Maison Pollack: la Ville à bout de patience

Les avertissements s'accumulent pour le propriétaire de la...

Agrandir

Les avertissements s'accumulent pour le propriétaire de la maison Pollack, qui tarde à y effectuer des rénovations. De plus, des festivaliers se servent de sa pelouse pour se stationner pendant le Festival d'été de Québec, ce qui est interdit.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) À bout de patience, la Ville de Québec sort «l'artillerie lourde» et entreprend un processus d'expropriation contre le propriétaire de la maison Pollack.

Le vase déborde pour l'administration Labeaume dans le dossier de la maison patrimoniale sise au 1, Grande Allée Est, à l'angle de l'avenue Briand. La résidence centenaire aux grandes colonnes blanches a un besoin criant de rénovations majeures. 

«Ce dossier-là s'éternise depuis des années, a déploré au Soleil la vice-présidente du comité exécutif et conseillère responsable du patrimoine, Julie Lemieux. On a lancé la procédure d'expropriation. On est dans la rédaction de documents. Ça va de l'avant. On va sortir l'artillerie lourde parce que ça n'a pas de bon sens. Il faut vraiment qu'il se passe quelque chose avec cette maison-là.»

L'automne dernier, la Ville a rouvert son programme particulier d'urbanisme (PPU) de la colline parlementaire pour protéger davantage cinq sites spécifiques, dont la maison Pollack. 

«On s'est donné le droit d'exproprier ce terrain pour des fins privée ou publique, a indiqué Mme Lemieux. Tout dépend du projet qui viendra. Mais on veut vraiment procéder. Donc, [le propriétaire] va recevoir ça éventuellement.»

Deux projets de réhabilitation soumis

La maison Pollack est souvent citée en exemple par le maire Régis Labeaume pour illustrer la problématique des immeubles laissés en décrépitude. Malgré ses démêlés avec la Ville, dont des amendes totalisant plus de 15 000 $, le propriétaire devrait être surpris par l'annonce de l'expropriation. 

M. Stevens Coulombe, promoteur montréalais en immobilier, a acquis la maison Pollack à l'automne 2011 pour un peu plus de 1 million $. Vendredi, son représentant - qui ne veut pas voir son nom publié - a expliqué au Soleil que deux projets de réhabilitation ont depuis été soumis à la ville. L'un d'eux a été présenté à la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec, affirme-t-il. 

«Il y a actuellement des discussions entre M. Coulombe, ses architectes et les fonctionnaires de la Ville relativement à ce projet, a indiqué le représentant. Ces discussions avancent bien.»

Un jugement de 2016 la Cour municipale évoque le projet «d'aménager des logements touristiques pour une clientèle disposant de gros budgets» dans la maison. De la location pour quelques mois ou plus, dans «un immeuble conforme le plus possible à son style d'origine». 

La facture des travaux intérieurs et extérieurs est estimée à 7,5 millions $. 

Mais la conseillère Lemieux n'a pas du tout la même lecture du dossier. Il n'y a selon elle aucun dossier à l'étude à la Ville. «Ce que j'avais vu passer, c'était inacceptable, a-t-elle indiqué. Il altérait énormément le bâtiment. [...] Sur le plan du patrimoine, ça ne convenait pas du tout. Ça n'a pas été accueilli. Je n'ai pas vu autre chose et ça fait un moment.»

La consigne de procéder à l'expropriation a été donnée il y a «quelques semaines», a dit Mme Lemieux. Les affaires juridiques de la ville documentent la cause pour qu'elle soit bien ficelée avant son dépôt. 

Construite en 1909-1910 pour l'homme d'affaires Maurice Pollack, la maison qui porte son nom se distingue par sa signature néobaroque. «Sa construction témoigne de l'époque où la bourgeoisie de Québec s'installait sur la Grande Allée, alors le secteur le plus recherché», peut-on lire sur le site de la Ville de Québec.

***

Un stationnement «inacceptable»

Un autre avertissement attend le propriétaire de la maison Pollack parce que des festivaliers ont utilisé sa pelouse comme stationnement privilégié au cours des derniers jours. 

Un lecteur a fait parvenir au Soleil des clichés des véhicules garés directement sur le terrain de la maison dont la valeur patrimoniale est jugée «supérieure». 

«C'est incroyable, a commenté la conseillère responsable du patrimoine, Julie Lemieux. C'est inacceptable.»

Un inspecteur municipal a été dépêché sur les lieux vendredi matin. Il s'est rendu sur le terrain et un avertissement sera servi au propriétaire, M. Stevens Coulombe. «Il n'a pas le droit de stationner des véhicules sur son terrain de cette façon-là, évidemment, a noté Mme Lemieux. [...] On va suivre la situation de près pour ne pas que ça se reproduise.»

À l'insu du proprio

Un représentant de M. Coulombe a indiqué que celui-ci juge la situation tout aussi «inacceptable». Il assure qu'il n'était pas au courant que des voitures utilisaient son terrain. Il a pourtant mandaté une personne pour s'assurer que «le site demeure propre». «Il va communiquer avec cette personne pour s'assurer qu'aucune voiture ne stationne sur le gazon», indique son représentant. 

Comme la chose se serait déroulée à son insu, il ne semble pas qu'il ait cherché à en tirer des revenus dans le cadre du Festival d'été. «On va lui donner le bénéfice du doute là-dessus», a commenté Mme Lemieux.

Le propriétaire ne recevra pas de constat d'infraction ou d'amende puisqu'il s'agit d'un «premier avertissement», indique Marjorie Potvin, porte-parole à la Ville de Québec. Un règlement de zonage prévoit qu'un «stationnement hors rue doit s'effectuer dans une case de stationnement aménagée». L'amende pour les fautifs est de 1000 $ s'il s'agit d'un particulier, de 2000 $ pour une compagnie, et le montant double pour les récidivistes.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer