SRB: quels sont les plans B de Québec?

Avant d'embarquer à fond de train dans le... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Avant d'embarquer à fond de train dans le Service rapide par bus (SRB), la Ville de Lévis prévoyait aménager des voies réservées au transport en commun au centre du boulevard Guillaume-Couture et de la route des Rivières (photo).

Le Soleil, Patrice Laroche

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Après le retrait de Lévis du projet de SRB, quel «plan B» pourrait privilégier la Ville de Québec, qui avait planifié le dossier en collaboration avec sa voisine de la Rive-Sud? Le Soleil a analysé et discuté de cinq options avec des observateurs.

L'abandon

Des opposants au projet de Service rapide par bus (SRB) et d'autres qui ne croient pas qu'il serait souhaitable de le réaliser sans Lévis considèrent qu'il faudrait tout simplement l'abandonner. Le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, est de ceux-là et demande carrément au ministre de la Capitale-Nationale de cesser de dépenser pour le SRB. «Ce projet est mal ficelé, mal défini et il n'a pas l'acceptabilité sociale. Son taux d'appui est tombé sous la barre des 50%», indique-t-il. N'ayant jamais caché être très favorable à la création d'un nouveau lien autoroutier entre les deux rives, M. Caire voudrait voir le gouvernement libéral tenir sa promesse de créer un bureau de projet pour le troisième lien. Même s'il déplore le retrait de Lévis du projet de SRB, l'économiste Jean-Marc Bergevin, du bureau d'études stratégiques et techniques en économique, se demande pour sa part s'il ne serait pas souhaitable de moduler les transports en imposant un tarif sur les ponts aux heures de pointe, comme dans des villes comme Londres ou Singapour. «Ça permettrait de sortir des gens du pont à 8h30 et de les y amener plus tôt ou plus tard. Les individus s'adapteraient, les entreprises s'adapteraient», plaide-t-il.

Le retour du tramway

Tenu pour mort de nombreuses fois au cours des dernières décennies, le projet d'un tramway à Québec pourrait-il renaître des cendres du SRB? C'est l'hypothèse audacieuse qu'a ramenée sur la table Étienne Grandmont, directeur général de l'organisme Accès Transports Viables. Considérant que le tronçon menant à Lévis était celui qui avait fait augmenter de façon importante les coûts prévus du SRB, M. Grandmont se demandait s'il ne serait pas possible de faire revivre le tramway avec les sommes économisées par le retrait de Lévis. Il ne cache toutefois pas qu'il a lui-même toujours été favorable au tramway et qu'il avait toujours considéré le SRB comme un projet un peu moins intéressant. «Rappelons-nous que les Métrobus avaient été implantés, dans les années 90, comme une solution intermédiaire en attendant le tramway», évoque-t-il comme piste de réflexion.

Bonifier le SRB

Un autre scénario évoqué par le directeur général d'Accès Transports Viables, Étienne Grandmont, est la bonification du projet de SRB à Québec. Les sommes qui auraient servi à ajouter 15 km au réseau pour l'amener à Lévis pourraient selon lui servir à desservir une plus grande clientèle à Québec. Aux lignes est-ouest et nord-sud, M. Grandmont verrait bien un autre axe s'ajouter, soit celui du corridor entre le Grand Théâtre de Québec et le boulevard Laurier, un secteur où les besoins sont criants et la clientèle à desservir, nombreuse. Le projet initial prévoyait desservir ce secteur dans un second temps. M. Grandmont verrait dans le retrait de Lévis une opportunité de le faire dès la mise en fonction d'un éventuel SRB.

Un SRB réduit

Pourrait-on retirer simplement le tronçon lévisien du projet de SRB pour ne réaliser que la portion prévue pour la capitale? Ainsi, la future ligne est-ouest serait amputée d'une quinzaine de kilomètres et n'irait que du pôle D'Estimauville au secteur du pont de Québec sans le traverser, en passant par le Cégep de Limoilou, la Gare du Palais et en empruntant le boulevard Charest pour ensuite passer par le Cégep de Sainte-Foy, l'Université Laval et le boulevard Laurier vers le CHUL, entre autres. La ligne nord-sud, de 6,9 km, demeurerait inchangée, allant de la station du Grand Théâtre à celle de la 41e Rue.

Réinvestir dans le RTC

Des observateurs de tous les horizons évoquent la possibilité d'utiliser des sommes prévues pour le SRB afin de bonifier le service du Réseau de transport de la capitale (RTC). Au fond, c'est ce que le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, propose pour sa ville en se retirant du SRB, mais en promettant un projet «moins coûteux et aussi efficace». Même s'il est un tenant du troisième lien entre Québec et Lévis, le député caquiste Éric Caire a mentionné cette option. «On en achète, des autobus, pour 1,6 milliard $!», a-t-il lancé en évoquant le coût prévu du SRB. L'économiste Jean-Marc Bergevin, du bureau d'études stratégiques et techniques en économique, a aussi évoqué ce scénario en entrevue avec Le Soleil. «Comme le pont est l'endroit où il y a le plus de congestion, pourquoi le RTC n'ouvrirait-il pas des stationnements incitatifs à l'entrée des ponts pour permettre aux gens de Lévis de se stationner là pour utiliser, par exemple, le circuit 800? Il y aurait moins de véhicules sur les routes et ça améliorerait le flux de circulation!», lance-t-il.

Lévis reluque son vieux plan A

Avant d'embarquer à fond de train dans le service rapide par bus (SRB), la Ville de Lévis prévoyait aménager des voies réservées au transport en commun au centre du boulevard Guillaume-Couture (132) et de la route des Rivières (116).

En 2011, Lévis planifiait une «première» pour la région de Québec : un couloir de bus à haut niveau de service (BHNS) de 16 kilomètres avec des voies réservées construites au centre de la chaussée, entre la rue Monseigneur-Bourget et le secteur de Saint-Nicolas. Le projet incluait des passages piétonniers et des abribus pour une traversée et une attente sécuritaires. Les automobilistes devaient conserver deux voies de circulation de chaque côté.

Le projet était alors estimé entre 260 et 300 millions $. Le gouvernement du Québec était sollicité pour le financement, car les routes 132 et 116 sont sous responsabilité provinciale. Une somme de 1,45 million $ avait d'ailleurs été débloquée par Québec pour faire des études.

Un premier tronçon du boulevard de la Rive-Sud (rebaptisé Guillaume-Couture depuis) devait être mis en chantier dès 2013 entre la rue Saint-Omer et le boulevard Alphonse-Desjardins. Le tout devait être concrétisé pour... 2016.

Tant le maire Gilles Lehouillier que le président de la Société de transport de Lévis, Michel Patry, chargé de développer une nouvelle solution de transport en commun pour Lévis, ont référé à ces travaux mercredi et manifesté l'intention de remettre à jour les données déjà accumulées.

M. Patry croit que le scénario des BHNS mérite d'être exploré. «On va revisiter cette option-là et à peu près toutes les hypothèses possibles et réalisables. À l'heure actuelle, il n'y a rien de canné, rien d'aligné», a-t-il déclaré au Soleil.

Selon le président de la STLévis, la Ville croyait vraiment au SRB et a participé au projet «de bonne foi». Si bien qu'elle n'a pas planifié de «plan B» au cas où le projet ne lui conviendrait pas. «On ne peut pas courir deux lièvres à la fois et se garder un pneu de secours au cas où», illustre M. Patry.

Les leçons du SRB

Remettre à jour le projet de BHNS peut quand même prendre un peu de temps. M. Patry ne veut pas donner d'échéancier précis pour arriver avec un nouveau projet, mais assure qu'il a «appris des choses» en siégeant au comité directeur du SRB, ce qui l'aidera dans sa planification future du transport en commun. «On va essayer d'amener des solutions le plus rapidement possible, mais ce n'est pas un petit dossier.»

Quant au maire, il a précisé qu'il allait remanier sa liste de demandes au ministère des Transports du Québec (MTQ) en fonction des priorités qui seront dégagées. De nouveaux aménagements routiers pourraient être réclamés.

En 2014, alors que l'étude de faisabilité sur le tramway/SRB battait son plein, le MTQ avait abandonné son projet pourtant prioritaire de réfection de la route 116. En plus de faire de la place au transport en commun, les interventions devaient permettre d'augmenter la fluidité et la sécurité sur cette artère très fréquentée. Le rond-point à l'entrée sud des ponts devait également faire l'objet de travaux pour faciliter le passage des autobus et faciliter la circulation, mais on n'en a plus entendu parler.

Annie Morin et Patricia Cloutier




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer