Frédérick Têtu de Québec 21 démissionne dans la controverse

Frédérick Têtu (à droite), lors de la présentation... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Frédérick Têtu (à droite), lors de la présentation de candidats de Québec 21, mardi, en compagnie du chef Jean-François Gosselin

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(Québec) Le fondateur et tête d'affiche du nouveau parti municipal Québec 21, Frédérick Têtu, a démissionné jeudi matin, quelques heures seulement après avoir accordé une entrevue à la radio de CHOI où il semblait en état d'ébriété, blasphémait et tenait des propos durs et décousus.

M. Têtu a annoncé son retrait sur sa page Facebook un peu avant 11h. «Je me suis réveillé ce matin avec une tempête qui faisait rage, tempête suscitée par des propos étriqués que j'ai tenus sur les ondes d'une radio de Québec hier soir. Contrairement à la perception de certains, je n'étais pas ivre mais plutôt dans un état de fatigue extrême. Évidemment, je regrette d'avoir tenu ces propos et je m'en excuse», écrit celui qui était candidat dans le district Loretteville-Les Châtels, actuellement représenté par Raymond Dion d'Équipe Labeaume.

«Je présentais ma candidature pour Québec 21 afin d'aider le parti à avoir du succès, or il est clair aujourd'hui que pour aider le parti, la meilleure chose que je puisse faire est de retirer ma candidature. C'est ce que j'ai décidé de faire et Jean-François Gosselin s'est montré tout à fait compréhensif. Je l'en remercie. Je vais maintenant prendre quelques semaines de vacances tout en continuant à suivre de près les progrès de Québec 21», poursuit le professeur de philosophie au cégep Garneau et habitué de Radio X, où il a fait de l'analyse politique au cours des dernières années.

En ondes, mercredi soir, Frédérick Têtu a commencé en disant à l'animateur de Marceau le soir, Yannick Marceau, à quel point il le trouve «cooool», puis il a discouru sur le «câlisse de droit de vote». À un moment, il a parlé du SRC au lieu du SRB (service rapide par bus), de Robert Lapaille au lieu de Clotaire Rapaille. Il a buté sur plusieurs mots qui lui roulaient dans la bouche comme «pronostic» ou «structurant». 

«Je suis allé à un conseil de ville hier», a-t-il aussi affirmé. Or, le dernier conseil municipal remonte au 5 juin. Par la suite, il a aussi évoqué sa conférence de presse «d'hier». C'était plutôt l'avant-veille...

Frédérick Têtu ne s'est pas gêné pour dire que le maire Régis Labeaume «a pas de classe» et qu'il «dit n'importe quoi». «Dès qu'il a été élu, il a eu un trip, il s'est mis à insulter les gens», a-t-il résumé. 

Puis le représentant de Québec 21 s'en est pris aux électeurs d'Équipe Labeaume. «Le voteur de Labeaume qui est pas à gauche, c'est le douchebag», a-t-il laissé tomber en ajoutant un énième juron. «Un vote pour Régis Labeaume, si t'es Québec Solidaire, c'est très cohérent. Sinon, c'est un vote de fucké», a-t-il ajouté pendant l'heure d'entrevue. 

Gosselin déçu

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, n'a pas hésité à qualifier d'«inappropriés» les propos de son candidat. «Je suis déçu, c'est pas le gars que je connais et que je côtoie depuis deux mois», a-t-il commenté, adhérant à la thèse de la «fatigue extrême». 

Le candidat à la mairie a rapporté «une bonne discussion» avec le fondateur de son parti en matinée et avoir accepté sa démission. M. Gosselin a admis être heurté non seulement par la forme, mais le fond de l'entrevue. «C'est un langage que moi je n'utilise pas et que mes candidats ne peuvent pas utiliser», a-t-il tranché, considérant qu'il y a eu «manque de respect». 

Le chef de Québec 21 ne sait pas si Frédérick Têtu restera dans son entourage. «Là, il va se reposer et après, on verra», s'est-il limité à dire, présentant le démissionnaire comme «quelqu'un de très intelligent». 

L'employeur de M. Têtu, le cégep Garneau, n'a pas voulu commenter ses mésaventures politiques. La directrice des communications, Sylvie Fortin, a indiqué qu'une «analyse» sera faite «de ce qui s'est dit et de l'impact sur l'image du cégep», tout en spécifiant que le principal intéressé agissait «en-dehors de ses fonctions d'enseignant». Une rencontre pourrait avoir lieu si cela est jugé nécessaire. 




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