L'investissement annoncé en septembre 2010 consistait notamment à changer au complet les équipements de sciage, de façon à tirer le maximum de bois de la bille, en plus d'ajouter un séchoir. La scierie de Nouvelle est la plus grande en Gaspésie et elle emploie directement 130 personnes.
«Les gens s'imaginent que ça va partir tout seul la première journée. On s'était donné six mois pour le rodage de l'usine. On est dans les coûts et probablement qu'on sera un peu en avance dans le temps [de rodage]. Il s'agit d'ajuster de la nouvelle mécanique avec des appareils d'optimisation extrêmement précis. Ça va prendre du temps», précise M. Genest.
Les derniers jours ont été productifs, assure-t-il, bien que le rendement ne soit «pas revenu à 100%. On sort plus de planches par billot qu'on l'espérait. On voulait que l'usine commence à fonctionner en octobre, novembre ou décembre. Ça a été respecté».
Depuis 2006, la scierie de Temrex à Nouvelle a bénéficié de solides appuis de sociétés publiques comme la Société générale de financement (SGF), maintenant intégrée à Investissement Québec. L'achat pour 26 millions$ du franc-alleu la Dunière, une forêt riche, par la SGF en 2006 a surtout servi l'usine de Nouvelle. La SGF a de plus allongé 12 millions$ pour acheter les actions de Tembec dans Temrex.
L'investissement de 20 millions$ et la prise en charge des déficits d'exploitation de Temrex par la SGF et Investissement Québec font bondir l'appui à une somme dépassant significativement 60 millions$.
Pierre Genest refuse de préciser l'ampleur des pertes de Temrex depuis cinq ans. «Ce n'est pas de l'information que je peux donner.» Il admet que «c'est négatif», comme bilan récent.
«On ne perd pas énormément d'argent. On a opéré au minimum [en 2011] à cause des travaux [liés à l'investissement]. Ça va faire une très belle usine, productive», insiste-t-il.
Séchoir à bois
Le séchoir à bois assure un meilleur prix au bois sortant de Nouvelle. La capacité du séchoir est toutefois bien inférieure à ce qu'il faut pour traiter un approvisionnement total d'environ 450 000 mètres cubes par an. «Ça ne prendra pas des gros investissements pour ajouter de la capacité de séchage», souligne Pierre Genest.
Aucune autre scierie gaspésienne n'a bénéficié d'un appui public aussi important que l'usine de Temrex à Nouvelle. Pierre Genest se sent-il à l'aise dans ce contexte?
«C'est cette usine qui a monté un projet d'investissement et qui a développé son projet. On ne peut revenir au temps où je n'étais pas en fonction», répond-il.