C'est ce que révèle un sondage - dont la marge d'erreur est toutefois très élevée, à 7,9 % - effectué par la firme de recherches et de sondage SOM pour le ministère de la Santé et des Services sociaux auprès de 200 répondants de Mont-Joli lors d'entrevues téléphoniques réalisées du 17 au 28 novembre 2011.
Le maire de Mont-Joli, Jean Bélanger, n'a pas eu copie du sondage, mais se souvient que le conseil municipal a été informé des résultats en général. «C'est difficile de faire des commentaires, surtout que la marge d'erreur est très grande. Les opposants font peur à la population jusqu'à affirmer que les Juifs recevaient du fluor dans les camps de concentration. [...] Notre eau potable a déjà été fluorée pendant des années et la santé dentaire de nos concitoyens était meilleure qu'aujourd'hui.»
Les Mont-Joliens sont divisés, et certains sont sceptiques en ce qui concerne les effets positifs de la fluoration de l'eau. Plus de gens croient aux effets secondaires nocifs possibles de la fluoration qu'il y en a qui croient aux bienfaits pour la santé de la fluoration : 48 % soutiennent que la fluoration peut causer certaines maladies, alors que 40 % croient que la fluoration peut prévenir certaines maladies et qu'elle contribue à améliorer la santé en général.
Jauger l'influence des opposants
«Pour avoir une marge d'erreur moins élevée, il y a une question de coût [...]. On voulait essentiellement savoir l'effet de la campagne des activistes contre la fluoration. Il y en a eu un, manifestement. Normalement, les sondages au Québec indiquent un appui de 60 % à 80 % pour la fluoration», souligne Christian Fortin, dentiste-conseil au ministère de la Santé.
La fluoration consiste à ajuster la concentration de fluorures dans l'eau de consommation à 0,7 partie par million, quantité recommandée pour prévenir la carie.
La population est très largement d'accord (80 %) pour dire que la carie est un problème important de santé publique, mais préfère interdire la vente de confiseries et de boissons gazeuses dans les écoles (44 %) comparativement à l'ajout de fluorure à l'eau potable (30 %).
Mont-Joli a donné le feu vert à l'automne 2011 à la fluoration de l'eau potable. Un débat s'est engagé avec l'organisme Eau courant, qui combat, par divers moyens, cette mesure recommandée par la Direction régionale de santé publique.