Un couple se sent trompé par Ciment McInnis

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Sheila Grant et Michel McInnis assurent que l'offre de Ciment McInnis était nettement insuffisante pour leur permettre de se loger ailleurs à des conditions équivalentes.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné
Le Soleil

(Gascons) Un couple de Gascons, Sheila Grant et Michel McInnis, sort déçu et amer d'une démarche amorcée en juin 2013 par Ciment McInnis, démarche devant aboutir à l'achat de sa propriété, mais qui s'est terminée par le désistement pur et simple de la firme, malgré de nombreux efforts déployés par le couple.

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Ciment McInnis prévoit un début d'exploitation vers la fin de 2016.

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Ciment McInnis, qui construit présentement une cimenterie d'un milliard de dollars à Port-Daniel-Gascons, convoitait alors la propriété des Grant-McInnis et huit autres maisons du secteur dans le périmètre d'exploitation de la future carrière devant alimenter l'usine. Les propriétés se trouvaient plus précisément dans une aire que la firme voulait dégager pour éviter la pollution et le bruit aux résidents du secteur.

En décembre, Ciment McInnis a indiqué aux huit propriétaires qui n'avaient pas accepté l'offre que l'espace convoité depuis juin 2013 n'était plus voulu.

«Le problème, c'est qu'on nous a dit pendant deux ans et demi qu'il fallait absolument partir. On a vendu notre machinerie de déneigement. C'était notre gagne-pain. Maintenant, Ciment McInnis n'achète plus notre propriété. On a perdu nos contrats [de déneigement]», déplore Sheila Grant.

«Au début, tout était merveilleux, tout était beau. Ciment McInnis ne voulait personne de malheureux. C'est pour ça qu'on leur a donné notre confiance», remarque-t-elle aussi.

Cette confiance a pris diverses formes, dont des recherches approfondies pour trouver une propriété équivalente à Port-Daniel ou à Gascons, en fait sur les 90 kilomètres entre Chandler et Bonaventure. Puis, le couple a regardé du côté de la périphérie de Montréal, où ses trois enfants vivent.

«En octobre 2013, la compagnie a fait une offre. Les [neuf] familles l'ont refusée. On s'est informé du prix d'un terrain, d'une maison, d'un champ d'épuration. [...] C'était insuffisant pour trouver l'équivalent ailleurs», dit Sheila Grant.

La deuxième offre est venue en mai 2015, environ 19 mois plus tard. Elle a été refusée par huit des neuf propriétaires. Les deux propriétaires joints par Le Soleil ont indiqué que le montant était insuffisant pour se reloger.

«La compagnie n'a pas envoyé de contre-offre peu après la première offre. Elle a changé de négociateur par la suite. Ce deuxième négociateur n'a pas fait de contre-offre non plus. Il n'y a jamais eu de négociations», note-t-elle.

S'il n'y a jamais eu de négociations, l'un des représentants de Ciment McInnis ne s'est pas gêné pour passer la maison au peigne fin, en l'évaluant. «Il a ouvert les portes d'armoires. Toute la maison a été examinée», dit-elle.

Les aspects humains ont été mis de côté par Ciment McInnis jusqu'en décembre, note-t-elle. «C'est la maison de la mère de mon mari. Il y a un grand terrain, un garage, une terre à bois. Ce ne sont pas des voisins que nous avons ici, ce sont des amis, ce sont des parents. L'offre aurait dû en tenir compte.»

L'évaluation municipale, généralement la valeur marchande en Gaspésie, de la propriété Grant-McInnis se situe à 81700$. Certaines propriétés du secteur doivent avoir une évaluation équivalente, d'autres plus ou moins élevées.

Il est clair que la valeur marchande, ou plus précisément la valeur de remplacement, est nettement plus élevée, dans un contexte où une part élevée des 153 personnes qu'emploieront Ciment McInnis et ses sous-traitants sont à la recherche d'un toit.

Indemnisation demandée

Le 21 décembre, après avoir été informée par le deuxième négociateur que leur propriété n'était plus désirée, Sheila Grant a écrit une longue lettre à Ciment McInnis pour raconter ce qu'elle a vécu.

«On demande une indemnisation. Notre compagnie [de déneigement] existe toujours, sur papier, mais on n'a plus de machinerie et plus de contrats. Après deux mois, je n'ai pas de réponse. Nous sommes pour la cimenterie, prévient-elle. C'est bien, Ciment McInnis. Ils donnent de l'ouvrage au monde. Mais on pensait être mieux traités. Ils ont joué avec nous. On se sent utilisés. On a fait confiance et on a été laissés dans l'ignorance», dit-elle.

Elle ne peut pour le moment parler des deux montants offerts par Ciment McInnis parce qu'elle est liée par une clause de confidentialité. Pour les mêmes raisons, elle ne divulgue pas le montant demandé à la firme.

«Écoutez, je suis content de rester ici. La compagnie de déneigement a été fondée en 2002; c'était mon bébé. [...] Il serait normal qu'on reçoive quelque chose pour notre gagne-pain», précise Michel McInnis.

Elle et lui demandent conseil à un avocat pour la suite des choses.

Des offres raisonnables?

La porte-parole de Ciment McInnis, Maryse Tremblay, assure que la firme a déposé des «offres raisonnables» pour acheter les neuf propriétés à l'est de la cimenterie afin de soustraire leurs occupants au bruit de l'exploitation, censée entrer en service pour la fin de 2016.

«Nos offres représentaient plus du double de la valeur marchande [...] Parmi les huit [propriétaires ayant refusé l'offre], il y a eu des dépassements de la valeur marchande de plusieurs centaines de milliers de dollars, par 2, 5 , 8 et 10 fois», dit Mme Tremblay.

Sheila Grant assure que «nous n'étions pas du groupe». Maryse Tremblay ajoute que la compagnie a acheté des dizaines de propriétés au fil des ans. «Ça [offrir plus] devenait complètement inéquitable», dit-elle.

Devant les contraintes d'achat des huit propriétés, Ciment McInnis a modifié «le plan d'opération de carrière» et a choisi «un talus végétalisé» afin de couper le bruit venant de cette carrière.

Sans réponse

Dès juillet 2015, Sheila Grant et Michel McInnis entendaient dans Port-Daniel que la compagnie n'achèterait pas les propriétés de Gascons. «On a appelé, appelé et appelé sans obtenir de réponse avant décembre», dit-elle.

Maryse Tremblay assure que Ciment McInnis a communiqué la décision de «une à deux semaines» après l'avoir prise.

«Il y aura une réponse» de Ciment McInnis à la lettre de Sheila Grant. «On ne pense pas que la situation entraîne une compensation, mais nous sommes ouverts à la discussion», dit Mme Tremblay.

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