Crise migratoire et groupes extrémistes: Guérette joue de prudence

Anne Guérette, la chef de l'opposition à l'hôtel... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Anne Guérette, la chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec, a dû marché sur des oeufs à la suite de questions posées par des journalistes, mercredi, lors d'un point de presse que son équipe avait convoqué.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La crise migratoire échauffe les esprits sur la scène politique municipale de Québec. Profitant des vacances de Régis Labeaume, deux aspirants déclarés à la mairie ont appelé les citoyens de la capitale à la tolérance. Anne Guérette a toutefois dû s'y reprendre par deux fois pour condamner les agissements de groupes associés à l'extrême droite.

La chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec a lancé le bal mercredi avant-midi. Son cabinet a convoqué les médias au coin de deux rues résidentielles de Sillery pour «commenter les événements entourant la bannière anti-immigration» qui a fait une brève apparition dans le paysage lundi. 

Après l'appel du premier ministre du Québec à la prudence, Anne Guérette a invité tous les citoyens de Québec à la tolérance sur les questions d'immigration, incluant les partisans de La Meute et d'Atalante qu'elle a refusé de condamner dans un premier temps. 

«C'est un sujet chaud, c'est un sujet qui vient toucher les émotions, mais soyons tolérants, soyons ouverts. Prenons le temps d'écouter tout le monde aussi pour ne pas trop s'énerver non plus. Je pense que comme maire, on a la responsabilité justement d'appeler à la tolérance et de rassurer nos citoyens qu'on s'en occupe, c'est un enjeu important», a déclaré la chef de Démocratie Québec. 

Interrogée spécifiquement sur l'utilisation du mot #remigration, qui réfère au renvoi des immigrants dans leur pays d'origine, Mme Guérette a joué de prudence. «Tout ce qui s'appelle extrémisme, manque de respect, on n'est pas en appui à ça, c'est certain», a-t-elle d'abord affirmé. 

Questionnée à savoir si elle considérait les groupes La Meute et Atalante comme extrémistes, la politicienne a hésité. «Je n'irais pas jusqu'à dire ça pour l'instant. On va voir, on espère qu'ils vont faire les choses de façon correcte», a-t-elle répondu. «On va leur demander de travailler de façon respectueuse. Ils ont droit à leur opinion, mais ils ne peuvent pas alimenter la haine et le désordre public», a-t-elle ajouté. 

Il y a un mois, le maire Régis Labeaume a condamné vigoureusement les agissements des membres de La Meute, qu'il a qualifiés d'«hurluberlus». «Ça me dégoûte de voir ça parader en ville. Dans les pays où il s'est créé des milices, ça n'a jamais été de belles histoires. (...) Moi, je n'accepte pas ça. Idéologiquement, ça me pue au nez des groupes comme ça», a-t-il déclaré. 

Mme Guérette considère que son adversaire a alors «alimenté l'escalade» et a refusé, elle, de «mettre de l'huile sur le feu». 

Mais après avoir constaté que le message du jour passait mal la rampe médiatique, son équipe de campagne a réinvité les médias sur le même coin de rue. Dans une déclaration de trois minutes, où les questions n'étaient pas bienvenues, la chef de l'opposition a tenu à préciser sa pensée. «Bien clairement, nous condamnons toute forme de racisme, nous condamnons toute forme d'intolérance, nous condamnons tout groupe raciste», a lancé Mme Guérette, visant spécifiquement La Meute et Atalante. 

Puis elle a fait ressortir la «diversité» de son équipe politique, flanquée de six candidats aux origines africaines, colombiennes et françaises. «Nos valeurs à Démocratie Québec, ce sont justement des valeurs d'inclusion, d'intégration, de respect, d'ouverture. C'est fondamental pour nous, c'est dans notre ADN», a-t-elle déclaré sous les regards satisfaits de ses collaborateurs. 

Gosselin réagit via Facebook

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a pour sa part utilisé Facebook pour «réagir clairement aux mouvances extrémistes inquiétantes». Selon lui, le maire Labeaume devrait condamner les messages appelant au rejet des immigrants et appeler au calme. 

«Je ne suis pas d'accord avec une bannière comme ça et j'étais bien content de voir que des gens ont décidé de l'enlever de leur propre chef», a-t-il dit en entrevue téléphonique à propos du coup d'éclat attribué à Atalante. «Quand il y a un manque de leadership des leaders politiques, ça amène des débordements», a-t-il insisté. 

M. Gosselin ne s'estime pas outillé pour dire si La Meute et Atalante sont des groupes extrémistes. «Je ne les connais pas. Moi, les étiquettes gauche droite, j'aime pas ben ben ça. J'y vais plus sur le message, les idées, les opinions», mentionne-t-il. 

Quant au maire de Québec, il est en vacances et personne au cabinet n'a retourné notre appel visant à connaître sa position sur les derniers événements.




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