«Vous serez en sécurité» à Québec, promet Labeaume

Bonhomme Carnaval a fait le bonheur des enfants... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Bonhomme Carnaval a fait le bonheur des enfants présents à la traditionnelle journée d'accueil des nouveaux arrivants, samedi au Centre Vidéotron.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Malgré la peur et l'angoisse que vit la communauté musulmane de Québec depuis le tragique attentat du 29 janvier, le maire Régis Labeaume arrive toujours à regarder les nouveaux arrivants dans les yeux et leur dire que la capitale est «la ville la plus sécuritaire au monde».

Plutôt que d'ignorer l'éléphant dans la pièce, Régis Labeaume a choisi d'aborder le sujet de front lors de son discours à la journée d'accueil des nouveaux arrivants, samedi après-midi, une activité de la Ville de Québec tenue au Centre Vidéotron.

«Je veux vous dire qu'à Québec, vous serez en sécurité», a déclaré le maire devant quelques centaines d'immigrants et de réfugiés qui se sont installés ici dans la dernière année. «On a eu la fusillade du 29 janvier, mais ça demeure, je pense, un événement tellement exceptionnel. [...] C'est une ville où il fait bon vivre, une ville où on vit en sécurité», a-t-il insisté. 

Au-delà des chiffres sur l'emploi, M. Labeaume a souvent associé la qualité de vie à Québec à des arguments de sécurité pour convaincre les immigrants de s'y établir. Sa vision des choses n'a pas changé depuis la tuerie, a-t-il assuré. Il a par contre senti le besoin de parler ouvertement des événements survenus au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), où six musulmans sont tombés sous les balles d'un assaillant québécois.   

Le maire s'est dit conscient que la fusillade avait laissé des traces et que la douleur est encore vive. Des représentants de la diaspora musulmane le lui ont d'ailleurs rappelé la veille à l'occasion du «souper de l'espoir», qui visait à apporter du réconfort à la communauté en deuil. «Ces gens-là vivent beaucoup d'angoisse, beaucoup de peur. C'est évident que c'est irrationnel, mais ça ne veut pas dire que ça n'existe pas. [...] Hier [vendredi], on l'a senti», a-t-il souligné en point de presse.  

Reste que les nouveaux arrivants font selon lui la part des choses entre le drame qui s'est joué dans Sainte-Foy et la perspective d'avenir que leur offre la capitale.

D'après le maire, autant en Europe qu'au Maghreb, les gens ont surtout retenu «l'empathie» démontrée  par la population de Québec. M. Labeaume fait l'analyse que les Québécois, en tant que Nord-américains et en soutenant de façon convaincante leurs concitoyens musulmans, ont contrecarré les discours anti-occidentaux. «On aurait confondu le discours des extrémistes», a-t-il affirmé samedi, basant notamment ses impressions sur une discussion qu'il a eue la veille avec l'ancien président tunisien Moncef Marzouki.   

Passer à autre chose

La vision du maire est partagée par Boufeljah Benabdallah, l'un des fondateurs du CCIQ. «Ce qu'on a vécu c'est dramatique, d'accord, mais on est dans une ville sécuritaire. Vous sortez d'un café à minuit ou d'un restaurant à deux heures du matin, vous marchez dans la rue sans que quelqu'un vous accroche. Ça, c'est unique!» a-t-il dit. 

Celui qui habite Québec depuis 48 ans fonde beaucoup d'espoirs sur les différentes prises de position des politiciens depuis l'attentat. Que ce soit par d'éventuelles mesures pour favoriser l'emploi ou l'intégration, des démonstrations de solidarité ou des journées d'échange comme celle de samedi, il croit que c'est en suivant cette voie que la communauté arrivera à se remettre de l'attaque à la Grande mosquée. 

«Ce qu'on a passé, c'était très difficile, mais quand on voit que les gens peuvent commencer, non pas à oublier, mais à passer à autre chose, c'est bon. [Cela dit], on doit toujours avoir dans notre esprit une mémoire à ces gens qui sont partis et ces familles qui sont touchées.»

De nombreuses promesses en matière d'emploi

Les immigrants récemment débarqués dans la capitale ont... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Les immigrants récemment débarqués dans la capitale ont tendu l'oreille aux nombreux engagements des politiciens à leur endroit.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Entre deux boutades sur les rigueurs de l'hiver, les immigrants récemment débarqués dans la capitale ont surtout tendu l'oreille aux nombreux engagements des politiciens à leur endroit, notamment en matière d'emploi. Des propos qui venaient à point alors que de nombre d'entre eux courent les foires de l'emploi sans grand succès.  

«Nous avons besoin de vos cerveaux, nous avons besoin de vos bras, nous avons besoin de vos têtes», leur a lancé le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, dans le cadre de la Journée d'accueil des nouveaux arrivants, samedi.  

Reprenant les engagements du premier ministre Philippe Couillard, il a réitéré la volonté du gouvernement de faciliter la reconnaissance de leurs compétences acquises à l'étranger (projet de loi 98). Québec entend également réclamer des assouplissements chez les ordres professionnels. M. Blais a parlé de «renforcer un certain contrôle» sur les ordres pour que les conditions d'adhésion soient «plus souples».

M. Blais souligne que le temps d'attente pour un immigrant avant d'intégrer son domaine d'emploi est beaucoup trop long et que c'est sur ces délais que travaillera le gouvernement. 

Les Népalais, un échec?

En plus du mur de l'emploi, certaines communautés peinent à s'intégrer en raison de la barrière de la langue. C'est le cas, entre autres, des Népalais et des Boutanais de la capitale. Comme le rapportait Le Soleil il y a quelques jours, la majorité des familles auront quitté la région d'ici deux ans au profit de l'Ontario, en grande partie en raison de la difficulté de vivre en français. Il n'y a pas si longtemps, Québec comptait plus d'un millier de Népalais. 

Pour Régis Labeaume, il ne s'agit pas d'un échec d'intégration. Pour lui, le taux de rétention global fait foi de tout. Ce dernier se situe actuellement autour de 80 %, ce qui semble le satisfaire amplement. 

À l'instar du maire, Chantal Gilbert, conseillère municipale responsable des communautés culturelles, croit que leur situation est davantage liée à des considérations familiales. «[La langue], c'est un frein énorme pour l'ouverture à l'emploi. Mais il faut se dire qu'on a quand même été une communauté accueillante. On leur a permis de sortir d'un camp de réfugiés. [...] Au moins ils auront passé un séjour d'acclimatation dont ils garderont, je suis sûre, de bons souvenirs.»

Outre MM. Blais et Labeaume, le député fédéral de Québec, Jean-Yves Duclos, était également du comité d'accueil présent samedi pour les nouveaux arrivants.

***

Rencontre à huis clos avec le ministre Duclos

Le député fédéral de Québec, Jean-Yves Duclos, a rencontré le maire Régis Labeaume à huis clos, vendredi. Le cabinet du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social n'a pas voulu préciser la nature des discussions.

Le maire Labeaume avait critiqué Ottawa il y a deux semaines, après le budget, soulignant qu'il était «compliqué» de faire affaire avec le gouvernement de Justin Trudeau. Il avait qualifié le processus de communication de «confus».

Le cabinet du maire a indiqué samedi que le message avait été entendu. M. Labeaume a pour sa part déclaré, de façon plutôt laconique, que lui et le ministre Duclos souhaitaient «avoir du succès ensemble». Dans sa sortie post-budget, le maire s'était gardé de critiquer directement le ministre Duclos, soulignant qu'il avait bonne oreille.

***

À New York pour pousser les Grands voiliers

Régis Labeaume part dimanche en mission économique de deux  jours à New York. Le maire a notamment comme objectif de mousser les festivités du 150e anniversaire de la Confédération qui se dérouleront à Québec. «On va vendre les Grands voiliers. On va vendre l'été, le 150e qu'on vivra ici», a-t-il énuméré samedi, sans oublier le Festival d'été.

En plus de représentants du tourisme, M. Labeaume débarquera dans la Grosse Pomme avec des entrepreneurs provenant majoritairement de l'industrie agroalimentaire. «New York, c'est propice à ça, car il y a de grandes chaînes d'alimentation qui sont là-bas. On a déjà connu un certain succès.»

La délégation doit revenir mardi.




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