La Ville de Québec met ses lunettes patrimoine

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(Québec) La Ville de Québec a dévoilé mardi sa Vision du patrimoine 2027, qui guidera les actions en la matière au cours de la prochaine décennie. Le Soleil vous propose quelques morceaux choisis.

Mettre les lunettes patrimoine

«Ce qui est ressorti beaucoup dans les discussions, d'ailleurs avec les services de la Ville, c'est qu'on ne prenait pas toujours les lunettes patrimoine dès le début de tous les dossiers, en amont. C'est un engagement qu'on prend : la Ville de Québec à l'avenir va considérer le patrimoine dans l'ensemble de ses actions, va mettre ses lunettes patrimoine dès le départ, c'est ferme comme engagement», a expliqué la vice-présidente du comité exécutif et responsable des dossiers de patrimoine, Julie Lemieux. 

Des inspirations

La Ville de Québec a identifié dans sa Vision du patrimoine sept villes qui l'inspirent. Pour la deuxième fois en deux jours, le nom de Lyon est ressorti parce que cette ville française a fait la place belle à l'histoire dans la mise en valeur des berges du Rhône. On trouve aussi sur cette courte liste Bruges, en Belgique, dont la taille se compare à Québec et qui a le défi d'attirer des résidents dans son centre historique. Il y a Marseille, en France, pour sa transmission des savoirs, Édimbourg, en Écosse, pour sa plateforme de contribution citoyenne, Ratisbonne, en Allemagne, qui a installé un centre sur les villes du patrimoine mondial dans un ancien grenier à sel. Aux États-Unis, Philadephie et Washington plaisent aussi à l'administration Labeaume, qui se reconnaît dans leur approche très marketing du patrimoine. 

L'accent sur le patrimoine mondial

L'Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM), qui a son siège social à Québec depuis sa fondation en 1993, aimerait devenir propriétaire. La Ville de Québec est évidemment très favorable à une installation permanente et voudrait y greffer un centre de diffusion des villes du patrimoine mondial. Ce centre présenterait les 230 autres villes membres de l'OPVM en plus de faire la promotion du Vieux-Québec à titre de site du patrimoine mondial. Pour profiter de l'avantage UNESCO, la Ville de Québec veut aussi afficher sa désignation autour du Vieux-Québec et participer à la journée de solidarité des villes du patrimoine mondial, le 8 septembre.

Le point sur les églises

L'église Saint-Charles de Limoilou a été ajoutée à la liste des églises de valeur patrimoniale exceptionnelle qui bénéficieront de l'enveloppe de 15 millions $ sur 10 ans réservée pour des travaux de restauration. Il y a donc huit églises visées maintenant. «C'est la dernière !» a insisté le maire Régis Labeaume, sourire aux lèvres, faisant mine de rabrouer sa vice-présidente Julie Lemieux. Les partenaires procèdent actuellement à la priorisation des chantiers, qui débuteront en 2018. L'administration Labeaume est toujours en attente du gouvernement du Québec, à qui il a demandé de doubler la mise municipale. Le maire ne veut toutefois pas mettre de pression sur le ministre de la Culture, Luc Fortin, dont il vante l'ouverture et l'efficacité. 

Un concours d'idée pour Saint-Coeur-de-Marie

Après son concours international d'idées pour mettre en valeur les rivières, la Ville de Québec veut lancer un autre concours à l'échelle régionale ou provinciale pour sauver l'église Saint-Coeur-de-Marie. L'appel aux experts et au public servira à trouver une vocation au lieu de culte désacralisé et à guider sa transformation architecturale. «Si vous avez une bonne idée sur son utilisation, ça nous aiderait avant de parler d'architecture», a lancé mardi le maire Régis Labeaume. Référant au programme particulier d'urbanisme de la colline parlementaire qui permettra bientôt d'exproprier le propriétaire, sa collègue élue Julie Lemieux a fait valoir qu'«on ne veut pas juste faire des menaces, on veut aussi aider à trouver des idées de recyclage». Des exemples de conversion «pas toujours aussi coûteux qu'on peut s'imaginer» existent partout dans le monde, dit-elle. 

Plus d'argent, moins de temps pour les rénovations

Les citoyens qui ont des rénovations à faire sur leurs bâtiments patrimoniaux savaient déjà que les subventions disponibles passeront de 4 à 5 millions $ par année, peut-être même 6 millions $ si le gouvernement du Québec accepte d'y mettre du sien. Ils apprennent maintenant que le traitement de leur demande sera plus facile et possiblement accéléré puisque la Commission d'urbanisme et de conservation de Québec étudiera seule les dossiers. Fini, donc, l'aller-retour au ministère de la Culture. «Ça va vraiment faciliter les choses parce que les gens étaient un peu perdus. Il va y avoir une seule portée et ce sera la Commission et je pense que c'est un beau gain», a commenté la conseillère Julie Lemieux.

En un mot

Nouvelle définition du patrimoine de la Ville de Québec

L'ensemble des biens matériels et immatériels, d'ordre naturel ou culturel, hérités du passé et façonnés par le quotidien, que l'on reconnaît, protège, conserve, met en valeur, s'approprie, transmet et continue à enrichir.

L'absence d'Anne Guérette remarquée

La chef de l'opposition Anne Guérette, qui fait du patrimoine son cheval de bataille depuis plusieurs années, n'a posé aucune question lors du comité plénier sur la Vision du patrimoine 2027 tenu mardi. Elle est même sortie de la salle du conseil pendant de longues minutes alors que des fonctionnaires présentaient le document et que d'autres élus demandaient des éclaircissements. Les membres d'Équipe Labeaume ont tôt fait de le remarquer. La vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux, l'a même signalé au micro. Au sortir de la salle, la tension était palpable entre les deux femmes. Aux reproches de Mme Lemieux, la chef de Démocratie Québec a balancé un juron et répété plusieurs fois ces quatre mots : «Vous êtes en retard!» Mme Guérette a ensuite expliqué qu'elle n'avait aucune question sur le document parce qu'il est «parfait». Elle a toutefois critiqué le moment de son dépôt. Selon elle, il y a un lien à faire avec les élections qui s'en viennent à grands pas.

Nouvelles casernes: Labeaume ne sait plus quoi faire

Le maire de Québec, Régis Labeaume, laisse la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) lui revenir avec un projet pour les Nouvelles casernes, mais il se montre peu optimiste quant aux chances de succès à court terme. «Moi, je l'ai annoncé deux fois avec deux gouvernements, alors je ne sais plus quoi faire», a-t-il laissé tomber mardi, au lendemain de l'étude des crédits budgétaires de l'organisme gouvernemental. «Il faut être deux pour danser le tango», a-t-il ajouté. Quant à la fermeture possible du Musée de la Place-Royale et du centre d'interprétation dans la Maison Jean-Baptiste-Chevalier, l'administration Labeaume s'y dit opposée. «On veut que ça reste habité, on veut que ça reste vivant», a statué la conseillère Julie Lemieux. La Ville de Québec n'est pas prête à contribuer financièrement, mais participera à la recherche de nouvelles vocations si nécessaire.




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