Changer la loi pour destituer un maire agresseur

Guilaine Levesque et Julie Fréchette du CALACS Baie-Comeau... (Collaboration spéciale Steeve Paradis)

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Guilaine Levesque et Julie Fréchette du CALACS Baie-Comeau ainsi que Sylvie Ostigny, du Regroupement des femmes de la Côte-Nord, militent pour faire modifier la Loi sur les référendums et les municipalités.

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Steeve Paradis

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Le Soleil

(Baie-Comeau) Le fait que le maire de Baie-Trinité, sur la Côte-Nord, puisse continuer à siéger malgré une condamnation pour un geste à caractère sexuel inquiète les groupes de femmes de la région. Ils lancent d'ailleurs une offensive provinciale pour faire modifier la loi régissant les municipalités afin qu'un élu reconnu coupable de tels gestes soit forcé de quitter ses fonctions.

«Comme groupe de femmes, on ne pouvait pas passer sous silence que la loi permet qu'un élu municipal puisse continuer à siéger même s'il est coupable d'agression sexuelle», a lancé Sylvie Ostigny, du Regroupement des femmes de la Côte-Nord. «Un élu doit être porteur de justice sociale, de l'égalité [hommes-femmes] et de respect.»

Denis Lejeune, maire de Baie-Trinité, a été reconnu coupable d'agression sexuelle en juillet 2015. Selon la cour, il a touché aux seins et au sexe (par-dessus le pantalon) de la victime à la sortie d'une salle de bains. À une autre reprise, il lui a pris les seins par-derrière. Lejeune a déposé appel de ce verdict. Le maire a été acquitté d'un autre chef d'agression sexuelle et un autre de harcèlement criminel.

En janvier dernier, le tribunal lui a accordé un sursis de sentence, accompagné d'une probation de 24 mois. Selon la loi actuelle, Denis Lejeune peut conserver son siège car il n'a pas été condamné à 30 jours ou plus d'emprisonnement.

«Quelqu'un d'intègre qui a fait ça démissionnerait de son poste», a clamé Guilaine Levesque, du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Baie-Comeau. Cette dernière assure que la majorité des élus de la Manicouagan éprouve «un malaise profond» au fait que M. Lejeune soit toujours maire et disent soutenir la démarche des groupes de femmes, mais en restant discrets dans les circonstances.

Le maire Denis Lejeune a été reconnu coupable... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Le maire Denis Lejeune a été reconnu coupable d'agression sexuelle en juillet 2015. 

Photothèque Le Soleil

Pétition en ligne

Pour arriver à leurs fins, les instigatrices de la démarche ont mis une pétition en ligne sur le site de l'Assemblée nationale, pétition réclamant qu'un élu reconnu coupable d'agressions à caractère sexuel soit déclaré inhabile à siéger, peu importe la sentence. Depuis lundi, tous les autres regroupements de femmes du Québec sont invités à joindre le mouvement et à mousser la pétition dans leurs régions respectives.

La pétition sera en ligne jusqu'au 16 avril et elle sera déposée en chambre par le député de René-Lévesque, le péquiste Martin Ouellet. Le député a indiqué qu'il aura bientôt des rencontres avec Carole Poirier (porte-parole du PQ en matière de condition féminine), Sylvain Gaudreault (Affaires municipales) et Véronique Hivon (Justice) pour établir la position du Parti québécois sur cette question.

«C'est quelque chose qu'il faut assurément changer. Quand je me suis lancé en politique, c'était pour changer les lois et améliorer le sort des victimes», a déclaré M. Ouellet.

 

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