SRB: Guérette demande un référendum, Labeaume ferme la porte

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(Québec) «On se fait imposer l'équivalent de trois amphithéâtres sans consensus social? Ça ne tient pas la route.» Anne Guérette demande formellement la tenue d'un référendum sur le Service rapide par bus (SRB). Le projet de transport de plus de 1 milliard $ ne fait pas assez consensus aux yeux de l'opposition à l'hôtel de ville. Pas question, répète l'administration Labeaume, prête à aller en élection sur cette question.

«La réponse c'est non. Il n'y aura pas de référendum», a tranché le président du Réseau de transport de la capitale (RTC), Rémy Normand, mercredi après-midi. 

Quelques heures plus tôt, la chef de l'opposition à l'hôtel de ville, Anne Guérette, a publié un communiqué dans lequel elle demande un référendum, sans quoi le SRB sera un enjeu électoral pour le scrutin général du 5 novembre.

Pas de problème, a répliqué Rémy Normand, reprenant en substance les propos tenus par Régis Labeaume en décembre. À ce moment, le maire de Québec s'était dit prêt à faire du SRB un enjeu électoral. «Je vais avoir le courage de mes convictions, pis je vais m'en aller en élections avec ça. Pas question que je laisse ça de côté», avait-t-il prévenu en entrevue au Soleil, réitérant sa farouche opposition à un référendum.

Sceptique de longue date devant le projet d'autobus rapides entre Québec et Lévis, la conseillère Anne Guérette affirme que les lendemains de budget fédéral, la semaine dernière, ont fait déborder le vase. Le maire Labeaume s'est alors dit prêt à combler l'écart si Ottawa et Québec n'épongent pas toute la facture.

«Le maire se dit prêt à injecter 100 millions $ et on ne consultera pas les citoyens? Il faut que les gens se prononcent», a-t-elle expliqué en entrevue au Soleil

Campagne d'information

La chef de Démocratie Québec convient qu'un tel scrutin ne pourrait pas se tenir demain matin. La population devra avoir en main toute l'information avant de se prononcer. Mais l'information tarde, déplore l'élue, alors que le maire Labeaume a annoncé avant les fêtes qu'il tiendra en début d'année une grande campagne d'information sur le projet pas toujours compris de la population.

«Ça traîne. Et est-ce qu'il prépare un événement de promotion du SRB ou d'information?» a demandé Mme Guérette.

Rémy Normand a assuré mercredi qu'un tel exercice est pour bientôt.

«C'est un projet nécessaire à Québec. C'est un projet qu'on va mieux expliquer aux citoyens», a dit le président du RTC, tout en reconnaissant qu'il y a eu «un trou d'un an, un an et demi» dans l'information livré aux citoyens. Un retard attribuable à l'attente du financement.

«On en paye un peu le prix parce que les gens ne sont pas assez informés au moment où on se parle. Mais là, une offensive s'en vient pour réexpliquer et faire mieux comprendre le projet de SRB», a-t-il assuré.

Anne Guérette a fait sa sortie au lendemain du budget du Québec. Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a confirmé la somme de 56 millions $ pour la production de plans et devis du système de transport collectif prévu pour relier Québec et Lévis.

Or, aux yeux d'Anne Guérette, trop d'éléments suscitent encore des interrogations, dont le tracé choisi, sur le boulevard Charest «ayant été maintes fois remis en question en raison du faible achalandage qu'il risque de générer».

Démocratie Québec considère aussi comme «préoccupants» le choix des véhicules «en partie au diesel, alors que la tendance est à l'électrification complète des transports». Mme Guérette cite aussi «le faible niveau actuel d'adhésion sociale que le projet suscite».

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui s'est déjà dit en faveur d'un référendum sur le SRB n'a pas commenté la demande d'Anne Guérette mercredi. Son attachée de presse Zoé Couture n'a pas non plus infirmé ou réaffirmé la position passée du maire lévisien, laissant entendre qu'il sera davantage disponible pour commenter jeudi.  Avec Annie Morin

Lévis «toujours dans la game»

Les sommes réservées dans le budget provincial pour le projet de service rapide par bus (SRB) ne serviront pas uniquement à Québec, comme l'a laissé entendre mardi le maire Régis Labeaume. Mais il est vrai que les premiers plans et devis du parcours cibleront les points chauds de la rive nord.

Les 56 millions $ prévus pour les plans et devis du SRB dans le budget Leitão causent des tensions entre les maires de Québec et de Lévis. M. Labeaume a lancé mardi que l'ensemble de l'argent doit servir au développement d'une première phase sur la Rive-Nord parce que le maire Gilles Lehouillier doute avoir les moyens de payer sa part du SRB. Ce dernier a répliqué qu'il était «toujours dans la game».

Il est «très clair» pour le ministre responsable de la région de Québec, François Blais, que Lévis est toujours partie prenante au projet. «C'est encore la proposition actuelle, a dit M. Blais, mercredi. C'est comme ça que le financement va être fait. Bien sûr, je vois bien qu'il y a une discussion sur la place publique. Elle va se terminer plutôt en privé. On espère bien sûr pouvoir faire le projet au complet.»

«C'est un SRB Québec-Lévis, a réagi le ministre des Transports, Laurent Lessard. On va se rencontrer pour clarifier les choses.»

En après-midi, le président du Réseau de transport de la Capitale (RTC), Rémy Normand, a aussi parlé inclusivement des deux rives, tout en laissant au maire Lehouillier le soin de «se prononcer sur la capacité de Lévis à poursuivre sa démarche dans le cadre du SRB».

Le conseiller municipal responsable du dossier de la mobilité durable a par ailleurs donné raison au maire Labeaume : les premiers plans et devis qui seront réalisés ne concernent que le territoire de Québec. 

M. Normand a en effet expliqué que le bureau d'étude du SRB veut dessiner les segments les plus problématiques du parcours pour en préciser les coûts. Or il s'avère qu'ils se trouvent tous à Québec. La côte d'Abraham et les environs de l'Aquarium, près des ponts, ont été donnés en exemple. 

Les autres secteurs suivront. Vérification faite auprès du ministère des Transports, les 56 millions $ doivent permettre la réalisation de l'ensemble des plans et devis pour les deux rives. 

Contrairement à ce que les propos du maire de Québec laissaient entrevoir, rien n'indique que la construction commencera exclusivement sur la Rive-Nord en 2019. «Ça, on ne peut pas se prononcer à l'étape où on est», a indiqué M. Normand, sans exclure un premier chantier Québec-Lévis. Jusqu'à maintenant, le secteur des ponts a toujours été inclus dans la première phase. 

«Problème de compréhension»

Comment autant de politiciens ont-ils pu s'emmêler les pinceaux? «Ce n'est pas un problème de communication, c'est un problème de compréhension», a lancé le président du RTC, sans préciser qui n'avait pas compris. Une rencontre du comité directeur du SRB est prévue vendredi.

Pour Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l'environnement, la présence de Lévis dans le mégaprojet de SRB est essentielle. La possibilité que les municipalités doivent acquitter 10 % de la facture ne devrait pas faire fuir Gilles Lehouillier, dit-il, car les avantages sont trop importants.

«J'ose espérer que c'est une game de poker du maire de Lévis, qu'il ne serait pas assez cave pour refuser un investissement majeur et structurant pour son territoire et sa population», a laissé tomber M. Turgeon mercredi. Simon Boivin et Annie Morin




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