De passage à Saguenay, mardi, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a annoncé que son gouvernement investira 36 millions $ dans une desserte ferroviaire. Le nouveau tronçon reliera le complexe portuaire de l'endroit au chemin de fer Roberval-Saguenay. Le communiqué précise que «l'investissement créera un lien ferroviaire vital pour l'industrie minière régionale».
Il y a quelques semaines, le président de Métaux BlackRock, Jean Rainville, a confirmé qu'il avait discuté avec les responsables des deux ports pour l'expédition du minerai de sa mine de fer, qu'il voit en production dès 2014. C'est la date à laquelle Ottawa prévoit achever les travaux pour installer les rails.
Il n'a pas été possible de parler à l'homme d'affaires, mardi, pour savoir s'il a décidé quel port sera retenu, maintenant qu'Ottawa a résolu d'investir à Saguenay. Le nouvel aménagement réduit de 280 kilomètres le transport du fer par train vers les minéraliers, par rapport à la distance pour atteindre le port de Québec.
En décembre, M. Rainville avait laissé entendre que Grande-Anse pouvait recevoir de plus gros vraquiers que Québec. Le problème de la capitale, avait-il laissé entendre, n'est pas son port comme le chenal au large de l'île d'Orléans.
Pour l'annonce, Stephen Harper était accompagné par Denis Lebel. Le ministre des Transports et des Infrastructures a été un des rares conservateurs du Québec à avoir conservé son siège, lors du scrutin du 2 mai, celui de Roberval-Lac-Saint-Jean.
Les promoteurs de BlackRock consacreront 670 millions $ pour la mine de fer, la toute première à ouvrir hors de la fosse du Labrador, où sont situées Fermont et Schefferville. L'investissement comprend l'aménagement d'un concentrateur.
Capitaux chinois
Dans un premier temps, l'entreprise produira 2,5 millions de tonnes de minerai de fer par an. Tout sera exporté en Chine. Les capitaux nécessaires au lancement du projet sont chinois pour plus de la moitié.
En point de presse pour son bilan annuel, Mario Girard, président-directeur général du port de Québec, ne s'est montré nullement offusqué par l'investissement fédéral. Selon lui, les ports du Saint-Laurent - Québec, Saguenay, mais aussi Montréal et Sept-Îles - ne sont pas en concurrence directe puisque le trafic se répartit plutôt équitablement entre les uns et les autres.
«Saguenay va pouvoir faire une partie du Plan Nord, a-t-il philosophé. Mais sans nouvelles infrastructures portuaires, ils ont une capacité minimale en termes de pieds et de capacité de sortir [le minerai]. Ici, on est déjà prêt.»
Avec la collaboration d'Annie Morin