Maison Pollack: la ville est «dans le champ», dénonce un hôtelier

Québec va perdre de l'argent en expropriant le... (Patrice Laroche)

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Québec va perdre de l'argent en expropriant le propriétaire de la maison Pollack, un bâtiment à valeur patrimoniale «supérieure», s'indigne un hôtelier de la Grande-Allée.

Patrice Laroche

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(Québec) La décrépitude d'immeubles patrimoniaux découle de l'intransigeance et des taxes de la Ville de Québec, et non pas de la négligence des propriétaires, dénonce un hôtelier de la Grande Allée.

Gaétan Drolet a pignon sur rue sur la Grande Allée depuis 42 ans. Il détient l'hôtel Relais Charles-Alexandre, à l'angle de la rue Galipeault. 

La volonté de la Ville d'exproprier un de ses voisins, le propriétaire de la maison Pollack, un bâtiment à valeur patrimoniale «supérieure», l'indigne. À son avis, Québec va perdre de l'argent en procédant de la sorte. 

«Cette maison-là a été à vendre pendant quatre ans avant que M. [Stevens] Coulombe l'achète, lance M. Drolet. Tous les entrepreneurs de Québec l'ont regardée. C'est impossible de la rénover à moins de perdre de l'argent. C'est pour ça que personne ne l'a achetée. Sauf M. Coulombe, en pensant faire changer le zonage.»

L'administration Labeaume a entrepris des démarches en vue d'une expropriation. Le propriétaire a reçu pour plus de 15 000 $ en constats d'infraction pour l'état de la résidence centenaire. Il a présenté un projet de réhabilitation qui ne répondait pas aux exigences patrimoniales, a indiqué Julie Lemieux, conseillère responsable du patrimoine.

Sans agrandissement de la maison, impossible de rentabiliser l'investissement, soutient M. Drolet, qui a eu des contacts avec le propriétaire. «Obtenir un permis à la Ville de Québec pour un commerçant sur la Grande Allée, c'est comme gagner à la loterie», lance M. Drolet. «Il faut aller prier à l'hôtel de ville, aller s'agenouiller, continue-t-il. Moi, ça ne m'intéresse plus. Mais c'est pour ça que les maisons sont en décrépitude.»

Les petits commerçants sont «pognés à la gorge» par les taxes municipales, ajoute l'hôtelier. Ils n'ont plus les moyens de rénover leur bâtisse. Ceux qui tentent d'améliorer leur rentabilité en apportant des modifications à leur commerce n'obtiennent pas la permission, continue-t-il. Même si cela permettrait de densifier la ville.

«Les gens ont de la misère à arriver, soutient M. Drolet. C'est incroyable. Il y a beaucoup de choses qui ferment sur la Grande Allée et sur la rue Saint-Jean.»

Lui-même dit s'être fait refuser un projet de «tour de verre» derrière son hôtel. Il ajoute que des architectes montréalais ne veulent plus faire des affaires à Québec en raison «du niaisage et de la bureaucratie». Gaétan Drolet évoque aussi la poursuite intentée contre la Ville dans le dossier de l'église Saint-Coeur-de-Marie.

«Les commerçants ne sont pas vraiment optimistes, soutient M. Drolet. Ils pourraient vous le dire, mais sous le couvert de l'anonymat. Les gens ont peur de s'exprimer à Québec. Ils ont peur d'avoir des représailles de la Ville. Il y a une petite gang à l'hôtel de ville et ils se protègent tous.»

***

La Ville doit protéger son patrimoine, dit Lemieux

Le charme de la Ville de Québec est en grande partie attribuable à son patrimoine historique et on ne peut pas lui reprocher de s'en faire la gardienne, affirme la conseillère Julie Lemieux. 

La vice-présidente du comité exécutif et responsable du dossier du patrimoine s'explique mal les reproches que lui adresse l'hôtelier Gaétan Drolet au sujet de la Maison Pollack.  

«C'est quoi le message derrière ça? demande-t-elle. Que la Ville de Québec ne devrait pas se préoccuper de son patrimoine alors que c'est un de ses atouts majeurs et qui fait que c'est une ville qu'on aime?»

Point d'équilibre

L'administration doit trouver le point d'équilibre entre la protection du patrimoine et une ouverture à la modernité, fait-elle valoir. «Il y en a d'autres qui nous disent que la Ville n'est pas assez sévère», note Mme Lemieux. 

La conseillère rejette l'idée qu'un changement de zonage est nécessaire à la rentabilité de la rénovation. «On a déjà entendu ça par le passé et les gens finissent par faire des projets, dit-elle. Ça prend de la volonté, de l'argent aussi, mais on ne peut pas laisser faire n'importe quoi sur la Grande Allée.»

Mme Lemieux persiste et signe : le projet déposé par le promoteur était «inacceptable» et un feu vert aurait soulevé un «tollé» chez les citoyens. Quant à l'idée d'une «clique» favorisée par l'hôtel de ville, elle ne tient pas la route, selon elle. «Franchement... Il y en a plein des gens à Québec qui ont des permis pour faire des travaux sur leur maison ou leur commerce, souligne Mme Lemieux. C'est sûr que si tu as un projet inacceptable, qui ne s'inscrit pas dans notre volonté de protéger le patrimoine, c'est possible que le permis soit refusé.»




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