L'impatience de Labeaume est un «désaveu» de Québecor

Anne Guérette et Paul Shoiry ont semblé surpris... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Anne Guérette et Paul Shoiry ont semblé surpris par l'impatience de Régis Labeaume à l'endroit de Québecor, gestionnaire du Centre Vidéotron.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) L'impatience exprimée par le maire Régis Labeaume devant les déficits du Centre Vidéotron est un «désaveu» du gestionnaire Québecor, selon l'opposition à l'hôtel de ville.

«Quand j'ai vu ça, j'ai vu ça comme un désaveu du gestionnaire qu'il a choisi», a commenté lundi le conseiller de Démocratie Québec, Paul Shoiry. «C'est quelque chose. Je trouve ça majeur. Moi si j'étais chez QMI, je ne serais pas content de me faire dire ça par mon client», a ajouté le conseiller en point de presse avant le conseil municipal de lundi.

Vendredi, le maire de Québec, absent lundi en raison d'une mission commerciale à New York, a montré un peu d'impatience envers Québecor. «On a signé un deal avec un gestionnaire que vous ne verrez pas en Amérique du Nord. Mais là, on ne peut pas gérer à sa place. C'est pas nous autres qui le gère. On commence à être impatients», avait-il dit.

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a semblé surprise du ton adopté par M. Labeaume. «C'est nouveau. Le maire revient toujours en disant qu'il est confiant, que c'est normal qu'on ne fasse pas d'argent dans les premières années», a-t-elle dit. «Là, tout à coup il se tourne vers Québecor et commence à se dire un peu fâché et impatient.»

Régis Labeaume a tenu ces propos alors qu'il réagissait à des chiffres compilés par Démocratie Québec à l'effet que le déficit du Centre Vidéotron était de 5,2 millions $ au lieu des 600 000$ annoncés. Une grande part de ce manque à gagner s'explique par le fait que la Ville s'est engagée à rembourser la moitié du déficit de QMI jusqu'à concurrence du loyer de 2,5 millions$ par an sans équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Le conseiller responsable de l'amphithéâtre, Jonatan Julien, avait répliqué le jour même en parlant plutôt de 3,7 millions $,

Mais peu importe la différence de chiffres, l'opposition y voit un constat commun : il y a déficit plus important que prévu.

«La beauté de l'affaire c'est que Équipe Labeaume admet que les chiffres que le maire a utilisés pour vendre son projet aux citoyens en 2011 n'était pas juste. Là-dessus, on s'entend Équipe Labeaume et nous. Ça coûte beaucoup plus cher aux citoyens que prévu.»

Les deux élus de l'opposition ont aussi de nouveau déploré lundi l'aspect confidentiel des chiffres du gestionnaire de l'amphithéâtre. «On trouve inacceptable ce manque de transparence. Cet amphithéâtre nous appartient», a dit Mme Guérette.

Équipe Labeaume deux fois plus riche que l'opposition

Les coffres d'Équipe Labeaume sont deux fois plus garnis que ceux de l'opposition à sept mois des élections générales du 5 novembre 2017. L'équipe du maire avait 133 577$ à la banque le 31 décembre contre 66 100$ pour Démocratie Québec.

Ces chiffres apparaissent dans les états financiers rendus publics en fin de journée lundi

Depuis sa fondation pour les élections de 2009, Équipe Labeaume ne mise que sur une activité de financement par an, un cocktail à 100$ la carte qui permet d'amasser en moyenne 75 000$ par année.

Quant aux fonds totaux des partis, incluant les budgets de recherche aux élus et les salaires des employés qui ne peuvent pas être utilisés pour la campagne électorale, il était de 163 217$ à la fin de l'exercice financier pour Démocratie Québec et de 779 344$ pour Équipe Labeaume.

Depuis 2010, toutefois, la formation du maire n'utilise pas la totalité de son budget de recherche et de secrétariat. En 2016, 21% n'ont pas été utilisés, Équipe Labeaume ayant dépensé 597 705$ des 756 933$ accordés. En sept ans, le parti a utilisé en moyenne 57% de son budget en soutien au travail des élus à l'hôtel de ville, laissant dans les coffres de la ville une moyenne de 43% des sommes.

Le parti du maire compte 17 élus au conseil municipal. Au total, la formation avait récolté 18 des 21 sièges au scrutin de novembre 2013, mais le conseiller Sylvain Légaré siège maintenant comme indépendant.

Démocratie Québec, qui a connu sa première campagne en 2013 avait envoyé trois élus au conseil, mais Yvon Bussières a aussi choisi de devenir indépendant en cours de mandat.

La demande d'enquête sur le tour d'hélico de Labeaume bientôt déposée

Démocratie Québec déposera bientôt, possiblement d'ici la fin de la semaine, sa demande formelle pour une enquête de la Commission municipale sur la balade du maire Régis Labeaume dans l'hélicoptère TVA, propriété de Québecor. «Le processus suit son tour. On a presque finalisé notre dossier», a indiqué lundi la chef de Démocratie Québec, Anne Guérette. Démocratie Québec avait annoncé le 22 mars sa volonté de demander une enquête sur le tour d'hélicoptère qu'a fait le maire à l'invitation du patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau afin de survoler les plaines d'Abraham pendant la tenue de la Coupe du monde de ski de fond. L'opposition y perçoit un potentiel manquement à l'éthique en raison d'une trop grande proximité avec Québecor, gestionnaire du Centre Vidéotron et propriétaire de Gestev qui organisait la Coupe du monde de ski. Le maire Labeaume avait pour sa part répliqué en qualifiant ce débat «d'insignifiant».

Hausse de 17% des dossiers au Bureau de l'ombudsman

Le Bureau de l'ombudsman de la Ville de Québec a traité 265 dossiers de citoyens qui se sont tournés vers cet organisme après avoir estimé ne pas avoir reçu un service adéquat ou assez d'informations de l'administration municipale. Il s'agit d'une hausse de 17% par rapport à la moyenne des trois dernières années, révèle le rapport annuel de l'organisme déposé lors du conseil municipal de lundi. Du lot, 20% des dossiers concernaient le zonage ou l'urbanisme. Le déneigement a fait l'objet de 8% des demandes. Suivent la voirie et l'environnement, tous deux à 6%. Au total, 32%, soit 84 dossiers ont nécessité une intervention du Bureau de l'ombudsman. Mais une faible proportion, soit seulement quatre, a mené à des enquêtes des commissaires et six dossiers étaient considérés en traitement au moment de la rédaction du rapport 2016.




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