Musicien de rue... à 14 ans

Même s'il joue du piano depuis l'âge de... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Même s'il joue du piano depuis l'âge de cinq ans, Félix est aussi un grand sportif. Il a notamment été champion du Québec pee-wee de vélo de montagne. Il joue au hockey et fait du patin de vitesse.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Félix Bouchard vit un été pas comme les autres. À 14 ans, il a décroché son permis d'amuseur public de la Ville de Québec et joue du piano pour le plaisir des passants à la porte Saint-Jean. «C'est bien plus payant que de faire de la vaisselle!»

Jeudi après-midi, soleil radieux, touristes relax. Casquette vissée sur la tête, espadrilles aux pieds, Félix enfile les morceaux sans dire mot à l'ombre des remparts. Bon joueur, dans tous les sens de l'expression, il fait un petit signe de la tête quand l'argent tombe dans le pot de verre qui fait office de chapeau.

Après une heure à s'évertuer, c'est la pause. Félix répond à nos questions sans gêne ni détour. Manifestement, ce premier job d'été lui plaît. 

L'adolescent a décidé de tenter sa chance pour un permis d'amuseur musicien après avoir vu un garçon de son âge s'évertuer dans les rues du Vieux-Québec. «J'ai vu son pot plein d'argent et je me suis dit que je pourrais faire ça moi aussi», raconte-t-il. 

Félix se savait compétent. Il joue du piano depuis l'âge de cinq ans et suit le programme de l'école préparatoire de musique de l'Université Laval. Il pratique tous les jours, minimum 40 minutes, suit des cours privés. 

Comme la Ville de Québec exige une liste de 25 pièces pour jouer dans la rue, il lui aura tout de même fallu enrichir son répertoire. Il s'est aperçu avec l'expérience - il joue depuis le début du mois de juillet - que les musiques de film (Twilight, Amélie Poulain, etc.) sont les plus populaires. «Quand je vois qu'il y a plein de monde qui arrive, je lance mes meilleures», raconte-t-il. 

Le pianiste est très satisfait de sa paie : exactement 142 $ en trois heures de travail dès la première journée et un record quotidien frôlant les 500 $. «Ça n'a pas de sens. Il y a des gens qui se défoncent au travail, et je gagne plus qu'eux. Ça n'a pas de sens», lance-t-il, à la limite du choc et de l'amusement. 

Grâce à son jeune âge

Humble, Félix croit que sa popularité est en grande partie due à son jeune âge. Il suffit en effet d'assister à sa prestation pour voir les regards tendres des parents et des grands-parents et ceux remplis d'admiration des autres enfants. «J'en profite pendant que ça passe», dit le principal intéressé. 

Que fera-t-il des milliers de dollars gagnés cet été? Les projets ne manquent pas. D'abord, le jeune homme veut payer ses études. Ensuite, acheter un piano à queue, faire des voyages. Une partie de ses profits seront aussi réinvestis dans un clavier et un ampli plus performants pour l'an prochain. Car il a bien l'intention de jouer encore dans le Vieux-Québec, idéalement à l'intérieur des murs, car «il y a plus de monde et c'est encore bien plus payant».

***

De la rue à la scène

Il ne s'en est pas vanté, mais Félix Bouchard est récemment monté sur scène avec Étienne Drapeau à l'Espace Félix-Leclerc. Le chanteur a été touché par le jeu du musicien de la rue... et par son look de sportif.

C'est le père de Félix, Lucien Pierre, qui nous a raconté que son fils avait fait l'objet d'un avis de recherche sur Facebook.

De passage à Québec, Étienne Drapeau a en effet entendu jouer l'adolescent, coin Cartier-René-Lévesque cette fois, pendant le Festival d'été de Québec. «Il jouait d'une façon tellement touchante, je dirais presque majestueuse. Il avait un beau contact avec son piano et avec sa calotte sur la tête, il m'a fait penser à moi à son âge», relate le chanteur et ex-hockeyeur au Soleil. «Je lui ai donné 5 $, je lui ai dit de continuer et après coup, j'ai regretté de ne pas lui avoir demandé son nom», continue-t-il. 

Un appel à tous sur Facebook pour identifier l'inconnu, avec invitation de monter sur scène, a permis de réunir les deux artistes. Le 25 juillet, Félix a joué la Comptine d'un autre été de Yann Tiersen devant public à l'île d'Orléans. 

«Pour moi, c'est une tape dans le dos, une façon de lui dire : tu as du talent mon homme», résume Étienne Drapeau. 

Le message est bon pour les parents aussi. Lucien Pierre Bouchard dit réaliser cet été l'ampleur du talent de son garçon, qu'il entend pianoter tous les jours depuis presque une décennie. Il salue sa persévérance : «Félix travaille ses pièces au piano tous les jours. On a vu la genèse de tout ça et il a vraiment fait du progrès.»

Selon son père, c'est l'amour de la musique qui motive fiston et qui contribue à son succès estival. «Il aime beaucoup la musique, ce n'est pas du travail pour lui», dit l'homme, qui s'amuse encore de voir des dizaines de personnes s'arrêter pour l'écouter dans la rue. 

Au passage, M. Bouchard fait remarquer que Félix est aussi un grand sportif. Il a notamment été champion du Québec pee-wee de vélo de montagne. Il joue au hockey, fait du patin de vitesse. La casquette, ce n'est pas un hasard.




À lire aussi

  • Les amuseurs publics dérangent

    La Capitale

    Les amuseurs publics dérangent

    L'ardeur au travail des amuseurs publics s'exécutant sur la rue Saint-Jean leur a valu des plaintes de bruit cet été. »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer