Le départ de Shoiry, un «gain», réplique Guérette

Les candidats annoncés de Démocratie Québec se sont... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les candidats annoncés de Démocratie Québec se sont réunis autour de leur chef Anne Guérette dans les Jardins de l'hôtel de Ville à Québec, le temps de quelques photos, dont un égoportrait.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La rupture entre la chef de Démocratie Québec et la tête d'affiche du parti ne se fait pas sans heurts. Anne Guérette a affirmé lundi que Paul Shoiry «jouait un jeu» et qualifié de «gain» sa défection. Le principal intéressé n'a pas digéré qu'elle remette en doute son engagement politique.

C'est une Anne Guérette déterminée et bien préparée qui s'est pointée devant les journalistes lundi pour commenter le départ comme indépendant du conseiller municipal de Saint-Louis-Sillery et celui de sa directrice de cabinet, Isabelle Vaillancourt.

La chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Québec et première adversaire déclarée de Régis Labeaume en vue des élections municipales a donné sa version de la crise - qu'elle préfère appeler une «mutation» - au sein de Démocratie Québec.

«Depuis le début, ni Paul Shoiry ni Yvon Bussières ne m'ont appuyée», a d'abord établi Anne Guérette. Ce dernier est devenu indépendant peu après la course au leadership. Le premier a retardé à plusieurs reprises sa décision de porter ou non les couleurs de Démocratie Québec en novembre.

Après plusieurs délais accordés, la chef en avait manifestement assez d'attendre après lui. «Récemment, il nous a avoué que nous étions son plan B», a-t-elle déploré. Le parti a donc lancé un ultimatum vendredi. M. Shoiry a annoncé son retrait du parti. Quelques minutes plus tard, Mme Guérette publiait un communiqué de presse disant qu'elle l'écartait pour «divergence de vision et manque de loyauté».

Selon la chef, l'opposition en ressortira gagnante : «C'est un gain pour notre parti. On ne peut pas travailler avec des gens avec qui on ne peut pas avoir confiance, avec des gens qui ne sont pas francs et honnêtes et qui jouent un jeu. Ça ne peut pas marcher comme ça.» La politicienne a fait valoir que «(M. Shoiry) a beaucoup critiqué, mais n'a jamais partagé son expérience, n'a jamais apporté de solutions».

Quant au départ de sa directrice de cabinet, Mme Guérette n'a pas voulu en parler directement sauf pour dire que c'est d'un commun accord qu'elle est partie et que le service des ressources humaines de la Ville de Québec était partie prenante de la démarche. Elle a par contre insisté tout de suite après sur l'importance de la loyauté au cabinet.

Selon Mme Guérette, les employés doivent s'adapter à un style de leadership différent. Elle a qualifié son approche de gestion de «plus participative, plus inclusive, plus ouverte, plus proche des gens, moins hiérarchique» que celle de M. Shoiry. Néanmoins, elle admet que «la coupure a peut-être été difficile et n'a pas été encore consommée».

À François Marchand, son ex-adversaire dans la course au leadership qui se demandait en fin de semaine si elle partait ou restait, Mme Guérette a répété son intention de se rendre aux élections et même bien au-delà. «Mes intentions sont limpides, honorer le mandat que les membres de Démocratie Québec m'ont confié», a-t-elle martelé.

La chef a également assuré qu'il n'y avait aucune chance que M. Marchand soit candidat pour Démocratie Québec. Question de confiance.

Le nouvel indépendant Paul Shoiry n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué de presse puis en entrevue téléphonique au Soleil, il a assuré que Démocratie Québec n'a jamais été son plan B. À preuve, il a fait ressortir ses trois années passées à la chefferie, sa contribution à la plateforme électorale et au financement du parti. «Surtout, j'ai gardé l'équipe ensemble», a-t-il souligné, déçu de la démobilisation des employés du cabinet.

De l'avis du conseiller municipal, Mme Guérette «est en train de détruire le parti» depuis qu'elle est chef. «Elle n'agit pas comme une candidate à la mairie», tranche-t-il, souhaitant qu'elle «s'élève au-dessus de la mêlée». Lui-même dit vouloir maintenant «tourner la page».

Le maire de Québec, Régis Labeaume, n'a pas commenté les problèmes de l'opposition lundi. «Je pense qu'on ne s'en mêlera pas», a-t-il décliné quand les journalistes l'ont interpellé. Lors de ses sorties publiques de la matinée, il affichait toutefois un air radieux.

Soutien «symbolique» des candidats à Guérette

Au coeur de la tourmente, la chef de l'opposition Anne Guérette a voulu montrer l'unité de son parti Démocratie Québec lundi avant le conseil municipal. Les candidats, membres du personnel du parti et quelques militants ont composé une foule modeste d'une quinzaine de personnes.

Les candidats annoncés jusqu'à maintenant pour les élections de novembre se sont réunis autour de leur chef dans les jardins de l'hôtel-de-ville, le temps de la prise de quelques photos, dont un égoportrait. Le temps aussi de quelques commentaires aux journalistes pour montrer que le moral des aspirants conseillers n'a pas été miné par des derniers jours particulièrement houleux pour la formation d'opposition aux troupes de Régis Labeaume. 

Vendredi, le conseiller Paul Shoiry a claqué la porte du parti dirigé par Anne Guérette. La chef de cabinet Isabelle Vaillancourt a fait de même dimanche.

Présent à la démonstration d'unité, le candidat et colistier d'Anne Guérette dans Cap-aux-Diamants, Jean Rousseau, a jugé important ce rassemblement «symbolique». «On aime travailler avec Anne Guérette. C'est une femme qui a une énergie, une vitalité et une capacité à communiquer son enthousiasme pour la ville», a-t-il dit au Soleil. «C'est dommage ce qui s'est passé, mais ultimement, je crois qu'on en ressort grandi et ça fait que les gens veulent encore plus travailler avec elle.»

Outre M Rousseau, les candidats connus pour Démocratie Québec au scrutin du 5 novembre sont Jacquelyn Smith (Limoilou), Sébastien Tremblay (Saint-Rodrigue), Mario Ledoux (Vanier), Pedro-Nel Marquez (Maizerets-Lairet), Christophe Navel (Montcalm-Saint-Sacrement), Mbaï-Hadji Mbaïrewaye (Saint-Roch-Saint-Sauveur). Valérie Gaudreau 

Le calme après la tempête

Anne Guérette et le conseiller Paul Shoiry, qui a claqué la porte de Démocratie Québec vendredi, ont évité les affrontements au conseil municipal lundi. On aurait pu s'attendre à des pointes et des flammèches entre les deux anciens collègues, mais les deux conseillers, tout comme l'autre ex-représentant de Démocratie Québec, Yvon Bussières, ont laissé leurs différends en dehors de la salle du conseil. MM. Bussières et Shoiry, qui siègent comme indépendants, ont été peu bavards pendant la séance. 

Souhaitant clairement dresser une forme de bilan de ses 10 ans comme élue municipale, Anne Guérette a pour sa part rappelé qu'elle défend le site de l'ancien Patro Saint-Vincent-de-Paul, dans la côte d'Abraham, toujours non développé depuis. «Quel est le projet du maire?» a-t-elle demandé. Régis Labeaume a rappelé qu'il s'agissait d'un terrain privé, et la volonté d'exproprier l'homme d'affaires Jacques Robitaille sera possible avec l'adoption de la loi 122. «On a un projet, mais on va vous le dire en temps et lieu», a-t-il dit, en avançant que le projet «surprendra».  Valérie Gaudreau




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