Pont de Québec: diviser pour mieux gérer

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Le pont de Québec

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La recommandation de la firme Mallette de créer deux sociétés pour entretenir et promouvoir le pont de Québec a suscité des réactions variées mercredi. Si le fédéral appuie l'idée, le provincial est sceptique alors que les maires de Québec et de Lévis réservent leurs commentaires pour jeudi.

Joueur majeur, le propriétaire, le Canadien National (CN), a pour sa part qualifié le rapport commandé par les Chambres de commerce de Québec et de Lévis de «bonne base de discussion». 

Dans son rapport final présenté mercredi, la firme de comptables Mallette, présidée par Mario Bédard, recommande la création d'un organisme sans but lucratif (OSBL), la Société du pont de Québec. Elle deviendrait propriétaire du pont et assurerait l'entretien pour effectuer, sur une période de 15 à 20 ans, les travaux de peinture évalués à 400 millions $ financés par le gouvernement du Québec, le fédéral et le CN. Le rapport rendu public mercredi ne chiffre toutefois pas la proportion que chaque partie verserait et recommande dans un premier temps de réaliser une étude de coûts. 

Deuxième instance, la Société de la valorisation du pont, qui pourrait être créée rapidement, aurait quant à elle le mandat de faire la promotion de l'infrastructure centenaire sur le plan touristique et patrimoniale. «Cette organisation ne parlera plus de peinture et n'aura pas comme mandat de changer des bolts», a illustré Mario Bédard. Cette société publique-privée pourrait aussi comprendre des partenaires divers comme des musées ou l'Université Laval. Elle développerait aussi des activités, des parcours payants pour du financement externe, par exemple. «C'est un pont patrimonial qui mérite d'être valorisé sur le plan mondial», a dit le directeur de la Chambre de commerce de Québec, Alain Aubut.

Le scénario retenu n'est donc pas celui évoqué dans un rapport préliminaire publié dans Le Journal de Québec samedi et qui révélait que le pont serait cédé au ministère des Transports. Cette version avait été immédiatement rejetée par le maire de Québec, Régis Labeaume. 

Mercredi, le maire n'a pas commenté la mouture finale de l'étude. «On a reçu le rapport en fin d'après-midi hier. On va le regarder comme il faut», a dit le maire de Québec qui réagira jeudi à 9h30. Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, fera de même jeudi matin.

Du côté du CN, qui a en poche un jugement de la Cour supérieure indiquant qu'il n'est pas tenu de peinturer le pont, on a salué mercredi «le leadership de la Chambre pour sa contribution à la discussion» et qualifié le rapport Mallette de «bonne base de discussion». «Le CN réserve sa position dans l'attente de discussions sur le partage des responsabilités financières, tout en espérant que celles-ci soient alignées avec l'usage ferroviaire marginal que reconnaît le rapport Mallette», indique l'entreprise dans le courriel en rappelant que «le pont est sécuritaire».

Ottawa favorable

Du côté du gouvernement du Canada, qui avait cédé le pont de Québec au CN en 1993, l'idée de la création d'une Société du pont de Québec plaît. «On appuie la proposition», a tranché sans détour le ministre fédéral et député de Québec, Jean-Yves Duclos.

«Nous sommes impatients de poursuivre l'examen de cette proposition avec nos partenaires», a pour sa part ajouté son collègue ministre de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi.

Mais si le fédéral se réjouit, on ne peut pas en dire autant du gouvernement du Québec, où la proposition de créer une société de gestion a été accueillie avec scepticisme par le ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais.

«Je ne vois pas en quoi c'est une solution. Qu'il y ait un, deux, trois, quatre, cinq, six partenaires, je ne vois pas en quoi c'est une solution», a réagi M. Blais. «Le gouvernement fédéral a laissé aller cette infrastructure au CN. On s'est engagé à régler le problème. Qu'ils le règlent, qu'ils nous annoncent maintenant comment ils vont faire pour le régler.» 

Réaction similaire au cabinet du ministre des Transports, Laurent Lessard.

«Notre position est assez simple : on ne pense à aucun scénario pour le pont à part l'argent qu'on a annoncé pour la peinture», a dit l'attaché de presse de Laurent Lessard, Mathieu Gaudreault. Le gouvernement du Québec s'est engagé pour 23,5 millions $ et le fédéral pour 75 millions $. «Tout le monde doit prendre ses responsabilités. On ne se prononce pas sur la création d'un OSBL.»  

Avec Camille B. Vincent




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