Un «Expedia» de la mobilité en développement à Québec

Le maire Régis Labeaume a défendu un échéancier... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le maire Régis Labeaume a défendu un échéancier de deux ans pour jeter les bases de ce nouvel «algorithme» qui «révolutionnera» les transports à Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) se met au travail pour développer un «Expedia» de la mobilité pour l'agglomération de Québec. Les contours en seront dessinés d'ici deux ans et dévoilés en même temps que la prochaine version du réseau structurant de transport collectif sur laquelle planche aussi l'administration Labeaume.

Mardi, le président du RTC, Rémy Normand, est allé plus loin dans la présentation du concept de mobilité intégrée que son organisation veut importer à Québec. «Nous aurons un Expedia de la mobilité où le client achètera ses options sur la base d'un forfait ou à la carte», a-t-il résumé mardi, à la toute fin du Sommet international sur la mobilité qui se tenait au Centre de foires d'ExpoCité.

Avant de bâtir des forfaits, il faut toutefois développer une plateforme technologique qui déclinera toutes les offres de transport de l'agglomération de Québec - du bus au vélo en passant par le taxi et l'autopartage - et proposera des parcours sur mesure pouvant être réservés et payés en quelques clics. 

Le téléphone intelligent est le premier support visé, mais le RTC veut également multiplier sur le terrain les bornes d'information qui permettent déjà d'accéder à son application Nomade temps réel. 

«Le RTC compte faire appel au secteur privé puisqu'il ne peut à lui seul opérer toutes ces options, mais il peut à coup sûr tenir le rôle de la coordination de l'ensemble de celles-ci», a précisé M. Normand, convaincu qu'il revient au transporteur public de proposer un «guichet unique» aux citoyens. 

Le maire Régis Labeaume a défendu un échéancier de deux ans pour jeter les bases de ce nouvel «algorithme» qui «révolutionnera» les transports à Québec. «Ceci dit, pour être bien honnête, l'intégration, ça se fait graduellement. Tu n'intègres pas tout le monde du jour au lendemain. C'est juste que la base de l'intégration, c'est la technologie. Le défi, c'est la technologie», a-t-il tempéré ensuite. 

Deux ans, c'est le même temps que le maire Labeaume entend consacrer, s'il est réélu, à la conception d'un réseau structurant de transport en commun. Cet échéancier, il le qualifie de «raisonnable» et «même rapide» considérant ce qu'il entrevoit comme travail à abattre. «J'annonce aux petits magiciens que ce n'est pas possible de concocter un système sur le coin de la table en deux semaines», a-t-il martelé à quelques reprises. 

Dans son discours public, M. Labeaume continue de se tenir loin du service rapide par bus (SRB), abandonné ce printemps après le retrait de la Ville de Lévis. «Ce n'est pas un projet, ce n'est pas un plan. C'est un moyen comme d'autres moyens», a-t-il insisté mardi. 

Répliquant à l'expert Jarrett Walker qui dénigrait les élargissements d'autoroutes menant vers un centre-ville, le maire de Québec a qualifié les interventions des dernières et des prochaines années sur Robert-Bourassa, Henri-IV et Laurentienne de «reconfigurations». «On reconfigure ces voies-là pour qu'elles soient plus facilement praticables», a-t-il dit, en référence aux réaménagements de bretelles... accompagnés d'ajouts de voies de circulation. 

Le directeur général d'Accès transports viables et membre du plus récent comité consultatif sur la mobilité, Étienne Grandmont, qualifie d'«assez long» l'échéancier de deux ans auquel colle l'administration Labeaume. «Ça fait quand même trois consultations qu'on fait en dix ans. Il y a quand même eu beaucoup de jus de cerveau qui a été utilisé pour élaborer le meilleur service de transport en commun structurant pour Québec. On sait un peu qu'est-ce qu'on veut avoir», a-t-il commenté mardi. 

Il s'est par ailleurs montré enthousiaste face au développement d'une plateforme technologique de mobilité intégrée. Selon lui, cela pourrait amener une tarification avantageuse pour les consommateurs. 

Le candidat à la mairie Jean-François Gosselin est moins délicat. «C'est assez clair que le maire s'en va en campagne électorale en demandant un chèque en blanc. Il nous parle d'un projet structurant, il ne nous dit pas c'est quoi, il ne dit pas combien ça va coûter», a-t-il critiqué. 

Du côté de Québec 21, le projet structurant, c'est un troisième lien routier Québec-Lévis, a répété M. Gosselin. «Il pourrait y avoir du transport en commun pour que les gens de Lévis puissent traverser», a-t-il souligné. 

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a utilisé la même expression de «chèque en blanc» dans un communiqué de presse. «Après 10 ans d'inaction, de décisions précipitées, de reculs et plus de 15 millions d'argent public dépensé, la population est en droit de savoir quelle solution l'administration sortante propose afin de mettre fin à la congestion sans cesse grandissante. Les tergiversations et les valses-hésitations ont assez duré», a-t-elle déclaré.

Ouverture pour un consensus dans le taxi

L'industrie du taxi de Québec et l'homme d'affaires montréalais Alexandre Taillefer sont prêts à revoir ensemble le modèle des permis de taxi avec l'objectif partagé de contrecarrer Uber.

Rencontre inattendue, mardi, entre le président de Téo Taxi, Alexandre Taillefer, et le porte-parole du Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy. Les deux hommes, qui se connaissent par l'intermédiaire des médias, sont tombés l'un sur l'autre au détour du Sommet international sur la mobilité tenu à Québec. Ils ont échangé une bonne poignée de main et ont convenu de rediscuter de leurs propositions respectives pour relancer l'industrie du taxi.

Le mois dernier, alors que M. Taillefer et ses alliés montréalais proposaient d'assouplir les règles d'utilisation des permis en créant un statut de taxi amateur, les représentants de Québec et des régions dénonçaient les dangers d'un «système à deux vitesses». 

«L'important pour nous, c'est de protéger les intérêts de l'industrie du taxi, s'assurer qu'il y ait une équité qui existe entre les différents joueurs qui veulent être dans l'industrie. On a toujours défendu ça et j'espère aujourd'hui une ouverture de la part de M. Homsy pour qu'on fasse un front commun», a déclaré le président de Téo Taxi, après la poignée de main. 

Selon lui, la froideur des taxis de Québec à son endroit est due à la crainte qu'il se bâtisse un monopole. Ce dont il se défend. «Notre ennemi commun, c'est Uber. Il faut qu'on trouve aujourd'hui comment ces gens-là vont respecter le cadre législatif, réglementaire, les permis. La proposition qu'on a fait est innovatrice. Je pense qu'elle a beaucoup de mérite. Il faut mieux l'expliquer, faire comprendre aux chauffeurs qu'ils vont avoir la capacité d'exploiter leur permis, de continuer à faire de l'argent et que c'est une façon de maintenir la valeur des permis», a-t-il développé. 

Abdallah Homsy a pour sa part reconnu que son adversaire d'hier «fait une bonne job pour défendre les points des chauffeurs et des propriétaires» de taxis. «Nous, on n'est pas fermés à discuter», a-t-il indiqué. M. Homsy a souligné que les divergences entre les deux clans concernent les moyens - et non la volonté - de sauver l'industrie. «Il [M. Taillefer] a bien souligné qu'il est contre la manière sauvage dont Uber travaille», ce qui constitue pour le RITQ un bon point de départ.

Un bus à deux étages rappelé au bon souvenir de Québec

Un autobus à deux étages du fabricant britannique Alexander Dennis est de retour à Québec cette semaine. Pas pour parcourir les routes de la capitale, mais plutôt pour illustrer le principe «un client, une place assise» que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) veut mousser pour ses parcours express.

L'autobus de fort gabarit (4,1 mètres de haut) était exposé au Centre de foires d'ExpoCité lundi et mardi, le temps du Sommet international sur la mobilité. Mercredi, il sera garé à l'Université Laval, près de la station de la Médecine, et accessible pour une visite entre 7 h et 9 h30, puis entre 11 h et 14 h. On le retrouvera ensuite près du Grand Théâtre, entre 15 h et 17 h 30.

En mars 2013, Alexander Dennis, manufacturier des fameux autobus rouges de Londres, avait prêté un autobus à deux étages au RTC pour une mise à l'épreuve en bonne et due forme. 

Le bus offrant vue panoramique et accès wi-fi avait été testé sur deux parcours express afin de mettre à profit ses 82 places assises. Les usagers avaient formulé d'excellents commentaires. Le RTC se donnait alors un an pour évaluer ses besoins, les coûts d'achat et d'entretien des véhicules ainsi que les ajustements nécessaires à ses garages. Mais il n'y a pas eu de commande placée depuis. 

Julie Drolet, porte-parole du RTC, a expliqué au Soleil que le transporteur s'est vu offrir la possibilité de ramener le bus à Québec pour quelques jours. Il a été convenu de le mettre en valeur lors du sommet et de le faire visiter à deux points chauds du réseau. «C'est une bonne façon de présenter le principe

«un client, une place assise» mis de l'avant pendant la consultation publique sur le réseau de l'avenir», a fait valoir Mme Drolet, précisant qu'aucun contrat n'est conclu pour autant avec le fabricant. 

Le directeur général du RTC, Alain Mercier, a tout de même dévoilé au micro son grand intérêt pour le bus surdimensionné. «On espère de le voir sur les routes de Québec. Apparemment, il passe sous les ponts de [la rue] Soumande», a-t-il lancé.




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