Un monstre s'invite à la maison

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Maxime Boivin et Marie- Hélène Cauchon, en compagnie de leur fille Anna-Ève, devant leur maison contaminée à la mérule pleureuse.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Rimouski) Un jeune couple de Rimouski a vu son rêve tourner au cauchemar. Trois ans après l'achat de leur première maison, Marie-Hélène Cauchon et Maxime Boivin ont découvert qu'un monstre y dormait. Le vide sanitaire est envahi par la mérule pleureuse, un champignon qui détruit autant la structure du bâtiment que la santé de ses habitants. Sinistrés et ruinés depuis 22 mois, ils demandent l'aide du gouvernement.

En 2011, Maxime Boivin achète une maison à Saint-Marcellin, près de Rimouski. Auparavant, il la fait inspecter, et rien de particulier n'est détecté. Pour lui, c'est l'habitation idéale : elle vient d'être rénovée, elle est située dans un lieu de villégiature exceptionnel et elle donne accès à un lac.

Au cours des trois premières années de vie dans sa maison, M. Boivin est fréquemment malade. «J'ai fait une pneumonie et une bronchite, mentionne-t-il. On a même pensé que j'avais des nodules aux poumons. Le chien crachait le sang. Le chat a fait une infection fongique.»

À la fin mai 2014, alors que la dame est enceinte, le couple décide de faire agrandir la maison en prévision du bébé à naître. «On a engagé un ami qui est entrepreneur en construction, raconte Maxime Boivin. Quand on est descendus dans le vide sanitaire, on a vu une mousse blanche, sans savoir ce que c'était.»

Ils ont alors recours à des spécialistes d'Enviro-Option, une entreprise de Longueuil. En août, les résultats des tests de laboratoire effectués par Enviro-Expert de Laval confirment qu'il s'agit de la mérule pleureuse. La sage-femme et les médecins du couple recommandent d'évacuer les lieux rapidement. «Aucune compagnie de nettoyage en cas de sinistre n'a voulu décontaminer, indique M. Boivin. Simco nous proposait la démolition.»

Le champignon dévastateur s'est propagé très rapidement dans... (fournie par Maxime Boivin) - image 2.0

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Le champignon dévastateur s'est propagé très rapidement dans les fondations de la maison. 

fournie par Maxime Boivin

Criblés de dettes

L'étudiant au doctorat en géomorphologie et sa conjointe, qui est chargée de projet pour un organisme oeuvrant en environnement, sont au bord du gouffre financier. Outre les nombreuses journées de travail manquées et le stress subi, ils doivent non seulement continuer à payer l'hypothèque et les taxes municipales de leur maison qui n'est plus habitable ni assurable, mais ils doivent louer une autre maison pour se loger. Ils ont aussi déboursé 12 000 $ en honoraires d'avocat. L'ancien propriétaire nie toute responsabilité. S'ils veulent poursuivre les démarches judiciaires en cour supérieure, cela leur coûterait quelque 40 000 $ de plus.

Pour faire décontaminer le bungalow par une entreprise spécialisée, la facture s'élèverait entre 175 000 $ et 200 000 $. «La meilleure solution, ce serait de l'incendier», explique Maxime Boivin. Le service incendie de la MRC Rimouski-Neigette accepte de la brûler, à condition d'être couvert par une assurance responsabilité civile. «J'ai fait une demande sur tout le réseau des assureurs du Canada et aucun n'a accepté, déplore M. Boivin. On est même allés sur le marché des Lloyd's de Londres, en Angleterre, mais on n'a pas réussi.»

Les seuls appuis sur lesquels peuvent compter ces sinistrés proviennent de leur député, Harold LeBel, de leur préfet, Francis St-Pierre, et du maire de Saint-Marcellin, André-Pierre Vignola. Mercredi, le couple Cauchon-Boivin se rendra à l'Assemblée nationale en compagnie d'autres Québécois qui vivent la même situation. Le député LeBel déposera alors une pétition (https://goo.gl/kZH8e6) de plus de 2000 signatures réclamant la création d'un programme d'aide pour les sinistrés affectés par la mérule pleureuse. Depuis 2010, 48 cas ont été répertoriés au Québec.  Avec André Bécu (collaboration spéciale)

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