Une famille d'accueil dénonce Promutuel qui a mis fin à leur assurance

Guy Lalancette et Martha Leslie n'ont jamais fait... (Collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Guy Lalancette et Martha Leslie n'ont jamais fait de réclamation à Promotuel en 22 ans. Pourtant, la compagnie d'assurance n'a pas jugé bon de leur expliquer pourquoi leur contrat ne serait pas renouvelé au mois de mars.

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Le Soleil

(Carleton) Martha Leslie et Guy Lalancette, de Carleton, dénoncent le comportement de la firme Promutuel, qui a mis fin récemment à 22 ans de couverture d'assurance parce que le couple est une famille d'accueil, un statut qui n'a pourtant pas changé au cours de ces 22 ans!

Le couple n'a vécu aucune modification récente en lien avec sa désignation de famille d'accueil, pas plus qu'il n'a envoyé de réclamation à Promutuel.

«En 22 ans, nous n'avons jamais envoyé de réclamation à Promutuel. De plus, nos jeunes ont une assurance pour eux, qui est fournie par le gouvernement. Je fournissais une copie de cette assurance à Promutuel. Les enfants ici sont à long terme : deux sont ici depuis huit ans, et deux depuis quatre ans. Ils n'ont jamais brisé quoi que ce soit. Il n'y a pas eu de réclamation pour eux non plus. Promutuel a juste fait de l'argent avec nous pendant 22 ans», précise Guy Lalancette.

«Ce qui m'enrage, c'est que ces enfants sont ciblés. [...] On est couverts si quelqu'un qui ne vit pas ici, dans la maison, brise quelque chose, mais on n'est pas couvert pour un jeune vivant ici», enchaîne Martha Leslie.

Ils ont appris la décision de Promutuel il y a un mois, en recevant une lettre datée du 20 janvier, envoyée de Dégelis, au Témiscouata.

«La première lettre n'est pas signée et elle ne donne aucune raison. On nous informe seulement que l'assurance prend fin en mars», note M. Lalancette.

Martha Leslie a tenté d'en savoir plus au téléphone. «Lors de ma conversation avec la première personne, la ligne a coupé. Au deuxième appel, on m'a dit : "C'est parce que vous êtes famille d'accueil". J'ai demandé plus d'explications. "Mon superviseur va vous rappeler dans les plus brefs délais". Il a fallu cinq jours et il ne pouvait rien changer. Ils n'ont plus l'expertise pour traiter ces dossiers-là.»

Le couple a demandé une explication écrite, et l'a obtenue au début de février, «dans une deuxième lettre, pas plus signée», dit Guy Lalancette.

La lettre attribue la décision de Promutuel de ne plus les assurer au fait que leur «dossier ne répond plus aux nouvelles normes en vigueur», sans plus.

Dans un entretien accordé au Soleil, Josée Garneau, de Promutuel, ajoute que l'assurance des familles d'accueil est «un type de protection qu'on n'offre plus». La firme dirige les gens qui en ont besoin «vers des compagnies [qui] ont des produits spécialisés».

Cette orientation de Promutuel n'est pas dirigée «contre une famille d'accueil, ou les familles d'accueil». Le Soleil a demandé à Mme Garneau en quoi le «produit» d'une police d'assurance s'appliquant aux familles d'accueil était différent et elle a répondu que «ça prend quelqu'un de spécialisé pour l'expliquer». Elle n'est pas cette personne. 

Nouvel assureur

Le couple gaspésien a trouvé un assureur ayant bien voulu lui offrir une couverture, la firme Intact.

«Ça coûte plus cher, environ 250 $ par année. Ce qui m'inquiète, c'est que les compagnies d'assurance développent des chasses gardées. Avec ces spécialités, il arrivera un moment où une seule compagnie pourra t'assurer, et les prix vont monter», dit Guy Lalancette.

«Est-ce que ce sera plus difficile de s'assurer si on est gai, immigrant, si on a cinq enfants? C'est de la discrimination», tranche Martha Leslie.

En 22 ans, le couple a logé des dizaines d'enfants, sans incident. La capacité maximale de leur maison est de six enfants.

Actuaire enseignant à l'Université Laval, Isabelle Larouche est spécialisée dans le fonctionnement des compagnies d'assurances.

«Ils évaluent que le risque est trop grand», dit-elle, en parlant des administrateurs de compagnies d'assurance passant en revue des pans de leur clientèle, dont les familles d'accueil. Se désister de certains types de clientèle «est quand même légal quoique, du côté humain, c'est plate. Par exemple, une compagnie d'assurance peut décider : "Je n'assure plus les voitures de plus de 100 000 $", parce que le risque est élevé [...] C'est comme ça que les décisions se prennent», note le professeur Larouche.  Avec la collaboration spéciale d'André Bécu

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