Les Ursulines quittent le Vieux-Québec

Le départ des dernières soeurs Ursulines à l'automne... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le départ des dernières soeurs Ursulines à l'automne 2018 tourne une nouvelle page de l'histoire de Québec.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) La communauté des Ursulines va quitter son monastère du Vieux-Québec fondé en 1639 par Marie de l'Incarnation pour se reloger avec les Soeurs Servantes du Saint-Coeur-de-Marie dans une nouvelle résidence du secteur d'Estimauville.

Le départ des dernières soeurs Ursulines à l'automne 2018 - elles sont encore une cinquantaine - tourne une nouvelle page de l'histoire de Québec.

«C'est émouvant de penser à quitter les lieux, confie Soeur Cécile Dionne. C'est un deuil. Il y a de la tristesse... On quittera à regret». La nouvelle du départ a été annoncée aux soeurs mercredi après-midi. 

Depuis les premiers jours de la colonie, la communauté des Ursuline y avait fait oeuvre d'éducation de façon ininterrompue. 

Cette mission leur avait été confiée par le Roi Louis XIII qui avait autorisé en 1639 l'établissement d'une école à Québec avec la «charge ...à perpétuité ...d'instruire les petites filles sauvages en la religion catholique...»

La gestion de l'école des Ursulines du Vieux-Québec avait été cédée en juin 2014 à une corporation laïque, à la condition d'y maintenir une mission religieuse. 

L'école des Ursulines fut la dernière dirigée par des religieux à Québec avec celle des Soeurs Servantes du Saint-Coeur-de-Marie de Beauport.

Le hasard de l'histoire fait que les deux communautés poursuivront maintenant leur route ensemble.

Le départ des Ursulines résidentes n'affecte en rien les activités de l'école du Vieux-Québec. 

Les Ursulines demeurent propriétaires des imposants bâtiments et le Musée des Ursulines reste accessible au public. 

Une garderie de 80 places doit y ouvrir ses portes en août prochain et des fonctionnaires municipaux suivront.

La communauté se lance maintenant à la recherche d'autres locataires, idéalement avec une mission d'éducation, pour occuper les espaces qui deviendront vacants.

Il n'est pas question de vendre ni de morceler la propriété, assure Soeur Dionne, qui souhaite garder le lieu «vivant et au service de la communauté».

Soeur Dionne explique que les bâtiments du Vieux-Québec devenaient lourds et coûteux à entretenir pour une communauté vieillissante et de moins en moins nombreuse. 

Les Ursulines étaient en réflexion depuis un moment. Elles ont décidé de partir pendant qu'elles avaient encore la liberté de choisir où aller et avec qui. 

Le grand déménagement

Les Ursulines iront rejoindre près de 200 religieuses des Soeurs Servantes du Saint-Coeur-de-Marie de Beauport.

Elles logeront dans une nouvelle aile greffée à la résidence pour ainés les Jardins d'Évangéline, rue Camille-Lefebvre. Cette aile sera reliée par une passerelle à une maison de soins (infirmerie) à construire elle aussi. 

Les Jardins étant occupés par des personnes âgées laïques, les Ursulines y voient une façon de poursuivre leur oeuvre d'accompagnement en partageant leur «sérénité» et leur «sens de vieillir».

Les Soeurs Servantes du Saint-Coeur-de-Marie réfléchissaient elles aussi depuis quelques années au problème du logement. Elles ont choisi de partir pour les mêmes raisons que les Ursulines et pour ne pas laisser le fardeau de l'immobilier sur les épaules de quelques membres plus jeunes.

Leur résidence de l'avenue des Cascades, construite en 1939, n'a pas la longue histoire de celle des Ursulines, mais les «larmes ont coulé» lorsque la nouvelle du départ a été annoncée, rapporte Soeur Gilberte Laflamme, l'Économe provinciale. La communauté entend poursuivre son oeuvre de soutien scolaire, de francisation des immigrants et de soutien pastoral.

Contrairement à d'autres communautés très regroupées, les soeurs Servantes sont encore éparpillées dans une trentaine de petites résidences à travers le Québec. Au fur et à mesure des fermetures, les occupantes rejoindront leurs soeurs à la nouvelle résidence des Jardins d'Évangéline.

Le sort des bâtiments du 30 et 37 avenue des Cascades n'est pas encore déterminé. 

Soeur Laflamme espère aussi pouvoir leur conserver une vocation sociale ou humanitaire.

Soeur Cécile Dionne des Ursulines et Soeur Gilberte... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Soeur Cécile Dionne des Ursulines et Soeur Gilberte Laflamme des Soeurs Servantes se sont dites peinées de partir.

Le Soleil, Erick Labbé

La Ville «accompagnera» les Ursulines

La Ville de Québec aidera la communauté des Ursulines à trouver une nouvelle vocation au monastère des Ursulines au moment où «une page se tourne» sur l'histoire du Vieux-Québec», a dit l'élue responsable de la culture et du patrimoine, Julie Lemieux. 

«On travaille avec les Ursulines pour assurer cette transition. Elles nous ont mis dans le coup il y a plusieurs années», a réagi Mme Lemieux en point de presse à l'hôtel de ville peu après l'annonce par les Ursulines. «On va travailler avec elles sur différents plans de match. On a déjà commencé à regarder différents scénarios.»

Cet «accompagnement» est en quelque sorte une suite logique à la conversion et la location de locaux qui logeront un CPE et une cinquantaine d'employés de la Ville de Québec dès le mois d'août. Un investissement de 650 000 $. «C'est un symbole, un geste fort qu'on a posé», a-t-elle dit. Mercredi, Mme Lemieux n'a pas encore précisé à quelle division sont rattachés les fonctionnaires.

Le monastère des Ursulines étant «un bijou patrimonial exceptionnel» classé, la Ville de Québec «tend la main» au gouvernement du Québec et au gouvernement fédéral «pour la suite des choses», a aussi dit la conseillère.

Le bâtiment, bien que tricentenaire, est en bon état et Julie Lemieux souhaite éviter la précipitation pour trouver un occupant. 

L'immeuble pourrait-il abriter un centre de valorisation du patrimoine mondial de l'UNESCO? Dans le Soleil de dimanche, Mme Lemieux évoquait la volonté de créer un tel centre à l'image de ce qui existe à Ratisbonne, en Allemagne. «Je ne veux pas m'engager sur une vocation en particulier. On veut les écouter et on va continuer à les écouter avec les autres partenaires», a-t-il conclu. 

Valérie Gaudreau

Chronologie

1639 

Fondation de l'école des Ursulines par Mère Marie de l'Incarnation, première école pour jeunes filles de la colonie.

1650 

L'école d'origine est détruite par un incendie et sera reconstruite.

1857 

Les Ursulines obtiennent la direction de la section féminine de l'école normale Laval, qui forme des professeurs.

2014 

L'école des Ursulines est cédée à une corporation laïque quelques semaines avant la canonisation de sa fondatrice.

Valérie Gaudreau




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