Deux cents Innus bloquent la route

Un groupe d'Innus bloque la circulation des véhicules... (Fanny Lévesque, collaboration spéciale)

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Un groupe d'Innus bloque la circulation des véhicules qui se dirigent vers le chantier de La Romaine depuis lundi.

Fanny Lévesque, collaboration spéciale

Fanny Lévesque
Le Soleil

(Sept-Îles) Les autorités ont dû déployer massivement leurs forces pour en venir à contrôler les quelque 200 manifestants autochtones qui s'étaient massés sur les lieux du barrage routier à l'est de Sept-Îles, vers le complexe La Romaine. Les Innus ont tenu tête aux policiers pendant au moins deux bonnes heures, refusant de lever leurs barricades, malgré l'ordonnance d'injonction provisoire de la Cour supérieure émise vendredi après-midi.

La Sûreté du Québec, qui portait assistance à la Sécurité publique de Uashat mak Mani-Utenam, a fait appel à son unité d'urgence pour disperser les dissidents. La situation, qui a été maîtrisée un peu avant 19h, s'est traduite par l'arrestation d'une dizaine d'Innus. La route a été rouverte à la circulation une demi-heure plus tard.

Jeudi, le comité citoyen à l'origine du blocus a perdu le contrôle des barricades érigées depuis lundi aux mains d'un groupe d'Innus qui revendiquait la reconnaissance du droit autochtone par Québec. «Je suis là pour faire respecter mes droits, je veux léguer autre chose à mes enfants», s'est défendue l'une des quatre Innus visés par l'injonction déposée par Hydro-Québec, Denise Jourdain, qui est restée sur les lieux du barrage jusqu'à la toute fin, avant d'être arrêtée.

L'un des instigateurs du mouvement s'est dit désolé de la tournure des événements. «Notre objectif était d'avoir un rapport de force, on voulait garder une image positive, dans le respect», a expliqué Michaël Mckenzie. «Là, c'est des conflits de personnalités, les demandes sont poussées, ça va laisser que du négatif.»

Hydro-Québec a emprunté la voie des tribunaux pour éviter de lourdes pertes financières liées au ralentissement des travaux de son complexe hydroélectrique. Si la cour n'avait pas accueilli favorablement l'injonction, la société d'État aurait interrompu samedi ses travaux à La Romaine, mettant ainsi à pied un millier de travailleurs. Hydro évaluait les pertes financières quotidiennes à 314 000 $ pour le complexe et à 230 000 $ pour l'aménagement de la ligne de transport, à laquelle les Innus s'opposaient.

Considérant notamment «le poids respectif des inconvénients et le préjudice irréparable que pourrait subir Hydro-Québec», le juge Paul Corriveau a ordonné une injonction provisoire d'une durée de 10 jours. La cause reviendra devant la justice le 19 mars.

Le ministère des Affaires autochtones a proposé au conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam d'accélérer le processus de négociations en vue d'en venir à une entente d'ici le 30 juin. La communauté de Uashat mak Mani-Utenam a refusé à deux reprises les ententes conclues entre la bande, Hydro-Québec et Québec jusqu'à présent. «Québec est prêt à revoir ses offres», confiait jeudi le ministre Geoffrey Kelley.

Avec la collaboration de Steeve Paradis

 

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