Blanc-Sablon menace de quitter le Québec pour Terre-Neuve

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Blanc-Sablon

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(Baie-Comeau) Blanc-Sablon, à l'extrême est de la province, est tellement excédée de sa mauvaise relation avec Québec que la municipalité songe à quitter la province, rien de moins, pour plutôt faire partie de la province voisine, Terre-Neuve-et-Labrador.

«C'est une possibilité», a confié le maire de la localité, Armand Joncas, en entrevue avec Le Soleil. «Je ne sais pas comment ça peut se faire, mais je vais sûrement m'informer de ça. Une chose est sûre, c'est qu'on transige pas mal plus avec Terre-Neuve-et-Labrador qu'avec le Québec.»

Selon le maire Joncas, les citoyens de la Basse-Côte-Nord en général et de Blanc-Sablon en particulier sont traités comme «des citoyens de seconde zone», qui n'ont pas droit aux mêmes services que le reste de la population québécoise. «Tout est terriblement compliqué quand on fait affaire avec Québec, lance-t-il. On n'a toujours pas de route, on est en demande depuis 20 ans au niveau de l'assainissement des eaux et l'égout et on n'a encore et toujours rien.»

Pour illustrer son propos, le maire rappelle que s'il veut se rendre à Baie-Comeau en voiture, il doit parcourir 1800 kilomètres par la route 500 au Labrador et la 389 au Québec. Si la route 138 était prolongée jusqu'à Blanc-Sablon, cette distance serait réduite de moitié.

«En plus de ne pas avoir de route, on a des services aériens et maritimes boiteux, et je dirais même pourris, alors qu'on est liés par la route [par le Labrador] et le traversier avec Terre-Neuve, enchaîne l'édile, qui soutient que 85 % de la nourriture, 80 % des matériaux de construction et 50 % des services médicaux de sa ville proviennent de la province voisine. «En plus, tout coûte plus cher quand ça vient du Québec. On protège la souveraineté du territoire du Québec, mais on n'a rien en retour. Pour être bien servis, nos marchands sont obligés de passer par Terre-Neuve.»

Armand Joncas estime également que la localité de 1100 habitants est mieux servie politiquement par sa voisine, même si les deux n'ont pas de liens administratifs. «En dedans d'une journée, on peut discuter avec n'importe quel ministre de Terre-Neuve. Au Québec, ça peut prendre des mois, ajoute-t-il. En fait, si le Québec ne veut pas de nous, qu'on nous le dise. Terre-Neuve va sûrement nous prendre. On ne se sent pas liés avec le reste du Québec et ça ne peut pas être pire si on change de province.»

La relation de Terre-Neuve-et-Labrador avec le gouvernement fédéral est aussi meilleure que celle entre Québec et Ottawa, croit le maire. «Quand le fédéral sort un programme, Terre-Neuve embarque rapidement pour en faire profiter sa population alors que nous, on ne peut pas en profiter parce que Québec prend des années avant d'embarquer et quand il le fait, il n'y a plus de fonds dans le programme.»

Interrogé par les médias sur les démarches de Blanc-Sablon en marge d'une conférence de presse à Québec à propos des régimes de retraite des employés municipaux, le premier ministre Philippe Couillard a été bref, mais clair : «La réponse est que le territoire du Québec reste comme il est», a-t-il lancé. 

Avec Pierre-Olivier Fortin

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