Singh n'a pas aimé voir un homme blessé

Le militant altermondialiste Jaggi Singh a été arrêté... (Photo Caroline Grégoire, archives Le Soleil)

Agrandir

Le militant altermondialiste Jaggi Singh a été arrêté lors de la manifestation pro-immigration à Québec, dimanche.

Photo Caroline Grégoire, archives Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Arrêté, puis relâché lors d'une manifestation contre le groupuscule d'extrême droite La Meute dimanche, le militant altermondialiste Jaggi Singh a avoué ne pas avoir aimé voir un homme blessé par des gens de son camp.

«Je veux parler à mes camarades, savoir vraiment ce qui s'est passé, je veux savoir les circonstances de cette violence. Mais de ce que j'en sais, ce sont des médics de notre manif qui se sont occupés de le soigner aussi», a déclaré Singh, organisateur pour l'organisme Solidarité sans Frontière, en entrevue avec Le Soleil.

Singh a avoué qu'il n'avait pas aimé voir l'homme blessé. «C'est une photo qu'on n'aime pas voir, un homme blessé comme ça. Moi, je n'ai pas vu comment c'était arrivé, je n'étais pas là quand ça s'est produit.»

Arrêté par la police devant l'édifice Marie-Guyart, puis relâché, Jaggi Singh, un habitué des manifestations depuis deux décennies, assume les conséquences de ses actes. «Quand l'antiémeute a poussé les gens, je n'ai pas collaboré, je n'ai pas quitté. Je ne suis pas une victime, j'ai refusé de céder ma place à l'antiémeute», commente-t-il. 

«Je n'ai aucune honte d'avoir été arrêté. Les policiers ont d'abord dit que je serais accusé d'entrave et de participation à une manifestation illégale, mais à la fin ils ont dit que je n'aurais pas d'accusation criminelle, peut-être une contravention par la poste», a-t-il poursuivi.

Résident de Montréal, Jaggi Singh ne regrette aucunement de s'être pointé à Québec pour manifester contre La Meute. «Il fallait protester contre le racisme et la haine, c'est pour ça que nous nous sommes mobilisés à Montréal pour venir à Québec. C'est parce que ce n'est pas tolérable, cette montée de la haine», a-t-il ajouté, qualifiant de «paramilitaires» les tactiques de La Meute parce qu'elle avait caché le lieu de sa manifestation jusqu'à la dernière minute.

Plus tard en soirée lundi, Singh a répliqué au maire de Québec, Régis Labeaume, qui a dit que pour la «bande de Jaggi Singh» la violence serait un «moyen d'expression légitime, ce qui est complètement crétin» et qu'il n'était pas le bienvenu à Québec. Sur sa page Facebook, le militant a écrit que «le maire de Québec outrepasse ses pouvoirs s'il pense qu'il peut décider si moi, ou qui que ce soit, est le bienvenu dans sa ville» et qu'il compte participer aux prochaines manifestations qui auront lieu dans la capitale. 

Singh a aussi écrit que le maire Labeaume devrait «réfléchir à sa propre complicité et sa responsabilité par rapport au climat xénophobe actuel» à Québec. 

Pas de condamnation

De son côté, Pablo Roy-Rojas, porte-parole de la manifestation antiraciste pacifique qui a démarré à la place d'Youville pour se rendre devant l'Assemblée nationale, n'a pas dénoncé les gestes de violence posés par les militants plus radicaux devant l'édifice Marie-Guyart.

«Notre manifestation à nous a été calme et paisible. Nous n'avons pas recommandé ces gestes et ne les avons pas incités. Cependant, ce que d'autres gens font n'est pas de notre responsabilité. On ne peut pas tout contrôler ce que les gens peuvent faire», a-t-il déclaré au Soleil.

«Moi, je crois plutôt que c'est le contexte politique qui a mené à ça. Le mouvement antiraciste n'est pas homogène. Certaines manifestations, comme la nôtre, sont plus calmes, alors que d'autres militants font davantage dans l'action directe», a-t-il poursuivi, faisant un parallèle avec la droite.

«C'est la même chose du côté de la droite d'ailleurs. Il y a des groupes qui font de l'intimidation physique alors que d'autres, comme La Meute, se disent non violents», a-t-il conclu ajoutant qu'on ne trouvait aucun militant masqué dans sa manifestation.

«Nous avions même des gens de Bienvenue aux réfugiés, d'Amnistie internationale et d'Option nationale qui se sont joint à nous. Des «black blocs», des gens masqués et préparés pour la baston, il n'y en avait pas au carré d'Youville. C'est dommage qu'on n'en ait pas parlé!» Avec Jean-Frédéric Moreau




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer