Un premier cimetière musulman à Québec

L'entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos a inauguré le... (Le Soleil, Yan Doublet)

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L'entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos a inauguré le cimetière, dimanche, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La région de Québec a maintenant un cimetière partiellement musulman. L'entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos a inauguré la nouvelle parcelle de son cimetière, dimanche, à Saint-Augustin-de-Desmaures, en présence de différents leaders de la communauté musulmane du Québec.

Il s'agit donc d'une portion du cimetière de 35 acres Les Jardins Québec, à Saint-Augustin, qui sera désormais dédiée aux défunts de foi musulmane. L'espace disposera de 500 lots, mais le nombre pourrait facilement augmenter dans les prochaines années, selon le président de Lépine Cloutier Athos, Yvan Rodrigue.

«Ça faisait plusieurs années que l'on était en discussion avec des représentants de la communauté musulmane, autant du côté de Montréal, où l'on a dédié une partie de l'un de nos cimetières il y a déjà cinq ans, qu'à Québec», a expliqué M. Rodrigue, dimanche avant-midi.

Au lendemain du tragique attentat ayant coûté la vie à six personnes, à la Grande Mosquée de Sainte-Foy, le 29 janvier, plusieurs avaient noté l'absence de cimetière musulman, à Québec.

Pour Yvan Rodrigue, l'inauguration de dimanche, sur la route 138, à Saint-Augustin, témoigne du « professionnalisme et de l'esprit d'ouverture» de son entreprise. «Nos cimetières sont non-confessionnels et des gens de toutes les religions s'y retrouvent.»

Présent pour l'inauguration, Nadir Belkhiter, secrétaire à l'association de la communauté algérienne de Québec, s'est réjoui de l'initiative de Lépine Cloutier Athos. «Ça répond définitivement à un besoin», assure-t-il, souhaitant voir ce genre d'initiatives se multiplier.

À ce jour, la plupart des résidents musulmans de Québec optent pour être enterrés dans leur pays, à leur mort, explique M. Belkither. Or, en plus du coût associé à cette pratique, rapatrier la dépouille d'un défunt dans son pays natal empêche sa famille, au Québec, de se recueillir régulièrement sur le lieu d'enterrement. «Le fait d'avoir un cimetière musulman sur place, ici, à Québec, va permettre aux gens de venir se recueillir beaucoup plus facilement, conformément à la tradition musulmane.»

Selon Yvan Rodrigue, consacrer une partie d'un cimetière aux défunts musulmans est simple. «Ici, c'est un cimetière qui a été inauguré en 1973. Il y a plus de 10 000 familles enterrées. Les gens de la communauté musulmane vont être disposés de la même manière que les Québécois de souche», a-t-il expliqué.

«C'est seulement que les gens de la communauté musulmane sont inhumés dans un lot, il n'y a pas deux ou trois personnes dans le même lot. Puis, la deuxième particularité, c'est simple, c'est l'orientation de la tête complètement à l'est, vers la Mecque. Ce sont les seules particularités.»

Le Centre culturel islamique absent

Si quelques représentants de la communauté musulmane régionale et provinciale étaient de l'inauguration, dimanche, ce n'était pas le cas du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

C'est que le projet a été réalisé sans la participation du CCIQ, qui jugeait qu'il ne correspondait pas aux besoins de ses membres. «Si on avait voulu un carré dans un cimetière déjà existant, ça fait 10 ans qu'on l'aurait», avait confié au Soleil, en avril, le secrétaire du CCIQ, Mohamed Kesri. «La communauté a préféré économiser pour avoir son propre cimetière», poursuit-il.

Le CCIQ saura dans quelques jours si son projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire pourra aller de l'avant. Rappelons que le Centre s'est entendu avec l'entreprise funéraire Harmonia, en février, sur l'achat d'un terrain à Saint-Apollinaire, mais une pétition citoyenne a forcé la tenue d'un référendum, où 62 résidents décideront de l'avenir du projet, le 16 juillet.

«J'espère que leur projet va marcher», a assuré Yvan Rodrigue lorsque questionné à ce sujet, expliquant toutefois que les demandes du CCIQ n'étaient pas conciliables avec la façon de faire de Lépine Cloutier Athos.

«C'est assez simple, eux voulaient être propriétaires du cimetière alors qu'on leur offrait des lots. Il faut comprendre qu'en Amérique du Nord, les cimetières consentent des droits d'usage des sépultures. Donc ils ont regardé d'autres options afin d'acquérir un cimetière. Nous, on n'est pas à vendre.»




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