Placement syndical: «Rambo» défendra les travailleurs nord-côtiers

Bernard «Rambo» Gauthier... (Collaboration spéciale Fanny Lévesque)

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Bernard «Rambo» Gauthier

Collaboration spéciale Fanny Lévesque

Fanny Lévesque
Le Soleil

(Sept-Îles) En marge des travaux de la Commission des relations du travail, qui a suspendu ses audiences hier, l'agent d'affaires de la FTQ-Construction Bernard Gauthier a confié au Soleil qu'il défendra bec et ongles les travailleurs de la Côte-Nord, qui feront selon lui les frais de la loi 33, qui met fin au placement syndical.

«C'est une loi qui ouvre grand la porte aux entreprises délinquantes [...]. C'est un retour assuré en arrière», s'est-il exprimé au sortir du palais de justice de Sept-Îles, où lui et l'entreprise Équipements Nordiques répondent à une plainte de discrimination syndicale à l'endroit d'un travailleur de la CSN.

Le représentant syndical, surnommé «Rambo», déplore que des entreprises de l'extérieur profiteront de cette loi pour contourner la convention des travailleurs de la construction. «Par exemple, il y a des entreprises qui embauchent un opérateur, mais lui font faire en plus l'ouvrage d'un journalier plutôt que d'embaucher deux gars. Elles sauvent alors des coûts.»

Des entrepreneurs accumuleraient aussi les heures supplémentaires des employés pour les payer plus tard en échange d'essence ou de pneus d'hiver neufs. D'autres iraient jusqu'à demander aux travailleurs de l'extérieur d'encaisser leur chèque de pension pour ensuite le redonner à l'employeur. «Ne vous demandez pas comment des entreprises de l'extérieur réussissent à soumissionner plus bas que des entrepreneurs d'ici [...]. La Côte-Nord est une des seules régions qui respectent encore la convention.»

Bernard Gauthier craint que la Commission de la construction du Québec ne soit pas apte à faire une surveillance adéquate des chantiers, en plus de s'occuper du placement. «Elle doit aller constater, faire une enquête, déposer des plaintes, je comprends, mais qui va gérer les pères et les mères de famille de la Côte-Nord pendant ce temps-là?» Selon lui, les sociétés minières, qui lancent de grands chantiers, devraient surveiller davantage les sous-traitants de l'extérieur afin qu'ils embauchent en priorité la main-d'oeuvre locale.

Retombées régionales

Le représentant ne se dit pas contre l'arrivée de travailleurs d'ailleurs au Québec, mais il souhaite avant tout que le maximum de Nord-Côtiers bénéficient des retombées des chantiers de la région.

Après 20 jours de procédures, la Commission des relations du travail poursuivra ses audiences en avril. Le plaignant dans cette histoire, Harold Richard, soutient avoir perdu son emploi en 2009 après son adhésion à la CSN. La Commission a accepté d'élargir son mandat, à la demande de la CSN, qui souhaite mettre en lumière un système d'intimidation et de discrimination syndicale exercé par les représentants de la FTQ.

Avec la collaboration de Steeve Paradis

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