Dominique Goulet: une première couronnée de succès

Dominique Goulet est au Festival d'été de Québec... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dominique Goulet est au Festival d'été de Québec à New Richmond en fin de semaine. Elle aura ensuite droit à des vacances bien méritées, avant de s'asseoir avec son équipe pour faire le bilan de sa première programmation.

Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) Lauréate : Dominique Goulet
Occasion : l'énorme succès de son premier Festival d'été de Québec à titre de directrice de la programmation

Quand on lui demande à quoi elle a pensé en se couchant aux lendemains du 43e Festival d'été de Québec, Dominique Goulet, la nouvelle directrice de la programmation, sourit. «Franchement, je suis ben contente!»

Au-delà du travail de gestion, elle se réjouit que toute l'équipe ait réussi à mettre du petit gravy, le petit plus qui fait que les vedettes ont aimé leur passage chez nous. Le chanteur de Rammstein lui a même envoyé un texto pour la remercier et lui dire qu'il avait apprécié l'expérience. «C'est gratifiant... et surtout, ça finit par se dire et ça fait boule de neige.»

Des agents d'artistes de réputation internationale ont d'ailleurs commencé à la contacter. Le Festival s'inscrit de plus en plus dans les cahiers de tournée. Pour l'an prochain, elle ne s'attend pas nécessairement à avoir quelque chose d'aussi unique que le groupe allemand Rammstein qui, comme Bérurier Noir en 2004, a pris des allures de véritable événement. Mais on ne sait pas ce que la vie réserve. Et en discutant avec Dominique Goulet, on se rend bien compte que la femme de 42 ans sait de quoi elle cause, qu'elle est bien en selle et que les projets n'ont pas de limites pour elle.

Alors que les festivités ont connu un énorme succès cette année avec la vente record de 150 000 laissez-passer et un achalandage qui devait frôler 1,5 million, elle ne cache pas une certaine anxiété pour la suite des choses. «Mais ça ne m'empêche pas de dormir.»

À voir où elle est rendue aujourd'hui, à brasser de gros con­trats dans un monde plutôt masculin, on se demande quel genre de parcours elle a connu. Née dans la capitale d'une mère venant du Vieux-Québec et d'un père de l'île d'Orléans, Dominique Goulet est très attachée à sa ville. Elle baigne dans le milieu artistique depuis son premier emploi au Théâtre La Fenière. Elle a aussi travaillé au Théâtre du Bois de Coulonge et au Grand Théâtre.

Elle a ensuite fait un baccalauréat en communication à l'Université Laval (dont une année d'étude à Aix-en-Provence). Puis faute de boulot dans le milieu, elle a entrepris un deuxième bac en nursing. «Je voulais faire médecin sans frontières.» En cours de route, elle se fait happer par le Festival d'été, qui l'engage dans l'équipe des communications. Nous sommes en 1994.

«Rapidement, je me suis aperçue que les coms, ce n'était vraiment pas ma tasse de thé.» C'est alors qu'elle est passée du côté de la programmation avec Jean Beauchesne. Elle est devenue le bras droit du grand manitou en 1999. De son mentor, elle raconte qu'il était une mine sans fond de connaissances et de contacts, quelqu'un de très persévérant et pas du tout avare de ses connaissances. «Je suis ici grâce à Jean. Je sais ce que je sais grâce à lui. Ces dernières années, il me poussait, me mettait de l'avant, ce qui m'a permis de prendre de l'assurance.» Elle occupe sa place depuis l'automne dernier.

De quelle façon a-t-elle mis sa couleur, sa touche personnelle? «Par le côté très festif, tout genre et génération confondus. Les mots festivité et diversité revenaient beaucoup dans les objectifs que j'avais.»

Si elle gardera cette signature, il lui est cependant difficile à ce stade-ci de parler de ses prochains défis. «Je n'ai pas encore fait le post-mortem de cette année.» Elle veut s'asseoir avec Michel Barrette, qui s'occupe de la programmation des arts de la rue du Festival. Elle fera aussi le point avec Karkwa, à qui elle a donné carte blanche (le groupe a invité en concert Elvis Perkins in Dearland et Land of Talk), une formule qu'elle aimerait davantage exploiter «sans alourdir la machine».

Quant au volet francophone, qui a fait couler beaucoup d'encre pour sa moindre représentation, Dominique Goulet s'explique encore mal le débat. «On ne booke pas par rapport à la langue», tranche-t-elle.

Ses coups de coeur musicaux de la dernière année vont d'ailleurs dans tous les sens, sans égard à l'origine des artistes : Allen Toussaint, l'une des figures les plus influentes du R&B façon Nouvelle-Orléans, la formation Chicha Libre, qui puise son influence dans la musique de l'Amazonie péruvienne et qu'elle a énormément écoutée dans sa voiture, et le Québécois Shampouing, avec son rock électrique teinté de blues ou de folk.

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