Gaspésie: des fissures dans le plus haut phare au Canada

Des lézardes laissent filtrer l'eau dans le phare... (Lise Ste-Croix, Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers)

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Des lézardes laissent filtrer l'eau dans le phare de Cap-des-Rosiers, exposé aux vents de tempête.

Lise Ste-Croix, Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers

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Geneviève Gélinas

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Cap-des-Rosiers) Le phare gaspésien de Cap-des-Rosiers, le plus haut du pays, présente d'inquiétantes lézardes. Ses défenseurs pressent Ottawa, qui en est propriétaire, de le réparer. Faute de quoi la survie du phare de 156 ans, bâti à la suite de nombreux naufrages, est menacée.

Le phare de pierre de 34 mètres de hauteur, couvert de blocs de marbre, aligne deux fissures sur ses flancs. L'eau s'y infiltre un peu plus chaque année. «Quand j'ai ouvert le phare en mai, il y avait quatre à cinq pouces de glace au sol et l'escalier [intérieur] était couvert de glace», rapporte Jean-Paul Salaün, président du Site historique maritime du phare de Cap-des-Rosiers, l'organisme qui veille sur le bâtiment et le fait visiter.

Pêches et Océans Canada a déclaré le phare «excédentaire» en 2010 et veut s'en départir, même s'il est désigné lieu historique national. Ni le comité du Site historique maritime ni la Ville de Gaspé n'estiment avoir les moyens de s'en charger puisque les réparations nécessaires sont estimées entre 3 et 5 millions $.

«Si on ne fait rien, on va perdre cette perle, la porte d'entrée du parc Forillon», plaide le député néo-démocrate de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone. Deux pétitions (567 signatures sur papier et 1690 signatures Internet) ainsi que 716 cartes d'appui visent à convaincre le gouvernement conservateur d'agir.

Jusqu'ici, Parcs Canada, qui gère le parc Forillon tout près du phare, a décliné les appels à acquérir le bâtiment.

Naufrages

Le phare a été érigé entre 1853 et 1858, pour éviter les naufrages fréquents et mortels à l'époque. À lui seul, le naufrage du Carrick's, chargé d'immigrants irlandais, avait fait plus de 100 victimes au large de Cap-des-Rosiers en 1847.

«Le corridor le plus dangereux était entre l'île d'Anticosti et la côte gaspésienne, indique l'historien Jean-Marie Fallu. Le phare devait être très visible pour ne pas que les navigateurs confondent l'entrée du fleuve et l'entrée de la baie de Gaspé.»

«Le phare de Cap-des-Rosiers a aidé [à éviter des naufrages], pas à lui seul, mais avec tout le réseau des phares; ceux de Cap Gaspé, Pointe-à-la-Renommée et ceux d'Anticosti», affirme M. Fallu.

Héritage Canada a placé le phare dans son palmarès 2013 des dix sites les plus menacés au pays. Chaque année, 30 000 visiteurs s'y arrêtent.

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