Le départ de Samer Daher, un médecin de famille qui a déjà occupé la fonction de directeur des services professionnels à l'hôpital de Chandler, constitue toutefois un dur coup, puisqu'il compte 18 ans de pratique dans la région et parce qu'il a joué un grand rôle dans le recrutement de collègues.
Michel Hereish est l'autre omnipraticien à quitter la région, mais il pourrait s'agir dans son cas d'un départ temporaire, puisqu'il prend un congé sans solde d'un an pour occuper des fonctions au Collège des médecins. Sa conjointe, Sophie Lam, également médecin, restera à Chandler.
«Tous les deux sont très engagés dans la communauté. C'est certain que c'est une perte pour la population», précise Chantale Duguay, directrice du CSSS du Rocher-Percé. La polyvalence de leur pratique en faisait des piliers des services médicaux prodigués aux 20 000 habitants de la MRC du même nom.
Chantale Duguay précise que le plan d'effectif médical de son territoire, sans être pourvu, affiche quand même l'un des meilleurs taux d'occupation des 15 dernières années, sinon le meilleur.
«Nous avons 24 omnipraticiens, alors que notre plan en prévoit 31. Nous étions descendus à 12, avant, les dures années (2000-2004). Nous avons 15 spécialistes, pour un plan de 21. Pour les spécialistes, nous avons toujours été assez bien pourvus», souligne-t-elle.
Parmi les quatre omnipraticiens attendus entre l'été et la fin de 2012, deux sont des résidents, alors que les deux autres sont des médecins avec permis restreints. «Ils sont de l'extérieur du pays. Ils ont fait leur stage ici et sont en évaluation [...] Ils feront des quarts à l'urgence, en hospitalisation et en médecine de famille», note Mme Duguay.
En ce qui a trait aux spécialistes, il manque un chirurgien, deux anesthésistes, un psychiatre et un radiologiste. L'hôpital est également sans directeur des services professionnels.
Samer Daher s'est distingué dans sa pratique, mais aussi dans son engagement social. Il a été notamment propriétaire du Gaillard de Chandler, l'équipe locale de hockey senior, pendant quatre ans. Il partira en août.
«Mon départ n'a rien à voir avec le travail ou avec le milieu. J'ai deux enfants qui grandissent et dont les besoins changent. Ils ont envie de se rapprocher de leur famille, de leurs grands-parents», affirme-t-il.
Il demeurera un ambassadeur pour la région. «Si un jeune médecin vient me voir et me demande où il pourrait pratiquer [...], je vais lui parler de la Gaspésie et en particulier de Chandler, où nous avons monté une très belle équipe.»