Une épidémie de virus respiratoires dans un CHSLD difficile à expliquer

La Dre Danielle Moisan pense qu'il est impossible... (Collaboration spéciale Marc Larouche)

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La Dre Danielle Moisan pense qu'il est impossible de faire le lien entre les virus et les décès.

Collaboration spéciale Marc Larouche

 

Marc Larouche, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rivière-du-Loup) La période d'éclosion de virus respiratoires survenue cet hiver au Centre d'hébergement en soins de longue durée (CHSLD) Saint-Joseph de Rivière-du-Loup, durant laquelle 16 personnes sont décédées, était inhabituelle et impossible à prévoir.

C'est le constat que dresse la direction, qui convient toutefois d'agir plus rapidement pour isoler les personnes qui présentent des symptômes et d'améliorer la communication avec les familles.

«C'est vraiment ce qui a été le plus difficile. L'interdiction des visites représente une forte charge émotive pour le personnel, les résidants et leurs proches. Nous avons convenu qu'il était important d'assurer une meilleure communication avec ces derniers concernant l'évolution de la situation dans des cas de ce genre», affirme le directeur général du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Rivière-du-Loup, Daniel Lévesque.

Du 15 décembre 2011 au 22 mars dernier, pas moins de 70 des 121 pensionnaires du CHSLD Saint-Joseph ont présenté des symptômes grippaux. De ce nombre, 16 sont décédés. C'est presque la moitié des 31 décès répertoriés pour toute l'année financière.

«Il est impossible de faire le lien entre les virus et les décès. Si quelqu'un a une crise cardiaque en pelletant, on peut se demander s'il est mort parce qu'il a pelleté ou parce qu'il avait des problèmes cardiaques. Les pensionnaires ici sont déjà malades. Le virus n'a peut-être qu'accéléré une situation qui était sur le point de se produire», précise la Dre Danielle Moisan, répétant que la situation vécue est vraiment inhabituelle.

Une éclosion, quatre virus

«Une éclosion grippale dure entre trois et quatre semaines. Celle-ci a duré plus de trois mois.» Devant son importance, on a demandé des analyses au Centre hospitalier de l'Université Laval à Québec. Celles-ci ont révélé la présence de quatre virus : le métapneumovirus, le coronavirus, le virus respiratoire syncytial et l'influenza. Il n'existe de vaccin que pour ce dernier. Il n'y a aucun traitement connu pour les autres. La seule solution : agir plus rapidement.

Dans le cas présent, les deux premiers cas d'allure grippaux sont apparus le 12 décembre. Les mesures préventives ont tout de suite été enclenchées. L'apparition d'un autre cas, trois jours plus tard, a forcé une déclaration de situation d'éclosion. Les visites ont été interdites le 4 janvier. «Des éclosions de grippe surviennent chaque année. Dorénavant, aussitôt qu'une personne présentera des symptômes, elle devra être isolée très rapidement», conclut la Dre Moisan.

Cette mesure peut quelquefois être difficile, considérant que ce CHSLD possède encore une trentaine de chambres doubles et triples, ce qui devrait être réglé d'ici trois ans, avec la construction d'un tout nouveau centre d'hébergement de 20 millions $.

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