Fêtes de la Nouvelle-France: piquée par le fléché

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Au parc de la Cetière, Yvette Michelin partage sa passion pour le fléché et déboulonne les mythes s'y rattachant.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Fanny Lévesque</p>

(Québec) «J'aime dire que j'ai été piquée par une flèche.» Au parc de la Cetière, Yvette Michelin trouve un coin à l'ombre pour parler de sa passion : le fléché.

«La ceinture fléchée n'a pas été inventée avec le Carnaval», assure celle qui enseigne cet art né au 18e siècle au Centre d'arts textiles La Maison Routier depuis 2006. «C'était par besoin pour garder le manteau fermé. C'était utilitaire. Mais, c'était tellement beau que ç'a pris de la valeur et c'est devenu un élément du costume.» 

En plein coeur des festivités de la Nouvelle-France, Mme Michelin et une comparse déboulonnent les mythes entourant le fléché. Elles tressent aux doigts sous les yeux des curieux rassemblés devant le petit kiosque. «Il y a beaucoup de préjugés sur la ceinture fléchée. On ne sait pas que c'est un art raffiné, on ne sait pas que c'est unique au monde.»

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Le fléché est inspiré du chevron qui pouvait servir à l'époque de jarretière pour maintenir les bas des hommes en place.

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Le fléché serait possiblement une technique développée par les Ursulines après la Conquête. Il est inspiré du chevron qui pouvait servir à l'époque de jarretière pour maintenir les bas des hommes en place. «Qu'une personne ait eu le génie de penser à changer les fils de trame pour en faire quelque chose de beau, c'est impressionnant.» 

«Un art qui se perdait»

Yvette Michelin a acheté sa première ceinture fléchée au Carnaval quand elle avait 14 ans. Elle apprendra ensuite que sa mère avait reçu le précieux enseignement des Ursulines. Mais, Mme Michelin dut attendre 15 ans avant de dénicher un professeur qui lui montra à son tour. «Après Expo 67, on a redécouvert notre artisanat», se souvient-elle. 

«Je n'ai jamais arrêté. C'est un art qui se perdait, bien peu de personnes le pratiquaient», assure la «flécherande». C'est elle qui a d'ailleurs inventé le mot qualifiant la profession, maintenant reconnue dans le grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française. «C'est venu de tisserande et de flèche», confie-t-elle. 

Dans les années 2000, Mme Michelin est revenue à Québec pour transmettre son art. «Après la perte d'une amie, je me suis rendu compte qu'il n'y avait personne derrière moi qui l'enseignait», raconte-t-elle avec émotion. «Je me suis sentie investie d'une mission [...] J'ai découvert que l'enseignement était aussi important.» 

«Quand on regarde, qu'on comprend [le fléché], on ne peut pas faire autrement qu'être admiratif et dire chapeau à nos ancêtres», résume l'artisane. Cette amoureuse du fléché sera au parc de la Cetière pour la durée des Fêtes de la Nouvelle-France, qui battent leur plein jusqu'à dimanche dans le petit Champlain. Pour info : nouvellefrance.qc.ca

***

Les métiers historiques à l'honneur

Les métiers historiques sont à l'honneur pour la 21e édition des Fêtes de la Nouvelle-France. Le parc de la Cetière en offre quelques-uns où, à travers les habitudes quotidiennes des premiers colons, il est possible d'en apprendre plus sur l'époque.

Julie Leclerc, alias Madame Kee Vanne, révèle les... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 4.0

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Julie Leclerc, alias Madame Kee Vanne, révèle les secrets des fabricants de balais.

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Près de la place Royale, les amateurs découvraient un forgeron qui pratique encore le métier. À sa droite, Julie Leclerc, alias Madame Kee Vanne, révélait les secrets des fabricants de balais. Venue de Saint-André de Kamouraska, la jeune femme se fait une mission de perpétuer l'histoire de ses ancêtres.

«La légende du balai, c'est qu'un brin de balai et son jonc représentent une personne avec sa personnalité et quand t'es tout seul dans la vie, tu te fais brasser. Donc, le tressage était pour ça, pour faire son réseau social», explique-t-elle. Sous le regard des petits et grands, elle confectionne balais, balayettes et petites brosses. 

La fibre du balai viendrait d'Afrique et aurait été importée par Benjamin Franklin au XVIIe siècle, indique l'artisane. Elle a poussé depuis dans les champs du Québec. «De participer aux Fêtes de la Nouvelle-France, oui il y a peut-être un côté carnavalesque, mais il y a aussi des gens qui travaillent fort» pour la mémoire.




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