L'argent a eu raison du voyage du Kruzenshtern

Le quatre-mâts Kruzenshtern en août 2013... (Photothèque Le Soleil)

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Le quatre-mâts Kruzenshtern en août 2013

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(Québec) Le mythique voilier à quatre-mâts russe et vedette incontestable des mers, le Kruzenshtern, n'est pas de la grande fête au port de Québec alors qu'il était attendu après son passage remarqué dans la capitale il y a cinq ans et précédemment, en 1984. Un problème d'argent est à l'origine de son désistement au Rendez-vous 2017, a appris Le Soleil.

L'un des représentants de l'embarcation russe, le recteur de la Baltic State Academy of Fishery Fleet, avait même affirmé en novembre 2011 que la course qu'accueillera Québec en 2017 était un «incontournable». «On prend part à la Tall Ship Race chaque année, car c'est ainsi qu'on trouve de nouveaux partenaires, et Québec en sera un de plus», avait affirmé Vladimir Volkogon à Toulon en France, où il avait rencontré le maire de Québec, Régis Labeaume. 

Près d'un an plus tard, l'entente officielle pour le retour des grands voiliers à Québec avait été signée à son bord, le 9 octobre 2012, par M. Labeaume et le président de Sail Training International, Doug Prothero. 

Le géant des mers - il mesure 114 mètres de longueur et compte 34 voiles - avait connu un vif succès lorsqu'il avait accosté quelques jours dans la capitale, au grand bonheur des organisateurs de l'événement de cette semaine qui se voyaient ainsi confirmer l'intérêt de la population pour les grands voiliers. 

Et jusqu'au début de l'année, l'équipe de Sail Training International croyait bien qu'il serait de la partie, a expliqué Dough Prothero. Celui-ci ne connaissait pas la raison de cette absence annoncée il y a près de six mois, mais a souligné qu'il n'était pas rare pour des navires militaires de faire faux bond puisqu'ils peuvent être rapatriés par les dirigeants de leur pays d'origine à tout moment. 

En début de semaine, le président de Rendez-vous 2017, François Moreau, a dit aussi ignorer les motifs justifiant l'impossibilité du Kruzenshtern à se joindre à la flotte à quai, évoquant possiblement un enjeu politique ou financier. «C'est toujours un engagement financier pour les bateaux militaires de venir ici parce qu'on ne paye pas pour eux. On les invite et au gré de leurs disponibilités et de leurs parcours», a-t-il avancé. 

«Quebec City? Big problem!»

Difficilement joint par Le Soleil jeudi, Vladimir Volkogon, a laissé tomber au bout du fil, dans un anglais approximatif, «Quebec City? Big problem!» Questionné davantage, M. Volkogon a délégué une personne bilingue, du nom de Elena Gordeeva, pour nous répondre. Dans un court courriel, elle explique que le Kruzenshtern n'a pas pu naviguer jusqu'au Canada en raison de problèmes financiers et qu'après un calcul des coûts, la décision avait été prise de participer à une autre course, celle de la mer Baltique. Au moment d'écrire ces lignes, il se trouvait d'ailleurs à Turku, en Finlande. 

François Moreau assure qu'il n'est pas déçu. «Non, pas du tout. Il est déjà venu deux fois à Québec, alors la population l'a vu. On a plein de beaux et grands voiliers!»

RDV 2017 : l'idée née dans un casse-croûte

Tout a débuté en 2003 dans un casse-croûte de Charlottetown, le Maid Marian. En mangeant ses deux oeufs bacon - ou était-ce des crêpes? - le vice-président de Sail Training International, Doug Prothero, est interpellé par un tableau au mur représentant des voiliers.

Il s'approche de plus près et voit qu'il s'agit d'une représentation de la Conférence de Charlottetown de 1864, réunion à l'origine de la Confédération canadienne. «Une lumière s'est automatiquement allumée», témoigne M. Prothero, aujourd'hui devenu président de l'organisation qui fait monter à bord des grands voiliers des centaines de jeunes pour leur donner une expérience en mer et surtout, de vie. 

Celui qui a été apprenti matelot en 1984 et qui, depuis, n'a jamais quitté le monde maritime, se dit qu'il faut absolument que la course transatlantique prévue en 2017 ne s'arrête pas qu'à Halifax comme c'est l'habitude, mais qu'elle doit se diriger «le plus à l'ouest possible» dans les eaux canadiennes. Il cible évidemment Québec, «un incontournable et une des destinations favorites des capitaines». Il en parle à son président qui lui confie automatiquement le dossier. 

Quelques années plus tard, il présente son plan au maire de Québec, Régis Labeaume, qui est automatiquement charmé. «C'était en 2011. Six mois plus tard, on a signé une lettre d'intention», témoigne M. Prothero. 

Celui-ci se réjouit du résultat et de l'incontestable popularité de l'événement dans la capitale québécoise, mais aussi, peu importe où les voiliers accostent dans le monde. Il regrette cependant que les apprentis matelots ne soient pas davantage à l'avant-plan puisqu'il s'agit de la mission première de Sail Training International. 

«On leur propose quelque chose qui a une vraie signification par opposition aux nombreuses choses qu'ils font qui n'en ont pas», explique le président en pointant son téléphone intelligent. «D'ailleurs, ils se rendent vite compte qu'en mer, cet objet est complètement inutile!» L'organisation a mené plusieurs études démontrant les bienfaits d'un tel séjour auprès des jeunes qui, incontestablement, affirment après coup que l'expérience a changé leur vie.

Pour y participer : sailonboard.com




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