Des Gaspésiens passionnés entrent en scène

Cent quinze personnes prennent part à la comédie... (Photo collaboration spéciale Gilles Gagné)

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Cent quinze personnes prennent part à la comédie musicale Les misérables.

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Le Soleil

(New Richmond) Depuis le début de 2012, 115 passionnés de musique et de technique se réunissent toutes les semaines pour répéter une comédie musicale, rien de moins que Les misérables, afin de présenter six spectacles du 14 au 18 novembre, à New Richmond, en Gaspésie.

Les premières répétitions avaient même débuté en mai 2011, et leur rythme s'est intensifié à mesure que le temps passait. Depuis quelques jours, c'est un emploi à temps plein pour tout le monde, même si seulement quelques musiciens sont rémunérés.

Les 115 personnes engagées dans le spectacle sont ainsi en «vacances» depuis vendredi, une semaine planifiée depuis l'été 2011 et une condition pour participer à l'oeuvre. Jusqu'au 18 novembre, l'essentiel de leur temps sera consacré aux répétitions et aux spectacles.

Pour la directrice musicale et artistique Guylaine Fournier, le spectacle est pratiquement devenu une obsession, accaparant de 19 à 20 heures de son temps tous les jours. L'idée de tenter cette aventure un peu folle vient d'elle.

«Je m'étais rendue en France en octobre 2010 pour un contrat de chef de choeur, et j'étais allée voir Pour l'amour de Cosette, monté par Jacky Locks, un ami qui a adapté Les misérables pour son choeur. J'ai assisté à la générale et en sortant de ça, je me suis demandé pourquoi on ne ferait pas ça, nous», raconte celle qui dirige le choeur Tourelou, à New Richmond.

Les misérables est une oeuvre écrite par Victor Hugo. Bien qu'il s'agisse d'un roman, le texte est reconnu comme l'une des meilleures descriptions du contexte régnant dans la France de la première moitié du XIXe siècle.

Organisation monstre

Dans le vol la ramenant de France, Mme Fournier a fermé les yeux pour imaginer qui pourrait tenir les rôles des solistes.

«Pour Marius, je voyais Steve Arsenault [un chanteur de Bonaventure]. Il m'a dit : "Je vais réfléchir." Il est allé sur Internet et c'était oui [...]. Pour Jean Valjean, je voyais Roch Harvey, qui doutait, parce qu'il est auteur-compositeur-interprète. Il m'a aussi demandé de réfléchir. Il a réfléchi, mais pas longtemps», dit-elle.

Pendant que Mme Fournier poursuivait la recherche de solistes, le choeur Tourelou s'est transformé en comités tentaculaires pour voir au financement, au recrutement de choristes, à la confection de costumes, à la construction de décors et à la gestion de plateaux, en coulisse.

Le recrutement des 70 choristes s'est fait graduellement. «Des membres invitaient leurs amis à venir voir, et c'est comme ça que nous avons monté l'équipe. Je voulais 100 choristes. C'était sans doute trop, et il y a eu quelques désistements», dit-elle.

Les choristes et solistes viennent d'un territoire compris entre Carleton à Paspébiac, ou 100 kilomètres de bout en bout.

Il a fallu préparer 150 costumes, au début avec les talents du bord, avant de passer le relais à une couturière professionnelle, Stella Glazer, qui a même embauché des gens pour terminer l'ouvrage.

Guylaine Fournier n'aime pas l'expression spectacle amateur pour définir la production des Misérables. «Parlons de bénévolat, mais l'effort et le résultat, d'après moi, sont professionnels.»

Production déficitaire

La production n'a reçu que 750 $ de fonds publics, de l'ex-député Damien Arsenault. «Les dépenses réelles sont de 65 000 $. Nous serons dans le trou avec notre production et ça prendra un spectacle-bénéfice pour payer le trou. Nous n'avons rien eu de la Conférence régionale des élus, rien du ministère de la Culture. L'équipe a rempli je ne sais combien de formulaires de 15 pages. Ils ont été refusés; nous ne tombons dans aucune catégorie. Les gros commanditaires nationaux n'ont pas embarqué. Seules des entreprises régionales et la Ville de New Richmond nous ont appuyés», dit-elle. À quelques jours du premier spectacle, cette déconvenue budgétaire ne modère pas la fierté qu'elle ressent pour son équipe.

«J'ai été tellement exigeante, plus les répétitions avançaient. Tout le monde a fait le sacrifice d'activités familiales, de vacances, de loisirs depuis des mois. C'est remarquable», conclut-elle.

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