CSSS de la Haute-Gaspésie: un directeur suspendu pour enquête

La directrice générale du CSSS de La Haute-Gaspésie,... (Photo collaboration spéciale Johanne Fournier)

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La directrice générale du CSSS de La Haute-Gaspésie, Hélène Laprise, a suspendu Pierre Francoeur, qui dirigeait le service des ressources humaines.

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Johanne Fournier
Le Soleil

(Sainte-Anne-des-Monts) La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) oblige le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de La Haute-Gaspésie à prendre des mesures pour protéger ses employés contre des patients en situation de crise. De plus, vendredi, la direction générale a suspendu son directeur des ressources humaines, Pierre Francoeur, aux fins d'enquête.

La CSST a ordonné la mise en place immédiate de quatre mesures de sécurité, dont le port obligatoire d'une montre-bracelet appelée «montre-panique» et l'ajout d'un agent de sécurité de jour. Ces mesures font suite à un incident survenu le 18 mai, alors qu'un homme s'est présenté en état de crise à l'urgence de l'établissement.

Il avait un couteau en main et les poignets tailladés. Une fois le patient maîtrisé, une infirmière s'est coupée en plaçant l'arme dans un sac. Comme l'individu se disait infecté du virus du VIH, l'employée suit actuellement une thérapie préventive. Lors de l'incident, aucun agent de sécurité n'était en poste et le personnel n'a pas jugé nécessaire d'appeler la police.

Devant les différents problèmes relevés au CSSS de La Haute-Gaspésie, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a dépêché un observateur qui, après avoir passé toute la semaine dernière dans l'établissement, est chargé de lui faire rapport avant le 24 juillet.

Absence de pharmaciens

Les deux seuls pharmaciens qui étaient employés par le CSSS ont démissionné. L'un d'eux, Gaston Thibault, qui travaillait à l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts depuis 1999, déplore un équipement désuet, beaucoup de gaspillage, un trop grand nombre de réunions inutiles, des menaces relatives à la sécurité des patients et un manque d'écoute de la part de la direction.

Mais c'est une lettre signée par le directeur des ressources humaines, Pierre Francoeur, qui a été l'élément déclencheur. «Le ton de la lettre était grossier, commente le professionnel. On me reprochait de ne pas être assez performant. Ce n'est pas le rôle d'un gestionnaire de me dire ce que je dois faire. Je suis pharmacien depuis 1985, j'ai travaillé ailleurs et n'ai jamais eu de problèmes. Les médecins louaient mon travail.»

Le natif de l'endroit va jusqu'à dire que le CSSS de La Haute-Gaspésie va fermer. Le ministre Bolduc ne partage pas cet avis. «Une chose qui est certaine, indépendamment des problèmes de l'établissement, c'est qu'il n'y a pas un établissement, au Québec, qui va fermer, a-t-il rétorqué. Je peux vous dire qu'à cause de la situation géographique, c'est le contraire.»

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