Tout a commencé par une rivalité entre deux groupes de jeunes entrepreneurs passionnés par le même sujet : la bière. Finalement, un seul groupe, uni et complice, peut descendre une bonne bière à la santé du succès monstre du premier Festibière de Québec.
Rien ne destinait Alexandre Caron, Catherine Gagné, Sébastien Huot et Virginie Tardif à brasser des affaires ensemble. Il y avait le groupe des gars et celui des filles. Les premiers, Alexandre Caron, 35 ans, et Sébastien Huot, 30 ans, sont de vieux amis de travail, dans l'organisation d'événements. C'était la cinquième année qu'ils présentaient leur projet à la Ville de Québec et en avril, il est enfin accepté, mais ils n'ont que quelques mois pour tout organiser.
Le groupe des filles avait la même idée, mais il leur manquait un endroit. Cependant, Catherine Gagné, 30 ans, et Virginie Tardif, 31 ans, avaient fait leurs devoirs : plan d'affaires étoffé et visite de plusieurs festivals de bière, dont celui de Chambly, qui les a inspirées. Bref, les gars et les filles ne se connaissaient pas avant avril, ils se sont rencontrés dans les bureaux de la Ville, et une alliance est née.
«On leur a dit qu'ils avaient besoin de filles, là-dedans!», raconte en rigolant Catherine. Les filles font alors un pitch aux gars, qui sont séduits par leurs idées et surtout, leur passion, qui ressemble à la leur.
«On a été impressionné par ce qu'elles voulaient faire et elles nous ont prouvé qu'elles étaient motivées», admet Sébastien. La chimie s'installe vite entre les quatre jeunes gens d'affaires et ils comprennent que l'union fait la force. «Une semaine et on avait une entente», ajoute Alexandre. «On a vu qu'on se complétait bien, on avait chacun nos forces», explique Virginie, dite l'émotive du groupe.
En cinq mois, ils ont réussi à réunir, à l'Espace 400e, une trentaine de brasseurs, des exposants, des conférenciers, de la musique. Vrai que le Festibière a profité d'une température idéale, mais le succès de l'activité a dépassé les rêves les plus fous : on espérait 20 000 visiteurs, il en est venu 65 000. Certains brasseurs ont manqué de bière et on a dû recycler les coupons de dégustation. Une réussite sur toute la ligne.
Déjà l'an prochain
Les compères ne s'assoiront pas longtemps sur leurs lauriers, car on présente bientôt le cahier des charges pour le Festibière de l'an prochain, et le travail d'organisation débutera, fin septembre. L'idée, c'est de bonifier l'offre, tout en respectant les producteurs participants. Sans partir en peur. «On ne deviendra pas une foire alimentaire et on va continuer à prioriser les microbrasseries», confirment les associés. La bière demeurera le but de la fête. «Et on est bien conscient qu'on peut aussi être victime du mauvais temps», ajoute Alexandre, qui garde la tête froide.
Pour l'instant, Alexandre, Catherine, Sébastien et Virginie savourent leur réussite et la satisfaction d'avoir fait ce qu'ils voulaient : un événement festif, qui a plu aux gens.
«Quand l'attaché de presse du maire [Paul-Christian Nolin] est venu, il a dit : "Ce sont des événements comme ça qu'on veut, à Québec." Ça, ça m'a vraiment fait venir les larmes aux yeux», raconte Virginie, encore un peu émue. Ce qui fait éclater de rire les trois autres, qui lui rappellent, en la taquinant, qu'elle est bien l'émotive du groupe. Complices, on vous disait.