, qui gère un comptoir Hertz à l'aéroport des Îles-de-la-Madeleine, ressent encore beaucoup de chagrin à parler de la tragédie aérienne du 29 mars. Jean Lapierre et les membres de sa famille étaient de bons clients.

«Quand il [Jean Lapierre] arrivait à l'aéroport, il était tellement content qu'il en oubliait presque ses bagages», se souvient Odette Cormier. Il faut aussi dire qu'elle connaissait la famille depuis toujours. C'est pour cette raison que la femme d'affaires a placé les photos des victimes de la famille Lapierre derrière son comptoir du service à la clientèle.

En prévision de son séjour sur l'archipel, le célèbre chroniqueur politique avait réservé une voiture. «On n'a jamais enlevé le contrat de l'ordinateur, fait-elle savoir. On n'est pas capables. Il va rester là. On veut pas fermer son dossier non plus, comme s'il allait revenir un jour.»

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