Trésors du XIXe siècle dans Limoilou

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(Québec) Le propriétaire terrien le plus influent du Limoilou du XIXe siècle a laissé des traces. En plus d'avoir découvert «l'empreinte négative» de sa somptueuse demeure, les étudiants en archéologie de l'Université Laval ont trouvé divers artéfacts témoignant de l'époque de William Hedley Anderson sous le banal stationnement derrière le Esso de la 3e Avenue.

En décidant de s'installer dans Limoilou après 30 ans de fouilles dans la zone patrimoniale et touristique de Québec, le chantier-école de l'Université Laval innovait. Et même si après quatre semaines le bilan des fouilles n'est pas à la hauteur des rêves les plus fous des chercheurs, il demeure positif. «Oui, nous sommes satisfaits parce qu'on ne savait pas du tout ce qu'on allait trouver», témoigne une étudiante à la maîtrise en archéologie participant au projet, Juliette Houde-Therrien. 

Selon un plan de 1867, la maison de William Hedley Anderson, le Hedleylodge, se trouvait à quelques pas du pont Drouin (anciennement Dorchester) tout juste derrière la station Esso située à l'intersection de la 4e Rue et de la 3e Avenue dans le Vieux-Limoilou. Les archéologues en formation ont obtenu la permission de la Ville de Québec - grâce à une entente culturelle avec le gouvernement du Québec - de creuser dans le stationnement qui s'y trouve afin de retracer les vestiges de l'époque de ce gentleman-farmer d'origine anglaise dont les terres s'étendaient jusqu'à l'actuelle 18e rue. 

Mais les fondations du Hedleylodge sont demeurées jusqu'à ce jour introuvables. L'équipe, qui comprend trois étudiants à la maîtrise, 11 au baccalauréat et deux professeurs, soupçonne qu'en construisant le stationnement, les travailleurs ont balancé aux poubelles tous les éléments du sous-sol qu'ils ont creusé, les trésors y compris. 

N'empêche, l'«empreinte négative» de la demeure ainsi qu'une partie d'un drain ont été découverts. «On a trouvé deux tranchées qui s'alignent très bien parallèlement les unes avec les autres, on les a reliées et elles correspondent aux dimensions de la maison», relate, enthousiaste, MmeHoude-Therrien. 

Sa collègue Raphaëlle Lussier-Piette se réjouit quant à elle des objets qui ont été dénichés et qui fournissent des preuves de la vie à Hedleylodge. «Ils nous permettent de documenter le quotidien au XIXe siècle», explique-t-elle, citant en exemple des morceaux de céramique, de verre et de poterie qui donnent des indices sur l'alimentation des résidents des lieux, entre autres. Ceux-ci s'amusaient aussi, fait remarquer l'étudiante. «On a trouvé une guimbarde et des billes, ça témoigne d'un côté moins domestique», souligne-t-elle.

Présence d'anglophones

Peu de gens se rappellent qu'au 19e siècle, beaucoup d'anglophones habitaient Limoilou qui était, à l'époque, un secteur agricole situé à l'extérieur de la ville de Québec. D'ailleurs, pour y pénétrer par le pont Drouin, des droits de passage devaient être payés à nul autre que William Hedley Anderson. «C'était le propriétaire foncier le plus important. Non seulement il possédait une importante compagnie de bois, mais il contrôlait le pont», rappelle Réjean Lemoine, historien et membre de la Société historique de Limoilou qui a collaboré au chantier. La famille Anderson a quitté l'endroit lorsque la traverse a cessé d'être payante. 

Les fouilles archéologiques se poursuivront jusqu'au 16 juin. D'ici là, le dimanche 11 juin, le public est invité à participer à une journée portes ouvertes où les étudiants partageront les résultats de leurs découvertes. Ils récolteront également tous les témoignages oraux de ceux qui conservent des souvenirs de la maison anglaise avant que celle-ci soit démolie.

Pas de fortification française

En plus de révéler une partie de l'histoire anglaise de Limoilou en creusant son sol à l'endroit où se trouvait le Hedleylodge, les étudiants en archéologie de l'Université Laval espéraient également retrouver des vestiges d'une fortification française temporaire élevée en 1759, surnommée «tête de pont». Mais pour l'instant, celle-ci se fait encore désirer. 

«Les dirigeants de l'époque avaient décidé de la construire à cet endroit, puisqu'ils trouvaient qu'ils étaient mal protégés du côté du pont Drouin», explique l'historien Réjean Lemoine. Contrairement aux remparts du Vieux-Québec, ceux de Limoilou étaient faits de remblais de terre.

Il reste encore une semaine avant la fin du chantier-école et tous les espoirs sont encore permis. Celui-ci devrait être installé au même endroit l'an prochain.




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