Exploration pétrolière: un moratoire demandé en Gaspésie

En janvier, Pétrolia déplacera sa foreuse du secteur... (Photo Geneviève Gélinas, collaboration spéciale)

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En janvier, Pétrolia déplacera sa foreuse du secteur Bourque, près de Murdochville, vers Haldimand, à Gaspé.

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Geneviève Gélinas
Le Soleil

(Gaspé) Des manifestants exigeront samedi à Gaspé que le moratoire annoncé sur le gaz de schiste s'étende à l'exploration pétrolière.

Les militants profitent de la journée mondiale contre la fracturation pour se rassembler à 11h au bout de la rue Forest, dont les résidences sont à 350 mètres du prochain forage de Pétrolia.

La porte-parole du comité Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, Lise Chartrand, se dit «déçue» des premières décisions du gouvernement Marois, qui préconise un moratoire complet sur le gaz de schiste et une étude du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, mais sans mentionner le pétrole gaspésien.

«La situation vécue en Gaspésie est tout aussi intolérable que celle que s'apprêtaient à vivre les populations [des basses terres du Saint-Laurent], déclare Mme Chartrand par communiqué. Pétrolia a écrit elle-même dans les journaux locaux et sur son site qu'elle allait recourir à la fracturation.»

Gaétan Lelièvre, ministre délégué aux Régions et responsable de la Gaspésie, juge l'emplacement du forage «extrêmement préoccupant». «J'en ai discuté à la première réunion du Conseil des ministres. Je les ai sensibilisés à la manifestation», dit-il.

Le programme du Parti québécois prévoit «donner les pouvoirs aux municipalités pour la gestion des mines et des hydrocarbures sur leur territoire urbanisé», rappelle M. Lelièvre. Pour lui, «c'est clair» que le secteur d'Haldimand fait partie de ce territoire.

Hors des municipalités

Le maire de Gaspé, François Roussy, maintient la position adoptée par son conseil en février 2011. «Il faut mettre [l'exploration et l'exploitation pétrolière] en dehors des limites des municipalités.» Les compagnies peuvent explorer les «85 %» de territoire non habité en Gaspésie, juge le maire, mais les «15 % habités» doivent être protégés.

Pétrolia détient déjà un permis pour forer Haldimand n° 4, et a creusé deux puits dans le même secteur. La municipalité ne portera pas l'odieux de retirer un permis accordé, croit le maire Roussy. «C'est Québec qui a donné le permis à Pétrolia, c'est Québec qui peut le lui enlever.» Les pouvoirs des municipalités s'appliqueront aux futures demandes, estime le maire.

Isabelle Proulx, vice-présidente de Pétrolia, affirme que «toute notre énergie est mise à démontrer qu'on peut produire sans fracturation», même si cette méthode n'est pas exclue.

«Politiquement, je vais me fier non pas à ce que les ministres disent, ajoute Mme Proulx, mais à Mme Marois, qui a déjà dit qu'elle voulait du pétrole d'ici, pour notre indépendance énergétique.»

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