Les Premières Nations somment Trudeau de passer aux actes

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Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, s'est déplacé en appui au chef de la communauté Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie.

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Uashat) Le nouveau premier ministre du Canada doit passer de la parole aux actes, a sommé le chef d'Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie, qui invite Justin Trudeau sur la Côte-Nord pour qu'il constate «personnellement» la crise que vit sa communauté de 4000 âmes, après que cinq des leurs se soient enlevé la vie depuis 2015.

Le chef McKenzie, appuyé du chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, s'est adressé à la presse lundi, à la suite du déclenchement, vendredi, d'une enquête publique du coroner sur la mort de Nadeige Guanish, une jeune Innue qui a mis fin à ses jours le 31 octobre.

«Ce dont on parle ce matin, ce n'est pas un fait divers, mais un problème grave qui comporte des enjeux complexes», a martelé Mike McKenzie, interpellant directement Ottawa. «Justin Trudeau doit venir ici, rencontrer la communauté et démontrer qu'il est prêt à passer à l'action dans le domaine des problématiques autochtones.»

Mike McKenzie va jusqu'à proposer au premier ministre de «profiter de sa visite» pour lancer l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées au pays, promise en campagne. Une enquête dont le mandat pourrait être élargi «aux questions reliées à la justice et nos nations», avance Ghislain Picard.

«Est-ce qu'il y a vraiment une justice pour tous ou est-ce qu'on a devant nous une justice qui fait des choix dans son application? Est-ce qu'il y a une justice pour la majorité et une autre pour les cas que nous représentons?» a interrogé le chef de l'APNQL, qui a envoyé en ce sens une lettre à la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould. 

Appel à Québec 

La province devra aussi mettre la main à la pâte, selon les leaders autochtones, qui s'attendent à bien plus qu'une enquête du coroner, néanmoins saluée. «On n'est pas obligé d'attendre le rapport du coroner pour agir, a affirmé Mike MicKenzie. On connaît déjà un certain nombre de problèmes et d'éléments de solutions.»

Les chefs Picard et McKenzie ont d'ailleurs réitéré leur souhait que Québec lance une commission publique «sur les facteurs systémiques qui nuisent aux relations entre les institutions québécoises et les Premières Nations, notamment chez les services policiers», une doléance réclamée depuis la diffusion de l'émission Enquête.

Le reportage a mis en lumière des cas allégués d'abus sexuels et de violence de policiers de la Sûreté du Québec à l'endroit de femmes autochtones de Val-d'Or.

«Ça doit être le dernier»

Le taux de suicide chez les autochtones est de trois à cinq fois plus élevé que chez la population en général. À Uashat mak Mani-Utenam, on n'a pas connu de pire bilan depuis 20 ans. Les problèmes sociaux qu'éprouvent les Premières Nations et le sous-financement chronique des services sont montrés du doigt par les chefs.

«Nous sommes en crise et il faut que les autorités le reconnaissent», a soutenu Mike McKenzie, qui réclame des mesures «concrètes et durables». «Notre peine est immense et Nadeige Guanish s'ajoute à une liste trop longue de suicides. C'est un de trop et ça doit être le dernier», a-t-il martelé.

Le chef revendique notamment le financement «adéquat» de la Sécurité publique de la communauté et la création d'une escouade mixte, avec la GRC, pour enrayer le problème de trafic de stupéfiants. Un meilleur soutien des programmes de prévention et l'amélioration des «corridors de services» entre les ressources autochtones et le réseau québécois sont aussi exigés.

«D'ici 2050, notre population à l'échelle du pays risque de doubler», a mentionné Ghislain Picard. «Ce n'est pas trop demander de faire en sorte que nous puissions élever nos perspectives d'avenir [...] Ce n'est pas une mince tâche, ce qui se passe à Uashat se passe également ailleurs à l'échelle du pays. C'est un immense chantier.»

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