«Ça va être une année à oublier» pour le déneigement

Après quelques années plus clémentes, les précipitations de... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Après quelques années plus clémentes, les précipitations de neige ont tenu les déneigeurs bien occupés cet hiver.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Vous trouvez qu'il y a eu beaucoup de neige cet hiver? Pas tant que ça! C'était plutôt un retour à la moyenne après quelques années clémentes. Sauf que les déneigeurs qui n'avaient pas prévu le coup, qui n'ont pas les reins solides, vont être sonnés... Et certains clients pourraient devoir payer plus cher l'an prochain.

Secteur résidentiel

«On a fait beaucoup plus de sorties que ces quatre dernières années. On est sorti 37 fois. L'année d'avant, on était sorti 16 fois.»

Dans l'univers du déneigement, on calcule en nombre de «sorties» et en «centimètres tombés» pour fixer le prix d'un contrat. Et cette année, ils sont rendus «à la limite», commente un des responsables chez MRA Paysagiste, Julien Cicé.

La «limite», c'est la base sur laquelle les entreprises du secteur établissent leurs tarifs. En gros, on se prépare pour un hiver de 320 cm.

Mais les faibles précipitations des dernières années avaient poussé les tarifs vers le bas. «Il y a beaucoup de petits déneigeurs qui coupent les prix», remarque le président de Déneigement Fleury, Alain Bélanger. 

«Ça faisait trois ans qu'on avait des hivers très faciles. Ça a amené une diminution des prix», confirme le copropriétaire du Groupe Essa, Simon Jourdain. Le retour à la moyenne a frappé fortement les entreprises qui s'équipaient de plus petits camions, de plus petits tracteurs, pour compresser leur budget d'exploitation, évalue-t-il.

M. Jourdain prédit que les plus agressifs vont pâtir de l'hiver 2016-2017. Des tracteurs seront saisis.

Les prix ne devraient pas grimper l'an prochain, selon lui. «Mais les prix ne baisseront pas.»

Secteur commercial

L'hiver a été difficile dans le marché commercial et institutionnel. La pression à la hausse sur les prix sera forte pour la prochaine saison.

«Ça va être une année à oublier», laisse tomber Maurice Martin, dont l'entreprise porte son nom. «Ce n'est pas la pire; on a connu pire que ça en 2008-2009. [...] Mais ce n'est pas une année facile.»

Il se fait fataliste : «Ça fait partie du métier. Avec Mère Nature, on ne sait jamais sur quel pied danser.» Tandis que nous discutons, le soleil brille d'ailleurs à l'extérieur : «On est bien heureux!»

Quand il s'agit de dégager les stationnements d'un hôtel, d'un immeuble de bureaux ou un commerce, la moindre petite accumulation doit être éliminée; la norme est plus sévère que pour les résidences. Il faut tout enlever durant la nuit, avant l'arrivée des clients et travailleurs, explique-t-il. Et y retourner le soir venu si la neige a persisté durant la journée. 

Donc, plus souvent il neige, plus les précipitations s'étirent sur de longues heures, plus la dépense gonfle. D'autant plus qu'à chaque passage, il faut épandre du sel de déglaçage en quantité. «Il y a des coûts faramineux au niveau du sel cette année.»

Simon Jourdain, copropriétaire du Groupe Essa, confirme : «Le sel, c'est de l'or blanc!» La météo en dents de scie et les précipitations régulières ont forcé l'épandage d'une grande quantité d'abrasif et de fondant, dit-il. 

C'est sans compter la surprise qu'ont concoctée les propriétaires de dépôts à neige privés de la région, ajoute-t-il. «En janvier, ils se sont tous entendus.» Le prix par voyage aurait subitement grimpé de 34 %.

«Du côté commercial c'est vraiment un autre monde», fait-il remarquer. «L'année prochaine, il faut s'attendre qu'il y ait un petit ajustement.»

Vous trouvez qu'il y a eu beaucoup de neige cet hiver?... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

Agrandir

Infographie Le Soleil

Encore de gros bancs de neige

Vous ne rêvez pas, la neige tarde à fondre! confirme Environnement Canada.

Dame Nature a joué au yo-yo cet hiver, observe la météorologue Marie-Ève Giguère. Janvier et février ont été «super doux». Il y a même eu 35 mm de pluie en février, alors que la normale est de 15 mm.

Mais le mercure a replongé. «Mars, au contraire, a été plus froid que la normale», note-t-elle. «Le mois de mars a été globalement plus froid que notre mois de février.»

La conséquence est perceptible dans les cours! «Fin mars, normalement, il reste 39 cm au sol. On est encore à 63 cm au sol.»

Et ce n'est pas fini. Notre subconscient-qui-rêve-à-l'été raye cette information systématiquement : en avril, la «normale» est de 13 cm de neige... «On n'est pas tout à fait sorti du bois.» 




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer