Institut Maurice-Lamontagne: Ottawa coupe encore dans la recherche

Sur le même thème

Le député bloquiste de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin,...

Agrandir

Le député bloquiste de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, croit que les compressions fédérales attaquent la capacité des chercheurs à faire leur travail.

 

Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Mont-Joli) Le couperet fédéral tombe pour une troisième fois en sept mois à l'Institut Maurice-Lamontagne (IML) de Mont-Joli.

Neuf employés de la division de la protection de l'habitat du poisson sont touchés par les dernières compressions et s'ajoutent aux 18 postes supprimés en décembre 2011 et aux 15 autres en mai, portant ainsi à 42 le nombre total de postes abolis.

Ce centre de recherche, qui a déjà compté plus de 400 employés, voit fondre ses effectifs de 10%. Le budget de l'Institut, qui a déjà été de 35 millions$, est maintenant de 28 millions$.

«Quand on démantèle des programmes complets de façon presque sauvage, on perd l'expertise et les connaissances acquises sur 15 à 20 ans. C'est très difficile ensuite de transmettre l'expérience acquise à de jeunes chercheurs. Pour moi, les lumières rouges sont allumées sur la mission de cet important institut», a réagi Jean-Claude Brêthes, professeur en océanographie biologique à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski et titulaire de la chaire UNESCO en analyse intégrée des systèmes marins.

Les compressions antérieurement annoncées affectent tous les effectifs en chimie et le quart des chercheurs. Le laboratoire d'expertise en analyse chimique aquatique sera démantelé, et la bibliothèque fermera ses portes.

Vives réactions

Le député bloquiste de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, croit que les compressions fédérales attaquent la capacité des chercheurs à faire leur travail. «Ces neuf personnes faisaient des études d'impact sur le milieu marin. Ce sera uniquement les pêches commerciales, récréatives et autochtones qui auront des études d'impact, ce qui exclura les projets d'infrastructures, de construction d'oléoduc... On s'attaque à la capacité de l'IML à mieux intervenir pour protéger notre environnement. C'est aussi une perte importante pour l'économie régionale.»

«Moi, je connais des gens qui ont déménagé à Halifax parce que le nouveau bateau prévu pour l'IML va ailleurs. Ce ne sont pas des postes qui sont annoncés...», a dit Laurent Emond, préfet suppléant de La Mitis et maire de Price, près de Mont-Joli.

Effet sur nos assiettes

Le deuxième centre de recherche francophone en sciences de la mer au monde influence indirectement le contenu de nos assiettes quand il fait des recommandations scientifiques à Pêches et Océans sur les captures permises dans l'estuaire et le golfe Saint-Laurent, comme c'est le cas pour le crabe de neige ou le homard.

Plusieurs découvertes sont au crédit de l'IML, dont l'appauvrissement en oxygène dans le Saint-Laurent (hypoxie), la mise au point un logiciel d'analyse des données hydroacoustiques adopté comme standard international et une expertise concernant l'utilisation de sondeurs multifaisceaux reproduisant le fonds marins, une technologie maintenant employée sur la côte est américaine.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer