Le fol amour de David Mendel pour Québec

Ontarien d'origine, l'historien David Mendel est intarissable lorsqu'il... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Ontarien d'origine, l'historien David Mendel est intarissable lorsqu'il s'agit de faire connaître l'histoire de sa ville d'adoption.

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) David Mendel vit depuis plus de 40 ans une histoire d'amour qui n'en finit plus avec Québec. Cet anglophone de Toronto, débarqué en 1976 en pleine fièvre nationaliste, alors que le Parti québécois venait de prendre le pouvoir, est devenu à travers ses conférences et ses tours guidés le plus grand promoteur de la capitale.

L'homme est intarissable lorsqu'il s'agit de faire connaître l'histoire de sa ville d'adoption. Que ce soit pour des parlementaires, des généraux de l'OTAN ou monsieur et madame Tout-le-Monde, c'est avec un enthousiasme contagieux qu'il remonte le cours de l'histoire pour leur faire découvrir une cité au passé insoupçonné.

Installé avec le représentant du Soleil sous un kiosque de la terrasse Dufferin, M. Mendel raconte, tout sourire, l'engouement croissant des touristes pour ce qui a fait Québec ce qu'elle est. «J'ai le privilège de rencontrer des gens de partout dans le monde et je constate leur fascination. Ils ne réalisent pas l'importance de Québec dans l'histoire de l'Amérique du Nord, qu'ils soient Britanniques, Français, Américains, Québécois même. Ils apprennent tous quelque chose.»

M. Mendel rappelle dans ses allocutions que Québec est une sorte de creuset culturel, façonné au contact des cultures britanniques et françaises. L'architecture des maisons, avec leur intérieur londonien et leur toit français, en est un témoignage éloquent. Sans oublier la présence, à quelques minutes de marche l'une de l'autre, de la première cathédrale catholique en Amérique du Nord et de la première cathédrale anglicane établie hors de l'Angleterre, Holy Trinity, dont M. Mendel assure la présidence de la fondation.

Quand on lui mentionne que les Québécois ont peut-être davantage d'atomes crochus avec les Anglais qu'avec leurs «cousins français», l'historien opine du bonnet, lui qui a déjà étudié à La Sorbonne. Beaucoup de gens d'ici qui ont visité Paris et Londres, explique-t-il, se sentent davantage chez eux dans cette dernière ville. «Sans doute une question d'environnement physique, de culture aussi.»

Afflux massif d'immigrants

Les amateurs d'histoire qui assistent aux conférences de David Mendel découvriront plusieurs faits méconnus sur Québec, dont l'accueil massif d'immigrants irlandais qui ont fui la famine sévissant dans leur pays, en 1830.

«Plus de 90 000 personnes sont débarquées dans le port de Québec en une seule saison. Des gens pauvres et malades, des enfants qui avaient perdu leurs parents. Il n'y a eu que New York pour en accueillir davantage. La population de Québec était alors de 45 000 habitants, c'est donc le double qui est arrivé ici, c'est incroyable.» C'est aussi, à quelques milliers près, le même nombre d'immigrants que le Québec entier accueille chaque année de nos jours.

«On s'inquiète de l'immigration aujourd'hui, imaginez dans le contexte de l'époque...», glisse-t-il.

L'historien, auteur de plusieurs livres, souligne également les enjeux méconnus qui ont lié Québec à la Révolution américaine. «En 1774, les Britanniques avaient agrandi leur colonie [la province de Québec] jusqu'à la rivière Ohio, au coeur de ce qui est aujourd'hui les États-Unis. Cette expansion a bloqué les colons américains dans leur désir d'aller vers l'Ouest. C'est après le refus des habitants de la colonie majoritairement francophone de se rallier à eux contre les Britanniques qu'ils ont décidé d'attaquer Québec. En 1775, les Américains ont perdu la Bataille de Québec contre les Canadiens français et les Britanniques, lors d'une tempête de neige épouvantable.»

Des plaques commémoratives installées dans le Vieux-Québec rappellent la mort du général américain Richard Montgomery lors cet affrontement, et de Benedict Arnold, un autre héros de la Révolution, blessé celui-là.

Préserver le Vieux-Québec

David Mendel habite toujours la même maison achetée en 1979 dans le Vieux-Québec, rue Hamel, où il a élevé ses deux enfants. Comme plusieurs villes comportant un arrondissement historique, il croit que Québec doit voir à trouver un juste équilibre entre les résidents et les touristes, de plus en plus nombreux. «Il ne faut pas prendre le Vieux-Québec pour acquis. Il faut y faire attention.»

Les conférences de David Mendel, gratuites, auront lieu au Château Frontenac les 8, 15 et 22 juillet, ainsi que les 12 et 19 août. À 11h en français et à 14h en anglais.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer