Cimetière musulman: Labeaume attristé par le résultat du référendum

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas... (Photothèque Le Soleil)

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Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas pris d'engagement ferme selon lequel il tenterait d'aider le CCIQ à concrétiser son projet.

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(Québec) Le maire de Québec, Regis Labeaume, s'est dit attristé par le résultat du référendum à Saint-Apollinaire visant à octroyer un terrain au Centre culturel islamique de Quebec (CCIQ) afin que les musulmans de la région puissent être enterrés dans un cimetière leur appartenant. Et il juge «incroyable» que cette décision ait été entre les mains que d'une poignée de citoyens.

«C'est triste...qu'est ce qu'on peut faire», a-t-il d'abord commenté, ajoutant du même souffle qu'il y avait tout de même un «cimetière disponible à Saint-Augustin», une phrase qu'il répètera à trois reprises lorsque questionné par les journalistes en marge d'une annonce touchant à la circulation lors du Rendez-vous 2017. «Il y a une différence entre ça et la mosquée qui veut acheter un terrain», a-t-il reconnu, en faisant référence aux 500 nouveaux lots disponibles dans ce cimetière multiconfessionnel.

M. Labeaume s'est toutefois dit d'accord avec les propos du cardinal Gérard Cyprien Lacroix selon lesquelles «tout le monde a le droit d'enterrer ses morts» mais n'a pas pris d'engagement ferme selon lequel il tenterait d'aider le CCIQ à concrétiser son projet sur les planches à dessin depuis au moins dix ans. «Si on peut aider ils nous le diront mais fondamentalement c'est qu'ils doivent acheter un terrain.[...] C'est assez privé ces affaires là en passant», a également souligné le maire. Quant à la question du référendum auquel 36 personnes ont pris part, Régis Labeaume a dit que des questions devaient être posées sur le système de gouvernance puisqu'il est «incroyable» que cette décision à portée nationale ait été prise par un si petit nombre. «C'est 36 personnes qui avaient droit de vie ou de mort dans un projet qui a impact sociologique important», a-t-il commenté. «C'est regrettable, a par la suite laissé tomber le maire. Pour le reste je n'ai pas le goût de blâmer qui que ce soit.»

***

Québec ne rejette pas la communauté musulmane, insiste Blais

La victoire du Non au référendum sur le projet de cimetière à Saint-Apollinaire n'équivaut pas à un «rejet» de la communauté musulmane à Québec, selon le ministre François Blais. 

Le refus à 54% du changement de zonage essentiel au projet du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), à 19 votes contre 16, ne doit «aucunement être interprété comme le rejet d'une communauté par rapport à une autre», a fait savoir le ministre Blais, lundi, par courriel. 

Le responsable de la région de la Capitale-Nationale insiste sur l'accueil favorable offert à l'initiative récente d'une entreprise funéraire de Saint-Augustin de réserver 500 lots à des citoyens de confession musulmane. «Nous avons appuyé la communauté musulmane dans son désir d'avoir un premier site de sépulture à Québec, a indiqué le ministre. C'est une avancée importante qui ne ferme aucunement la porte à d'autres avancées dans le futur.»

La délicatesse du dossier a amené plusieurs élus à jouer de prudence dans leurs commentaires, lundi. Autant le ministre-député de Lotbinière-Frontenac, Laurent Lessard, que la ministre de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, ont décliné les demandes d'entrevue. Ils se limitent à dire qu'ils ont «pris acte» du résultat. Le député fédéral libéral Jean-Yves Duclos a aussi préféré passer son tour. 

Au Parti québécois, l'attaché de presse du chef Jean-François Lisée a fait savoir qu'il souhaite «que les musulmans et musulmanes qui le désirent puissent un jour se faire enterrer dans un cimetière qui leur soit réservé, comme c'est le cas pour toute autre tradition religieuse, et le plus tôt sera le mieux». 

Du côté de la Coalition avenir Québec, le député Simon Jolin-Barrette juge que le projet présenté par la CCIQ «était acceptable». «Il faut cependant respecter la décision des citoyens et éviter les procès d'intentions afin de favoriser un dialogue constructif, a-t-il fait valoir. C'est la seule voie qui s'offre à nous pour trouver une solution qui répondra aux préoccupations des communautés concernées.»

L'Assemblée nationale a adopté à la mi-juin le projet de loi 122 sur l'autonomie municipale. La loi prévoit qu'à l'avenir, une municipalité pourrait se soustraire à l'obligation de tenir un référendum pour un changement de zonage. 

Toutefois, cette municipalité devra s'être dotée d'une politique de consultation citoyenne dont les contours n'ont pas encore été définis. Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a constitué un groupe de travail chargé de l'aider à établir les «normes minimales de participation et de consultation des citoyens». Ce groupe a réuni les villes de Québec et Montréal, l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités et l'organisme Vivre en ville.

D'après l'attachée de presse du ministre Coiteux, «le processus va permettre une plus grande participation des citoyens en amont des décisions, ce qui va faciliter le dialogue».  Simon Boivin avec la collaboration de Jean-Marc Salvet

***

La peur et l'ignorance «plus forts qu'avant», selon le CICQ

«La peur et l'ignorance sont encore là plus fort qu'avant», constate le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), au lendemain du référendum municipal de Saint-Apollinaire, où le vote de 19 personnes a permis de bloquer le projet de cimetière musulman. 

Dans un communiqué envoyé aux médias, lundi, le CCIQ en rajoute sur certains constats exprimés par son représentant, Mohamed Kesri, dimanche soir, à Saint-Apollinaire. C'est surtout le fait que 19 personnes aient pu bloquer à elles seules le projet de cimetière qui continue de déranger le CCIQ. 

«Ce «19 contre» est venu refuser d'écrire une belle page de l'histoire du Québec et du Canada dans l'avènement du bien vivre ensemble. Le monde entier, attentif, à ce projet ne retiendra de ce «19 contre» que l'effet négatif qui vient renforcer la négation d'une fraction importante de la société parce qu'elle est musulmane», peut-on lire dans le communiqué. 

La lutte contre l'islamophobie, rappelle le CCIQ, s'étend au-delà du dossier du cimetière. «Un combat juste reste à faire pour qu'il y ait des gestes concrets notamment d'accès aux emplois et de respect du droit des citoyens musulmans à leur croyance sans entrave en public et en privé, dans un respect réciproque, comme pour ceux des autres espaces de confessions. Il y va de notre avenir.»

Dimanche soir, questionné sur le pouvoir mis dans les mains d'un si faible nombre de citoyens, le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, estimait que la loi municipale n'avait pas été pensée pour des questions d'une telle envergure. 

«La loi est ainsi faite et dans un cas ordinaire, c'est correct. Parce que c'est les gens vraiment voisins qui ont à faire d'un changement de zonage. C'est eux qui sont le plus concernés», a pointé le maire. 

«Par exemple, si l'on veut faire un édifice à huit étages ou installer un poste de pompier. C'est logique que les gens plus près puissent parler davantage que celui qui est à 10 kilomètres. Mais dans un cas comme le cimetière, c'est un sujet délicat. Ce n'est pas un changement d'usage ordinaire.»  Guillaume Piedboeuf




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