Philippe Pibarot: un nouveau sommet

Philippe Pibarot s'est joint à l'Institut universitaire de... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Philippe Pibarot s'est joint à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (hôpital Laval) en 1998, où il dirige un laboratoire sur les maladies qui affectent les valvules du coeur.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

(Québec) Lauréat : Philippe Pibarot

 

 

 

Occasion : Chercheur émérite sur les maladies valvulaires, il a reçu le prix d'excellence de la Société canadienne de cardiologie

Philippe Pibarot aime atteindre des sommets, que ce soit comme chercheur émérite sur les maladies valvulaires du coeur à l'hôpital Laval ou comme alpiniste sur les cascades glacées de la chute Montmorency ou de la Pomme d'Or dans la vallée de la rivière Malbaie dans Charlevoix.

Il y a quelque temps, ses travaux des 15 dernières années et ceux de son équipe au centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec lui ont valu le prix d'excellence de la Société canadienne de cardiologie. C'est la première fois que ce prix est décerné à un chercheur ou à un médecin de la région de Québec. Il a reçu également un prix de la Société canadienne d'échographie du coeur.

«On a voulu souligner plusieurs contributions de notre groupe sur les maladies cardiovasculaires. Le prix m'est décerné, mais c'est le fruit des travaux d'une équipe extraordinaire», a dit le chercheur âgé de 47 ans.

Une de ces contributions a été de développer une façon d'implanter une prothèse valvulaire par cathéter sans avoir à ouvrir la cage thoracique du patient et ainsi éviter une chirurgie majeure. «J'aurais jamais pensé quand j'ai commencé ma carrière qu'on mettrait une prothèse de cette façon. Je me disais que c'était impossible, mais maintenant c'est possible. On a près de 200 patients par année à l'Institut qui se font mettre une prothèse par cathéter», a-t-il affirmé.

Au fil des ans, il a établi un lien entre le mauvais fonctionnement des valvules - qui sont les portes d'entrée et de sortie du coeur - et les mauvaises habitudes de vie qu'est le fait de ne pas faire suffisamment d'exercice, de ne pas avoir une bonne alimentation.

«On pensait que les maladies des valvules cardiaques étaient la conséquence inévitable du vieillissement. Or, on a découvert que ce n'était pas le cas. Si certaines habitudes de vie sont mauvaises pour nos artères, ça l'est aussi pour nos valvules. On peut éviter ces maladies en améliorant nos habitudes de vie», a avancé M. Pibarot.

Espoir d'un médicament

«La maladie va se développer deux à trois fois plus rapidement si vous avez de l'obésité abdominale. On a aussi remarqué que ça va provoquer une détérioration plus rapide des prothèses. Elles ne sont pas éternelles. Elles peuvent dégénérer», a-t-il poursuivi.

Le chercheur nourrit beaucoup d'espoir pour développer un médicament. Il croit que d'ici 10 ans, un médicament pour traiter les valvules défectueuses sera mis sur le marché.

«On est en train de resserrer le filet pour mieux comprendre les facteurs qui font que la maladie progresse. En les ayant identifiés, ça va nous permettre de développer des médicaments. On a déposé des brevets», a-t-il expliqué.

Au Québec, on estime qu'environ 2 % de la population souffre de maladies valvulaires. Cette proportion pourrait doubler au cours des prochaines années avec la hausse des cas d'obésité et de diabète. En Amérique du Nord, la sténose aortique, qui est la maladie valvulaire la plus fréquente, est la cause de 20 000 décès par année.

Il le reconnaît d'emblée.

Philippe Pibarot a eu un cheminement qu'on ne voit pas souvent. Il n'est pas médecin. Il a complété ses études en France vers la fin des années 80 pour devenir vétérinaire.

Par la suite, il a immigré au Québec pour poursuivre ses études à la faculté de médecine de Saint-Hyacinthe ainsi que assouvir sa passion pour l'escalade de parois glacées les fins de semaine.

«J'ai enseigné à la faculté de médecine vétérinaire et j'ai fait de la recherche un peu par hasard. J'ai commencé à travailler avec un groupe de recherche en médecine humaine du Dr Louis-Gilles Durand à l'Institut de recherche clinique de Montréal. À son contact, j'ai vraiment développé une passion en recherche en cardiologie humaine», a raconté M. Pibarot, qui détient un doctorat de recherche en cardiologie humaine.

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