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Labeaume: «Ce geste ne ressemble pas à Québec»

Le maire Régis Labeaume est «profondément déçu» des... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le maire Régis Labeaume est «profondément déçu» des nouveaux gestes contre la communauté musulmane de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le maire Régis Labeaume est «profondément déçu» et «inquiet» que de nouveaux gestes qualifiés de «haineux» aient été commis contre la communauté musulmane de la capitale. Cela «ne ressemble pas à Québec», a-t-il déclaré, mercredi, lors d'un point de presse où il a répété que les musulmans «sont nos voisins et nous les aimons».

Le politicien sait depuis le 7 août que l'automobile du président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) a été incendiée. Il a été mis au courant par la police en raison du caractère potentiellement politique et explosif de la situation.

«Nous avons alors convenu de garder le silence sur l'événement afin de permettre à l'enquête de progresser. Les membres du Centre culturel ont finalement décidé de rendre l'information publique et m'en ont informé au préalable», a raconté M. Labeaume, lisant ses notes sur un lutrin à l'entrée de l'hôtel de ville. 

«J'ai été et je suis toujours profondément déçu et sous le choc d'apprendre ce geste haineux posé contre M. Labidi, d'autant plus que ce crime a été perpétré au lendemain de l'annonce que nous avons faite ensemble concernant la transaction qui permettait la création d'un cimetière musulman à Québec», a élaboré le maire. Y a-t-il un lien entre les deux? «Je serais surpris qu'il n'y en ait pas», a-t-il précisé plus tard. 

«Ce geste que nous condamnons absolument et totalement ne ressemble pas à Québec. Québec est une ville ouverte et tous et toutes doivent pouvoir vivre ensemble en sécurité et dans le respect», a martelé l'élu municipal, invitant ses concitoyens à demeurer «unis et solidaires». 

Pendant la période de questions en anglais, il a relancé ce message d'unité, après s'être avoué «inquiet» à plusieurs reprises. 

La Ville de Québec a offert «tout le soutien nécessaire» aux personnes visées, a assuré M. Labeaume. Il n'a pas donné de détails sur l'enquête, mais assuré que les policiers ont tous les moyens pour faire leur travail. 

Régis Labeaume a répété au cours des derniers mois que la tuerie du 29 janvier, qui a fait six morts à la mosquée de Québec, était l'acte isolé d'un homme déséquilibré. Mercredi, il a admis que les gestes «s'additionnent». «Ça ne peut pas devenir un pattern. Ça nous préoccupe beaucoup, beaucoup, beaucoup. Le 29 janvier, c'était un geste isolé et là, vous avez un nouveau geste isolé», a-t-il dénoncé. 

L'inquiétude est grande dans la communauté musulmane, a rapporté le maire. Le silence était devenu difficile à tenir et la décision a été prise par le CCIQ d'informer la population. La Ville de Québec ne s'est pas opposée.

Les élus doivent «donner l'exemple»

Commentant l'incendie ayant détruit la voiture du président... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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Commentant l'incendie ayant détruit la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec, le ministre François Blais s'est dit très inquiet de la montée de l'intolérance dans la région de Québec.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Le ministre François Blais invite la classe politique à «baisser le ton» et à «montrer des signes d'ouverture». Son collègue Martin Coiteux affirme qu'elle doit «donner l'exemple».

Le responsable de la capitale nationale au sein du gouvernement Couillard se dit très inquiet devant la montée de l'intolérance et la perpétration de crimes contre la communauté musulmane à Québec.

«Ce sont des événements qui s'additionnent et il y a des raisons en ce moment de s'inquiéter dans la région de Québec de tout ce qui s'est passé depuis quelques mois», a déclaré François Blais en commentant l'incendie ayant détruit la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec.

Les responsables politiques doivent «expliquer aux gens la complexité des choses, l'importance d'aller vers les autres, de comprendre et d'accepter la différence. Ce sont des choses comme celles-là que la classe politique peut faire pour donner un coup de main».

La diversité ne représente ni une menace, ni un danger, a-t-il tenu à dire.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a pris soin de préciser que rien ne prouve encore qu'il s'agit d'un crime haineux, mais que ce serait grave si c'était le cas. «Un crime, c'est inacceptable, mais un crime haineux, c'est encore plus inacceptable», car il vise des gens pour leur appartenance à une communauté, à une religion ou en raison de la couleur de leur peau, a-t-il expliqué.

Les responsables politiques doivent «donner l'exemple, c'est très important», selon M. Coiteux. Ils doivent «faire valoir cette idée d'ouverture, de tolérance et d'inclusion».

Lui et M. Blais ont évité d'identifier des responsables politiques qui n'agiraient pas à leurs yeux comme ils le devraient.

Dénonciations et inquiétudes

Pour le péquiste Jean-François Lisée, c'est «un geste de violence inacceptable» qui a été commis contre le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi. C'est ce qu'il a déclaré sur Twitter en appelant les Québécois à être «unis dans la dénonciation».

En point de presse, M. Lisée a évoqué une éventuelle récupération politique par ses adversaires de tels actes de violence.

Dans un message également lancé sur Twitter, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit «dénoncer ce geste répugnant».

Québec solidaire croit que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont minimisé la progression de l'extrême droite au Québec. Aux yeux de la députée Manon Massé, sa «montée» est «indéniable». Elle en appelle à une mobilisation de la classe politique.

«Cette accumulation d'incidents haineux envers la communauté musulmane de Québec dans les derniers mois est angoissante. Est-ce que je dois rappeler que cette même communauté a été victime d'un attentat ayant coûté la vie à six personnes pas plus tard qu'en janvier dernier?»

«Il ne fait aucun doute que l'extrême droite existe au Québec», dit Manon Massé en pressant tous les politiciens «d'agir résolument contre la haine».  Jean-Marc Salvet

«C'est peut-être lui qui l'a [...] fait flamber», dit «Rambo»

Le porte-parole du parti Citoyens au pouvoir, le leader syndical de la Côte-Nord Bernard «Rambo» Gauthier, a publiquement douté de la véracité de l'incendie criminel de la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi. 

Celui qui briguera les suffrages aux élections provinciales de 2018 a publié un message sans équivoque mercredi sur sa page Facebook. 

«Si ça s'trouve, c'est peut-être lui qui l'a, ou fait flamber!! Méchant québécois «RACISTE». N'importe quoi au nom du sensationnalisme!» a écrit Bernard Gauthier en référence au reportage de Radio-Canada à ce sujet. Il reproche par ailleurs à la journaliste d'utiliser les termes «attentat» ou «acte terroriste». 

Le porte-parole du parti Citoyens au pouvoir a récemment indiqué que la ligne de pensée du groupe identitaire La Meute le rejoignait et qu'il faisait partie de son groupe Facebook depuis sa fondation. «Je lis un peu ce qu'ils font, je ne peux pas dire que je suis d'accord avec tout ce qu'ils disent parce que je ne lis pas tout», avait confié Bernard Gauthier au Soleil plus tôt au mois d'août.  Jean-Frédéric Moreau




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