Manque d'informations dans les arénas et les grands événements à Québec, dit le VG

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Le Vérificateur général de la Ville de Québec, Michel Samson

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(Québec) La Ville de Québec ne sait pas comment sont distribuées les heures de glace dans les 13 arénas dont elle est propriétaire. Elle ne sait pas non plus comment sont utilisées les subventions données par le Bureau des grands événements ni pourquoi diable le personnel d'entretien du Réseau de transport de la Capitale s'absente davantage le vendredi.

Le Vérificateur général (VG) de la Ville de Québec, Michel Samson, a dévoilé mardi son rapport pour l'année 2016. Il braque les projecteurs sur des zones d'ombre de l'administration municipale.

Le dossier des arénas est le plus préoccupant et demande une action immédiate, n'a pas hésité à dire M. Samson. «Il y a un coup de barre à donner pour avoir une vision ville», a-t-il insisté. 

Pour le moment, chaque arrondissement gère à sa façon les arénas sur son territoire, souvent en s'inspirant des pratiques qui prévalaient avant les fusions municipales. Si bien que 10 000 heures de glace sont inutilisées annuellement et la Ville l'ignorait jusque-là. 

Ces heures disponibles sont surtout concentrées en milieu de journée la semaine et tard en soirée plutôt qu'en prime time, soit les heures accessibles aux jeunes sportifs. 

Le Vérificateur général suggère de diminuer les heures d'ouverture, de faire davantage de promotion ou de réduire la tarification pour augmenter l'activité sur les patinoires. 

Le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien, affirme que toutes ces possibilités seront étudiées. En conférence de presse, il a affiché un penchant pour la réduction de l'offre, mais aussi une uniformisation des règles et des tarifs entre arrondissements. 

Plus précisément, le vérificateur a soulevé une apparence de conflit d'intérêts pour la glace du Pavillon de la jeunesse. ExpoCité a délégué la gestion et la facturation des heures de glace à un sous-traitant moyennant une commission de 12 %. Or celui-ci gère sa propre ligue de hockey et programme systématiquement ses équipes le soir en semaine. Qu'il fasse ou non de la prospection, par exemple si la Ville lui envoie des clients, il empoche systématiquement sa commission. 

Le bras droit du maire a toutefois refusé de conclure au conflit d'intérêts. «On va travailler avec ExpoCité pour voir ce qu'il en est», s'est borné à dire Jonatan Julien, refusant d'évoquer la fin du contrat comme l'a fait le vérificateur.

Grands événements

Les travaux du VG ont aussi permis de découvrir que le Bureau des grands événements (BGE) a attribué 12 millions $ d'aide financière en 2015 sans se baser sur des critères définis et sans s'assurer qu'il y a adéquation avec les grandes orientations stratégiques de la Ville de Québec. Les événements sont classés en cinq catégories, mais environ la moitié des dossiers acceptés se retrouvent dans les «cas d'exception» sans plafond de subvention. 

Il n'y a pas non plus de reddition de comptes. Sur 24 dossiers étudiés, 23 n'avaient pas présenté de bilan rétrospectif. Le BGE lui-même n'avait pas effectué d'analyse des retombées économiques et sociales des événements. «Le BGE n'est pas en mesure de démontrer que les objectifs des subventions ont été atteints et, conséquemment, de justifier la pertinence du soutien accordé», écrit le Vérificateur. 

«On va s'asseoir avec le BGE pour voir comment on peut renforcer l'analyse selon des critères et la reddition de comptes», a réagi Jonatan Julien, tout en souhaitant conserver une marge de manoeuvre pour intégrer des nouveautés à la programmation. 

La chef de l'opposition Anne Guérette a pour sa part soutenu dans un communiqué de presse que le BGE «a les allures d'un bar ouvert». 

Absences au RTC

Au RTC, c'est la gestion des absences du personnel d'entretien qui attire l'attention. Le nombre d'absences pour maladie de longue durée et pour obligations familiales a augmenté en flèche entre 2011 et 2015 tandis que les absences pour maladie occasionnelle ou autres motifs demeurent nombreuses et peu suivies. En parallèle, il y a beaucoup de temps supplémentaire payé, soit 2 millions $ en 2015 pour 321 employés. 

«Le vendredi est la journée pour laquelle les absences et les congés en heures compensées sont les plus importants; c'est aussi la journée où il s'effectue le plus grand nombre d'heures en temps supplémentaire», écrit le Vérificateur. Questionné sur le sujet, M. Samson n'a pas voulu faire de lien de cause à effet entre les deux, mais il a suggéré fortement au RTC de faire un meilleur suivi des absences.

***

Trop d'échantillons d'eau, pas assez de réserves

Bien sûr il faut vérifier la qualité de l'eau potable, mais il y a des limites. Le Vérificateur général a constaté que la Ville de Québec a analysé jusqu'à 350 % plus d'échantillons d'eau que la norme imposée par le ministère des Affaires municipales au cours des dernières années. Cela même si elle constate très exceptionnellement des dépassements. Il y a place pour plus d'efficience, conclut Michel Samson. Aussi, le réservoir de l'usine de traitement des eaux de Loretteville manque de capacité. Si un bris d'aqueduc majeur survenait, le réseau pourrait être alimenté pendant seulement 3,9 heures. Environ le tiers de la Ville de Québec se retrouverait alors à sec. Des solutions sont étudiées pour augmenter la capacité du réservoir, a confirmé le vice-président du comité exécutif de la Ville, Jonatan Julien, qui s'attend à un déblocage au cours des «prochaines années».

***

Centre Vidéotron : une entorse à la loi

En juin 2016, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) a demandé au Vérificateur général de la Ville de Québec de s'assurer que les contrats octroyés pour la construction du Centre Vidéotron respectaient les règles gouvernementales. Une attention particulière a été portée aux 14 contrats de plus d'un million $ ayant fait l'objet de modifications et aux 13 contrats n'ayant attiré qu'un seul soumissionnaire. Sur le lot, le Vérificateur n'a relevé qu'une situation problématique et contraire à la Loi sur les cités et villes, soit un avis de modification concernant une acquisition d'équipement qui «aurait dû donner lieu à un appel d'offres distinct». Cela dit, Michel Samson affirme comprendre que cette acquisition s'est faite vite et à bas coût.

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Ligne téléphonique moins populaire

La ligne de signalement pour fraude et inconduite de la Ville de Québec a été moins populaire en 2016. Treize signalements ont été comptabilisés contre 23 en 2015. Un seul dossier a été transféré pour une vérification plus poussée par le service municipal concerné. Une vérification particulière a également été faite sur la déclaration d'intérêts pécuniaires de la conseillère Chantal Gilbert après que Le Soleil eut révélé qu'elle avait acquis un terrain pour un projet immobilier entre le moment où elle a rempli sa déclaration et celui de sa publication. Aucune faute ou conflit d'intérêts n'a été noté, mais le Vérificateur général a recommandé la nomination d'un conseiller à l'éthique et à la déontologie. Le directeur général de la Ville, André Legault, a indiqué mardi qu'une avocate est formée à ce titre. Son rôle sera publicisé auprès des élus.




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