Gaz naturel: Québec mise 3,8 millions $ sur Pétrolia en Gaspésie

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En 2012, Pétrolia a foré deux puits sur sa propriété de Bourque en Gaspésie, qui ont révélé la présence de gaz naturel.

Collaboration spéciale, Geneviève Gélinas

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(Gaspé) Pétrolia va de l'avant avec l'évaluation du potentiel gazier de la propriété Bourque, en Gaspésie, grâce à un investissement de 6,5 millions $ de l'État québécois et de la firme Tugliq. Cette étape, si elle est concluante, procurerait le chaînon manquant à un projet d'un demi-milliard de dollars pour liquéfier et transporter le gaz naturel vers les industries de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec.

L'État investit 3,8 millions $ en capital-actions dans Pétrolia avec le fonds Capital Mines Hydrocarbures, administré par Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec. Les ministres de l'Économie, Jacques Daoust, de l'Énergie, Pierre Arcand, et le responsable de l'Implantation de la stratégie maritime, Jean D'Amour, étaient à Gaspé mardi pour l'annoncer.

Tugliq injecte 2,7 millions $ dans le projet Bourque par le biais d'une coentreprise avec Pétrolia. Si l'exploitation du gaz s'avérait rentable, la firme québécoise construirait un gazoduc vers une barge de liquéfaction ancrée le long du littoral gaspésien. De là, de plus petits navires transporteraient le gaz liquéfié vers la Côte-Nord. Les principaux clients potentiels sont les minières, les alumineries et les transporteurs ferroviaires, qui seraient incités à convertir au gaz leurs systèmes au diesel, un combustible plus cher et plus polluant que le gaz.

Le projet de Tugliq totalise entre 500 et 600 millions $, sans compter les opérations d'extraction aux puits. «Des entreprises privées investiraient cet argent», indique Laurent Abbatiello, vice-président principal de Tugliq. Le Groupe Océan et la belge Exmar feraient notamment partie du montage financier.

La barge de liquéfaction aurait une capacité de 25 milliards de pieds cubes par an, soit la moitié du marché potentiel sur la Côte-Nord et le Nord-du-Québec. Le projet créerait environ 250 emplois, dont 100 pour l'extraction et 50 pour faire fonctionner la barge.

Dans les prochaines semaines, Pétrolia mènera des tests de production au puits Bourque n° 1, foré en 2012 à 30 kilomètres à l'est de Murdochville. La firme entrera une nouvelle fois dans ce puits ou en forera un nouveau, ce qui épuisera les 6,5 millions $ amassés. Il faudra un ultime forage avant de terminer l'évaluation du gisement, pour un total de 12 à 15 millions $ à investir en plus des 21,8 millions $ déjà injectés. 

En 2013, une analyse commandée par Pétrolia à la firme Sproule estimait à mille milliards de pieds cubes le gaz présent à Bourque. Rien ne prouve que cette ressource puisse être extraite de manière rentable, ce que les travaux à venir devraient déterminer.

Le pdg de Pétrolia, Alexandre Gagnon, explique l'absence de partenaire privé d'envergure par le fait que Bourque «n'est pas un projet de taille internationale, mais de taille locale. C'est une ressource locale pour des besoins locaux. On n'intéressera pas un Shell avec ça mais ça demeure un bon projet».

Si les travaux de Pétrolia sont concluants, un projet-pilote prendra forme dès 2016, pour liquéfier de petites quantités de gaz à même le site d'extraction et le transporter par camion vers la Côte-Nord.

Pas seule

Tugliq et Pétrolia ne sont pas les seuls à lorgner le marché du gaz naturel liquéfié. GNL Québec veut construire une usine de liquéfaction au port de Grande-Anse, au Saguenay, au coût de 7,5 milliards $. Le consortium scandinave Stolt LNGaz souhaite aussi bâtir une usine de ce type à Bécancour, un projet plus modeste de 800 millions $.

Ces projets sont en partie consacrés à l'exportation et ne disqualifient pas le projet Pétrolia-Tugliq, a réagi le ministre Jacques Daoust. «Qu'on ait deux entreprises, on ne sera que plus riche», dit-il.

Des élus enthousiastes des deux côtés du fleuve

 Selon le maire de Gaspé, Daniel Côté, la poursuite de l'exploration à Bourque est «une excellente nouvelle». «Ça fait longtemps que le conseil municipal appuie Bourque. C'est loin des zones résidentielles», note le maire, qui serait «très, très ouvert» à voir une barge de liquéfaction ancrée dans la baie de Gaspé, près de la zone industrielle de Sandy Beach, où circulent déjà des pétroliers. «Il serait ancré plutôt que de se promener. Ça ferait partie du décor», estime M. Côté.

Une délégation de huit Nord-Côtiers a traversé le fleuve mardi pour assister à l'annonce. Pour le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, le projet Pétrolia-Tugliq est le «projet le plus prometteur» et «la lumière au bout du tunnel» pour l'approvisionnement en gaz naturel réclamé sur la Côte-Nord. «Il y a une chose à valider, c'est la ressource [en gaz]. Mais tout le reste, on y croit beaucoup. Il semble que le coût de revient du gaz va valoir le coup pour nos entreprises», dit M. Porlier. L'accès au gaz encouragerait l'industrie du fer à transformer son minerai dans la région, fait valoir la Côte-Nord.

Pétrolia et Tugliq n'ont pas ménagé leurs efforts pour convaincre la province et les municipalités de les soutenir. Pétrolia a mandaté deux lobbyistes au cours de la dernière année pour persuader le gouvernement québécois d'élaborer «un plan d'action» afin de mettre en valeur le potentiel de Bourque. Tugliq a aussi fait des démarches auprès de Québec et a rencontré ce printemps les cinq municipalités de la Côte-de-Gaspé, qui ont par la suite adopté des résolutions d'appui. 

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