Naufrage de l'Empress of Ireland: la vie triste d'un commandant survivant

Joe Saward (au centre), arrière-petit-fils du capitaine Henry... (Collaboration spéciale, Carl Thériault)

Agrandir

Joe Saward (au centre), arrière-petit-fils du capitaine Henry George Kendall, commandant de l'Empress of Ireland, en compagnie de son fils et d'Annemarie Bourassa du Site historique maritime de Pointe-au-Père.

Collaboration spéciale, Carl Thériault

Carl Thériault
Le Soleil

(Québec) Le commandant Henry George Kendall, qui était à la barre de l'Empress of Ireland, qui a sombré le 29 mai 1914, est demeuré, pendant le reste de sa vie, amer et triste de cette catastrophe qui a fait 1012 victimes, malgré 465 rescapés.

C'est le sentiment partagé par Joe Saward, arrière-petit-fils de Henry George Kendall de passage cette semaine au Musée de l'Empress à Rimouski avant de couvrir le Grand Prix de Montréal comme journaliste en Formule 1.

«Il ne parlait pas de ce naufrage avec la famille parce que c'était trop douloureux. Pour moi, il était un peu amer de la vie comme sa carrière de commandant était ruinée. Je ne pense pas qu'il s'est senti coupable, mais s'est plutôt dit que "si j'avais fait telle manoeuvre, peut-être..." Il a été triste toute sa vie de ce naufrage. L'Empress fait partie de mon histoire parce qu'il a été chanceux de survivre. Et je suis ici pour visiter ce mémorial... Cela me fait bizarre», a dit ce citoyen britannique qui vit à Paris. Il se souvient d'avoir joué, à l'âge de quatre ans, au pirate et à la chasse au trésor avec son arrière-grand-père, qui avait alors plus de 90 ans et qui est décédé en 1965. «Il avait encore beaucoup d'énergie. Sa vie a été extraordinaire. Le bateau de Henry George Kendall a été torpillé à deux reprises pendant la guerre dans la même journée par un sous-marin allemand et il a survécu. Il a aussi été seul sur un bateau avec une personne qui voulait le tuer... C'est incroyable.»

Le transatlantique du Canadien Pacifique a coulé en 14 minutes après que la coque eut été ouverte en plein centre jusqu'à l'hélice par le charbonnier norvégien Storstad à quelques semaines du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

La faute au brouillard

«C'est très difficile de dire à qui est la faute. Le problème a été le brouillard. L'ensemble des décisions a été un désastre. On pourrait dire que c'est le deuxième officier du Storstad qui a fait tourner le bateau vers l'Empress, qui était arrêté pour éviter une collision...»

La famille était beaucoup plus au courant que Henry Kendall avait démasqué, en juillet 1910, alors qu'il était commandant du Montrose, Harvey Crippen, un médecin britannique, accusé d'avoir décapité sa femme. En débarquant au quai des pilotes du Saint-Laurent à Pointe-au-Père (comme pour l'Empress) pour être mis en arrestation, Crippen aurait lancé à Kendall «qu'il paierait pour cette traîtrise». Crippen fut pendu le 23 novembre 1910. «Pour nous, c'était l'histoire connue dans la famille aussi comme c'était la première fois que les communications radio de Marconi avaient été utilisées, pour mettre la main sur un fugitif.»

L'enquête qui a suivi la catastrophe fut confiée au même juge qui mena celle sur le naufrage du Titanic, le juge de l'Amirauté britannique, Lord Mersey. Le procès montra du doigt le Storstad, qui n'aurait pas dû changer de direction, mais rien dans le code maritime n'obligeait l'Empress à stopper les machines dans une nappe de brume.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer