Un dernier effort pour maintenir la ville de Gagnon en vie

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Le village de Gagnon le 5 août 1961. La municipalité comptait 4000 habitants dans ses belles années.

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Steeve Paradis

Collaboration spéciale

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(Sept-Îles) Pour la plupart des Québécois, du moins ceux qui savent que cette ville a existé, la ville de Gagnon fait partie du folklore du développement de la Côte-Nord. Mais ceux et celles qui y ont vécu cherchent encore à préserver la vitalité de la communauté et, pour ce faire, ils se réunissent cette fin de semaine à Sept-Îles.

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La démolition de Gagnon après sa fermeture en 1985. Le village a été complètement rasé. Il ne reste maintenant qu'un panneau de signalisation.

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«Ça risque d'être notre dernier rassemblement du genre. Les gens vieillissent et nos enfants n'ont pas connu Gagnon», souligne Yvette Plourde, porte-parole du comité organisateur du rassemblement, qui s'amorce aujourd'hui et se conclura dimanche.

Les organisateurs de l'événement se réjouissent d'attendre plus de 700 personnes, dont certaines en provenance de l'Ontario, de Vancouver et même du Yukon. «On est très heureux de recevoir tous ces gens. Il faut penser qu'il faut quand même se rendre à Sept-Îles», a ajouté Mme Plourde.

Située à environ 350 kilomètres au nord de Baie-Comeau et à une centaine de kilomètres au sud de Fermont, Gagnon a été fondée en 1960 par la Quebec Cartier Mining (aujourd'hui propriété d'ArcelorMittal), qui avait découvert un gisement de fer au lac Jeannine trois ans plus tôt. La ville, qui regroupait 4000 habitants dans ses plus belles années, a été fermée en 1985. Aujourd'hui, il n'en subsiste plus rien, à part un panneau de signalisation routière.

Pour se rendre à Gagnon à l'époque, il fallait impérativement prendre le train de la compagnie minière ou l'avion, ce qui compliquait considérablement les déplacements. «Quand on voulait voyager, on devait envoyer l'auto sur le train jusqu'à Port-Cartier, prendre l'avion jusqu'à Sept-Îles et descendre ensuite à Port-Cartier chercher l'auto», se remémore la porte-parole.

Préjugés

Pourquoi donc célébrer la vie dans une ville isolée, qui a été reliée par la route 389 deux ans après sa disparition, et où ce ne devait pas être rose tous les jours? Pour Mme Plourde, qui demeure aujourd'hui dans la région de Montréal, ce ne sont là que des préjugés.

«Pour la qualité de vie en famille, c'était merveilleux. Quand on était enfants, on ne considérait pas Gagnon comme une ville fermée, lance-t-elle. On avait entre autres accès à tous les sports, payés par la compagnie, de l'équipement jusqu'aux voyages à l'extérieur. On était vraiment bien là-bas.»

L'isolement a également permis de créer des liens particuliers avec son voisinage, liens qui se sont perpétués malgré le dispersement un peu partout au Québec. «Veut, veut pas, on formait une communauté tissée serrée. On s'appuyait sur les gens qui nous entouraient», s'est souvenue la porte-parole.

Tant qu'à jouer la carte de la nostalgie, certains des visiteurs cette fin de semaine, avant de repartir chez eux, feront un gros crochet pour se rendre jusqu'à la défunte ville minière, a indiqué Yvette Plourde en conclusion.

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